On en demande toujours plus aux gestionnaires et aux cadres. Non seulement on les veut compétents, mais on veut aussi qu’ils soient des leaders inspirants et créatifs. C’est ce qu’on constate sur le terrain universitaire qui offre une foule de nouvelles formations pour satisfaire ces besoins.

Martine Letarte Martine Letarte
Collaboration spéciale

Les formations en leadership se multiplient dans les différents établissements de formation. Plusieurs s’adressent à des gestionnaires ou cadres, mais d’autres prennent les gens là où ils sont pour les aider à gravir les échelons, ou pour leur permettre d’améliorer leurs compétences une fois nommés en poste.

Les gens avec des formations plutôt techniques qui arrivent dans des postes de direction manquent souvent de compétences en communication, par exemple pour donner de la rétroaction, ou lorsque vient le temps d’avoir des conversations difficiles.

Pamela Sorenti, directrice des programmes à l’Institut des cadres de McGill

Quelques séminaires d’une journée ou deux y sont populaires depuis plusieurs années, comme celui sur la communication efficace, mais de nouveaux ont été créés récemment pour répondre à des besoins plus précis. Comme celui sur les conflits au travail et celui sur les équipes à distance.

Pour une clientèle qui provient de différents horizons, Formation continue Concordia propose pour sa part un diplôme de 30 heures en leadership. Il comprend notamment des études de cas, des discussions et des présentations d’équipe.

« On a revu le programme pour l’automne en tenant compte de l’évolution des environnements de travail », indique Isabel Dunnigan, directrice générale de Formation continue Concordia et vice-rectrice adjointe à l’apprentissage continu.

Leadership et intelligence artificielle

L’ESG+ à l’École des sciences de gestion (ESG) de l’UQAM développe aussi dans son offre de perfectionnement un programme en leadership qui sera offert cet hiver. Il comprendra différents modules.

« Nous avons fait appel à des partenaires externes et à des clients pour bien répondre aux besoins sur le terrain », indique Maria Tagliente, conseillère principale, partenariats et développement des affaires, ESG+.

De plus, après un pilote l’an dernier, l’ESG+ offrira à nouveau cet automne sa formation d’une demi-journée L’intelligence artificielle : comprendre les impacts pour les organisations, les emplois et les compétences.

« Nous avons réalisé que les gestionnaires ont beaucoup de questionnements sur ce qu’est l’intelligence artificielle exactement et, surtout, sur l’impact qu’elle aura sur leur milieu de travail, sur les tâches qu’elle pourra réaliser et sur la transformation des compétences qu’elle exigera pour les postes, explique Mme Tagliente. Nous avons créé cette formation pour aider les gestionnaires à démystifier tout ça et pour les amener à réfléchir sur leur propre milieu de travail. »

Innovation, créativité et qualité de vie

Dans ce monde en changement continuel, les leaders doivent aussi arriver à instaurer dans les équipes un climat propice à la créativité et à l’innovation. La faculté de l’éducation permanente de l’Université de Montréal a d’ailleurs lancé il y a un an et demi le certificat en créativité et innovation. Les premiers étudiants ont obtenu leur diplôme en juin.

Les organisations ont besoin de gens qui maîtrisent des techniques de pensée créative pour encadrer des groupes pour qu’ils puissent retirer leurs ornières et aller vers des idées inattendues qui pourront les mener à l’élaboration de solutions innovantes.

Christian Blanchette, doyen de la faculté de l’éducation permanente de l’UdeM

Plusieurs microprogrammes de trois à cinq cours sur des enjeux actuels en gestion commencent aussi à être offerts à la faculté. Par exemple, alors que la rareté de la main-d’œuvre permet aux employés de magasiner leur employeur, le microprogramme en gestion de la qualité de vie au travail a été lancé en janvier dernier.

« Ce sont des compléments à nos formations, précise M. Blanchette. Il y en aura d’autres. »