Après avoir travaillé plusieurs années chez KPMG en audit et en évaluation d’entreprises, puis chez BCE dans différents rôles, dont celui de vice-présidente, relations avec les investisseurs, Maarika Paul est maintenant première vice-présidente et chef de la direction financière et des opérations à la Caisse de dépôt et placement du Québec. Elle nous révèle ses trois grandes missions comme CFO du bas de laine des Québécois.

Martine Letarte Martine Letarte
Collaboration spéciale

Simplifier les processus, sans sacrifier la rigueur

Alors que la CFO peut compter sur des experts dans les différents domaines dont elle a la responsabilité, elle doit garder une vue d’ensemble pour simplifier les processus afin de gagner en efficacité. Le tout, sans sacrifier la rigueur et l’intégrité.

« Il faut établir les priorités et prendre les bonnes décisions pour s’aligner sur la stratégie d’entreprise qui, à la Caisse, tourne beaucoup autour de la mondialisation, explique Maarika Paul. Maintenant, 64 % des actifs sont investis à l’extérieur du Canada pour diversifier les risques et tirer avantage des différentes économies dans le monde. »

Par exemple, le grand livre comptable à la Caisse date de plusieurs décennies et il n’est pas multidevise.

« On est en train de changer nos outils et nos façons de faire dans l’organisation pour devenir plus efficients et mieux soutenir la mondialisation », explique Maarika Paul.

Être aux petits oignons avec les talents

Lorsqu’on pense aux finances d’une entreprise, on ne songe pas spontanément aux ressources humaines. Pourtant, c’est l’une des grandes préoccupations de Maarika Paul.

« Il n’y a pas d’usine à la Caisse : notre actif le plus important, c’est nos gens, explique-t-elle. Je passe beaucoup de temps à gérer les talents, pour m’assurer que les gens occupent des rôles qui les passionnent et qu’ils ont des occasions de développement parce qu’à la fin de l’année, c’est ce qui fait une différence dans l’atteinte des objectifs. »

La Caisse a aussi la volonté d’attirer des gens avec des compétences technologiques pour s’attaquer aux enjeux d’avenir.

« Tout le monde parle d’intelligence artificielle et de robotique, par exemple, mais pour vraiment en tirer profit, il faut mettre bien des choses en place et il faut attirer des gens avec de grandes compétences dans ces domaines », précise Maarika Paul, qui est également membre du conseil d’administration de Financial Executives International (FEI) Canada.

Accroître la diversité

Une autre grande mission anime Maarika Paul : celle d’améliorer la diversité à la Caisse, que ce soit en matière d’âge, d’origine ethnique, mais plus particulièrement de genre.

« Nous voulons attirer plus de femmes dans le secteur de la finance, spécialement en investissement, précise-t-elle. Différentes études démontrent d’ailleurs qu’avoir une bonne proportion de femmes dans les postes de direction permet d’avoir une meilleure diversité de points de vue et une plus grande conscience du risque. »

La Caisse a déjà 40 % de femmes à son conseil d’administration et dans son comité de direction, mais travaille à augmenter le nombre de femmes dans les équipes d’investissement.

« Nous sommes présents dans les universités où nous offrons des stages et des bourses pour attirer les femmes, parce que même si elles sont parfois plus nombreuses que les hommes dans les écoles de gestion, elles ne choisissent pas nécessairement d’aller en investissement. Nous essayons de changer cette tendance. »