La technologie financière, mieux connue sous l’expression anglaise fintech, est en forte croissance partout dans le monde. L’entreprise lavalloise Croesus veut en profiter. Après le Canada, où sa réputation n’est plus à faire, cet éditeur de logiciels pour gestionnaires de portefeuille souhaite maintenant brasser des affaires en Europe.

Stéphane Champagne, Collaboration spéciale Stéphane Champagne, Collaboration spéciale
La Presse

Croesus exerce ses activités dans un segment de la fintech appelé « WealthTech » (ou gestion de fortune). La PME de 190 employés, fondée en 1987, a créé un outil technologique – le logiciel Croesus – qui est utilisé dans la gestion du patrimoine. Ses clients sont les firmes de courtage indépendantes, de même que les divisions valeurs mobilières et courtage des grandes banques.

Nouveaux horizons

Selon Sylvain Simpson, président, la pérennité de l’entreprise passe par un « élargissement géographique ». La PME techno a quatre pays dans sa ligne de mire : la France, le Luxembourg, le Royaume-Uni et la Suisse.

« Nous cherchons un pays où il y a une compatibilité avec nos façons de faire dans le domaine des valeurs mobilières », explique M. Simpson.

Croesus lorgne le marché européen depuis qu’elle a visité en 2017 le forum Paris-FinTech. Dans la foulée, une firme européenne a été mandatée pour aider la PME québécoise à s’y installer d’ici 2020.

Outre le Canada (95 % de ses ventes), Croesus est présente aux États-Unis. Elle compte, à moyen terme, intensifier sa présence chez l’Oncle Sam. Idem en Australie, où elle a déjà brassé des affaires dans le passé. « Il y a des segments délaissés prêts à être comblés », dit Sylvain Simpson.

Pas juste pour les riches

Contrairement à ce que son nom laisse entendre, la gestion de fortune ne s’adresse pas uniquement au 1 % des plus riches, mais à l’ensemble des investisseurs, petits et grands.

On se positionne pour se rapprocher des consommateurs. Ça représente plusieurs millions de clients potentiels. On se dirige vers le B2B2C.

Sylvain Simpson, président de Croesus

« Cette volonté de se rapprocher des clients n’est pas fortuite. Elle est dans l’air du temps. De récentes normes, dont le Modèle de relation client-courtier [MRCC 2] et des réformes visant davantage de transparence à la faveur des clients-investisseurs, en sont la preuve », explique Sylvain Théberge, de l’Autorité des marchés financiers (AMF).

Déjà présente dans la technologie financière, l’intelligence artificielle (IA) est promise à un bel avenir dans le secteur. Sylvain Simpson et sa troupe planchent sur plusieurs projets intégrant davantage d’IA. L’entrepreneur préfère ne pas dévoiler la nature de ces projets.

Le logiciel « tout-en-un » de la PME est novateur et permet notamment d’analyser et de transférer des données, d’effectuer des calculs de performance et de rendements, etc. Bref, il aide les gestionnaires de portefeuille à être plus efficaces et mieux structurés.

En 2019, Croesus a fait l’acquisition de softTarget, une PME montréalaise spécialisée dans le « rééquilibrage de portefeuilles », et de son logiciel phare iBalance.

La concurrence de Croesus est à la fois canadienne, européenne et américaine. « Nos concurrents sont beaucoup plus gros que nous, souligne le patron de l’entreprise lavalloise. On tire notre épingle du jeu par la qualité de notre logiciel, de nos services, et par notre relation avec nos clients. D’ailleurs, les clients qui viennent avec nous restent avec nous. »