Tout le monde veut être innovant, écoresponsable, se distinguer de la concurrence. Les organisateurs de C2 Montréal ont décidé de passer à l’action. En entrevue avec La Presse, le président de l’organisation, Richard St-Pierre, évoque quelques faits d’armes de cet événement d’affaires qui a attiré cette année environ 7500 participants de partout dans le monde.

Martine Letarte Martine Letarte
Collaboration spéciale

Des chèvres à l’accueil

PHOTO FOURNIE PAR C2 MONTRÉAL

Des chèvres ont aidé les participants de C2 à briser la glace.

C2 Montréal choisit toujours avec attention le lieu où il tient son événement afin qu’il permette le déploiement de ses idées un peu folles. Comme celle d’avoir des chèvres pour accueillir les participants. Et elles ont fait sensation !

L’espace avec les chèvres était aussi un endroit pensé pour briser la glace entre les participants pour qu’ils puissent par la suite plus facilement parler affaires.

En plus des cours de yoga donnés chaque matin avec les chèvres, les participants de C2 pouvaient venir faire des pauses et simplement cajoler ces petites bêtes de la Ferme du Domaine QuinChien, dont la plupart des animaux ont été rescapés. Cette présence animale avait aussi comme objectif de reconnecter les participants avec la nature.

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PHOTO FOURNIE PAR C2 MONTRÉAL

Une foule de plats végétariens est servie à C2 Montréal, qui a éliminé la viande rouge de ses menus.

Aucune viande rouge n’a été servie cette année à C2 Montréal, mais une foule d’options végétariennes était offerte. Sans tambour ni trompette. Ce geste devait tout simplement être fait pour C2, qui a d’ailleurs gagné le prix de l’événement le plus écoresponsable au monde l’an dernier lors des Global Eventex Awards. L’élevage et la production laitière sont responsables de 18 % de la production des gaz à effet de serre dans le monde, contre 14 % pour les transports, d’après l’Organisation des Nations unies (ONU) pour l’alimentation et l’agriculture.

Jusqu’à quel point faut-il compenser les émissions de GES ?

PHOTO ERALDO PERES, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

L’an dernier, plus de 1600 tonnes de CO2 ont été compensées pour les 7000 participants provenant de 61 pays, dont bon nombre sont venus à Montréal par avion. 

À C2 Montréal, on a décidé de le faire même pour les déplacements des participants à l’événement. L’an dernier, plus de 1600 tonnes de CO2 ont été compensées pour les 7000 participants provenant de 61 pays. Pour une bonne estimation des GES émis, les participants sont invités à indiquer quel mode de transport ils utilisent. Pour ceux qui ne répondent pas, C2 fait une déduction à partir du lieu de résidence.

Confettis, vaisselle et mégots

PHOTO FOURNIE PAR C2 MONTRÉAL

Toute la vaisselle distribuée est réutilisable, compostable ou recyclable à C2 Montréal.

Chaque participant est invité à apporter à C2 sa bouteille d’eau et sa tasse à café réutilisables. De plus, toute la vaisselle distribuée est réutilisable, compostable ou recyclable. Mais les questionnements de l’organisation en vue d’améliorer le bilan environnemental sont allés plus loin. Elle s’est même attaquée aux confettis, qui prennent généralement des années à se décomposer. C2 s’est mis à la recherche d’un fournisseur et en a trouvé un dont les confettis se biodégradent en deux pluies. On s’est aussi attaqué aux mégots : des cendriers du programme Mégot Zéro ont été installés pour que leur contenu soit ensuite apporté dans une entreprise qui les recycle.

On a implanté toutes ces mesures et personne n’est mort ! On ne commence pas à justifier chaque action. Nous disons que nous travaillons à réduire les gaz à effet de serre, alors on fait ce qu’on dit. Les gens connectent avec ces grands enjeux de société. On ne fait pas toutes ces initiatives pour être cool : c’est le reflet de ce qu’on essaye de construire comme société.

Richard St-Pierre, président de C2 Montréal