Pour les employés des mines, le retour au travail, le 15 avril dernier, ne rimait pas avec un retour à la normale. Durant la pause forcée de près de trois semaines qui a précédé, les entreprises ont revu leurs activités. Aperçu de mesures mises en place pour éviter toute contagion dans leurs installations.

Etienne Plamondon Emond
Collaboration spéciale

Des horaires modifiés

PHOTO FOURNIE PAR AGNICO EAGLE

Les horaires ont été réorganisés en divisant le personnel en deux groupes distincts.

Plusieurs employés de bureau effectuent du télétravail. Quant aux autres, ils n’entrent plus sur le site aux heures et aux jours habituels. À la mine Lamaque d’Eldorado Gold à Val-d’Or, les horaires ont été réorganisés en divisant le personnel en deux groupes distincts. « On s’assure qu’il n’y a pas plus de 50 % des employés qui se croisent dans les équipes pour éviter, s’il y a un cas de COVID-19, qu’il contamine tous les autres », explique Joël Gauthier, directeur senior responsabilité sociale de cette entreprise. Du côté des mines abitibiennes d’Agnico Eagle, les quarts de travail ont été étalés pour réduire l’affluence aux portes des sites. « On a implanté des heures d’arrivée aux 10 minutes », précise Daniel Paré, vice-président aux opérations pour l’est du Canada.

Des caméras thermiques à l’entrée

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Avant d’entrer dans les installations des mines, les travailleurs passent désormais devant une caméra thermique.

Avant d’entrer, tant dans les installations de la mine Lamaque d’Eldorado Gold que dans celles des mines d’Agnico Eagle en Abitibi, les travailleurs passent désormais devant une caméra thermique. Celle-ci vise à détecter une fièvre, un des symptômes de la COVID-19. « Ça permet de prendre une température sans contact tout en accueillant les travailleurs assez rapidement », souligne Daniel Paré.

Un système pour retracer

Dans ses installations à la surface, la mine Lamaque a implanté un système d’identification avec des bornes et des cartes magnétiques. L’employé signale par celui-ci sa position chaque fois qu’il passe d’une zone de travail à une autre, que ce soit au moment de pénétrer dans un centre de contrôle, un garage ou une carothèque. L’entreprise aura recours aux informations enregistrées si un employé est déclaré porteur du virus SRAS-CoV-2, afin de retracer où il s’est déplacé et à quel moment. « On peut intervenir rapidement auprès des travailleurs qui auraient été en contact avec une personne infectée et prendre les mesures appropriées de désinfection ou de mise en quarantaine », souligne Joël Gauthier.

Le transport transformé

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Le maximum de personnes admissibles dans une cage, un ascenseur pour aller sous terre, a été réduit de moitié chez Agnico Eagle.

Le maximum de personnes admissibles dans une cage, un ascenseur pour aller sous terre, a été réduit de moitié chez Agnico Eagle. Les travailleurs y sont maintenant séparés par des rideaux en plastique transparent régulièrement désinfectés. De plus, les passagers se positionnent selon un plan pour éviter de se retrouver face à face. À la mine Lamaque, les employés descendent dans des minibus modifiés. Si ces véhicules pouvaient transporter une dizaine de mineurs à leur bord, ils n’en accueillent désormais que deux ou trois par déplacement.

2 mètres de distance, à la surface comme sous terre

PHOTO FOURNIE PAR ELDORADO GOLD LAMAQUE

Tous les espaces communs doivent respecter les normes de distanciation physique.

Une place sur deux a été condamnée dans les douches et les refuges – des salles à manger sous terre – des mines d’Agnico Eagle. « On a pris la décision de ne pas faire des tâches si on ne respectait pas les deux mètres, ajoute de son côté Joël Gauthier à la mine Lamaque. Il a fallu trouver des techniques différentes pour s’assurer que le travail soit fait en sécurité. » L’assemblage de la ventilation sous terre, par exemple, se réalisait à deux sur un équipement appelé ciseau. Désormais, une chaîne de levage et des pinces sont utilisées par une seule personne pour effectuer la même tâche.