L’argent ne pousse peut-être pas dans les arbres, mais les spécialistes en financement le confirment, il y a de l’argent pour la croissance. Il suffit de présenter un projet bien ficelé et surtout de savoir cogner aux bonnes portes. Tour d’horizon des différentes avenues possibles.

Julie Roy Julie Roy
Collaboration spéciale

Son propre argent

Les liquidités, la capacité d’injection et l’endettement font partie des premiers éléments qu’une entreprise doit considérer avant de demander du financement. « Plusieurs éléments sont analysés avant d’accorder un prêt et, dans la plupart des cas, on s’attend minimalement à ce que l’entreprise s’implique financièrement, car si elle ne prend pas de risques, qui voudra en prendre pour elle ? », explique Nicolas Framery, directeur général de la Corporation de développement économique de la MRC de Joliette (CDEJ).

Julie Santucci, directrice du centre d’affaires de la Banque de développement du Canada (BDC) à Boucherville, met toutefois en garde les gens d’affaires : « Il ne faut en aucun cas piger dans le fonds de roulement de l’entreprise pour financer les projets ou actifs à long terme. Cet argent doit être utilisé uniquement pour payer les opérations courantes, qui deviendront plus coûteuses pour une entreprise en croissance. »

Le financement classique

Les institutions financières demeurent un classique pour obtenir du financement. Les produits d’un endroit à l’autre portent des noms différents, les conditions de remboursement et d’accès peuvent différer, mais bien souvent, ils finissent par se ressembler. Ce qui déterminera le choix du produit, c’est la raison de votre emprunt.

À titre d’exemple, à la BDC, on retrouve les prêts à terme. Il s’agit d’un financement à long terme pour augmenter votre fonds de roulement. Il y a aussi le financement pour l’achat d’équipement et un autre qui se concentre sur l’immobilier commercial.

Pour ceux qui n’ont pas le temps d’attendre, l’application BDC Prêt express, lancée en 2017, permet aux directeurs de compte, au cours d’une seule rencontre, d’autoriser des prêts pour les clients existants, et ce, jusqu’à concurrence de 750 000 $ en moins de 30 minutes. Autre nouveauté, le Prêt petites entreprises offert sur le site internet donne la possibilité aux nouveaux et anciens clients de faire eux-mêmes une demande. Le montant peut aller jusqu’à 100 000 $.

Subventions et programmes d’aide

Nicolas Framery explique que le financement est souvent une affaire de synergie. « Bien souvent, plusieurs partenaires financiers interviennent et cela inclut différents programmes d’aide existants. » Ces programmes sont nombreux et ont des critères d’admissibilité variés. Pas étonnant que pour certains, il s’agisse d’un véritable casse-tête. « Uniquement chez nous, nos conseillers travaillent avec plus d’une dizaine de partenaires qui gèrent des programmes de subventions, de prêts, de prise de participation ou encore de crédits d’impôt. »

La solution pour dénicher les bons programmes et être bien préparé avant de rencontrer son banquier ? Contacter sa municipalité ou les organismes de développement économique de sa région. « Des services comme le nôtre restent méconnus, mais sont là pour aider gratuitement les entrepreneurs. C’est notre travail de les accompagner, d’évaluer leurs besoins et de les aiguiller au bon endroit », explique Nicolas Framery.

Le capital de risque

Financer de jeunes entreprises à fort potentiel de croissance, voilà à quoi sert le capital de risque. Compte tenu justement des risques associés à cet investissement, le prêteur prendra un pourcentage des parts de l’entreprise. Au Canada, sans compter les banques, il existe une quarantaine de groupes qui font de ce type de financement leur spécialité. Anges Québec est sans aucun doute l’un des plus connus. Il comprend 250 membres investisseurs et, à ce jour, ils ont investi plus de 86 millions dans 115 entreprises, dans tous les secteurs d’activité. « Nos anges ne deviennent pas actionnaires majoritaires, ils deviennent toutefois des alliés stratégiques », explique Stéphanie Schwanen, directrice des communications chez Anges Québec.