C’est Noël en plein mois d’avril pour des milliers de clients d’Air Canada frustrés depuis un an de ne pas avoir été remboursés. Ils pourront enfin revoir la couleur de leur argent. En tout, 2,3 milliards devraient être distribués.

Marie-Eve Fournier Marie-Eve Fournier
La Presse

Avec cette annonce, les voyageurs qui se sont retrouvés le bec à l’eau l’an dernier ont maintenant trois options.

Renflouer leur compte de banque, obtenir un bon de voyage sans date d’expiration et transférable à autrui ou choisir le paquet cadeau contenant des points Aéroplan et un boni de 65 %. Ces deux dernières options étaient déjà offertes depuis l’été dernier. Mais la plus attendue… s’est fait attendre !

Ceux qui ont déjà accepté un bon de voyage ou des points pourront les échanger contre un remboursement en argent. C’est une bonne nouvelle. Il n’aurait pas fallu désavantager ceux qui, se sentant pris au piège, avaient choisi l’une de ces options.

Justement, comme il y a maintenant trois options et qu’il ne devrait plus être possible de changer d’idée, le moment est venu de se demander ce qui est le plus avantageux. C’est une décision à prendre au sérieux puisqu’on parle de milliers de dollars dans bien des cas.

Si vous ne prévoyez pas voyager dans un avenir prévisible, si votre santé n’est pas très bonne ou si vous avez besoin de liquidités, il serait avisé de choisir l’argent.

Le bon de voyage, pour sa part, aurait pu permettre de protéger les clients qui avaient déniché l’aubaine du siècle contre une éventuelle hausse de prix. Or, il s’avère que les bons en question sont plutôt des notes de crédit sur lesquelles apparaissent un montant en argent précis. Inutile de dire que le comptant, dans vos poches, vous offrira beaucoup plus de flexibilité.

* * *

Qu’en est-il, maintenant, du remboursement sous forme de points Aéroplan (ils ne sont plus appelés « milles » depuis novembre) ? Pour faire quelques calculs, j’ai demandé à Air Canada combien de points me seraient versés si j’avais entre les mains un billet d’avion payé 1000 $.

Curieusement, le transporteur dit ne pas être en mesure de répondre à cette question. « Les tarifs et les prix des primes fluctuent selon les conditions du marché, il est impossible de donner une valeur fixe en utilisant cette option de conversion », m’a écrit la porte-parole Pascale Déry. Mais elle assure qu’un billet Toronto-Hong Kong en classe économique donnerait assez de points pour éventuellement parcourir Toronto-Vancouver en classe affaires.

Un peu de transparence sur le site du transporteur aérien aurait été de mise afin que les consommateurs puissent prendre une décision éclairée. Sinon, comment savoir ce que le nombre de points obtenus permettra d’acheter, qu’il s’agisse d’un billet d’avion ou d’un aspirateur sur la boutique en ligne ?

Aussi, la conversion en points me semble particulièrement risquée sachant que rien n’empêche le prix d’un vol vers Paris de passer de 60 000 points à 75 000 du jour au lendemain.

Le consommateur qui prend les points aura aussi moins de flexibilité pour choisir entre divers transporteurs lorsqu’il voudra voyager après la pandémie, insiste Moscou Côté, président de l’Association des agents de voyages du Québec. Les agents de voyages conseilleront donc à leurs clients de prendre l’argent.

Cela dit, depuis sa « transformation » il y a cinq mois, le programme Aéroplan est plus accommodant. Toutes les places à bord de tous les vols d’Air Canada sont accessibles aux détenteurs de points. Et aucun supplément en argent n’est demandé. Pas même pour le carburant.

Les demandes de remboursement peuvent être faites en ligne ou par l’entremise d’un agent de voyages. La date limite est le 12 juin.

Entamez le processus de remboursement d’Air Canada

Entamez le processus de remboursement de Vacances Air Canada

* * *

Les voyageurs qui avaient acheté un forfait comprenant un trajet sur les ailes d’Air Canada seront déçus d’apprendre que le vol ne leur sera pas remboursé (à moins que le vendeur ne soit Vacances Air Canada).

André Lorange, dont le séjour en Polynésie devait commencer en mars 2020 par un vol Montréal-Los Angeles, devra donc continuer de patienter. Son voyage de 25 000 $ a été payé il y a plus de deux ans. Il est irrité de « financer un grossiste et des compagnies aériennes » depuis tout ce temps. Comme des milliers d’autres Québécois, il a hâte d’avoir des nouvelles du Fonds d’indemnisation des clients des agents de voyages.

Jusqu’ici, pas un sou n’a été distribué. Les données les plus récentes font état de 35 800 demandes reçues. On attend que les transporteurs aient remboursé leurs clients avant de sortir le chéquier.

Les clients des autres compagnies aériennes doivent eux aussi continuer de prendre leur mal en patience. Les négociations en cours avec Ottawa suscitent toutefois l’espoir d’un règlement semblable à celui conclu avec Air Canada, qui force le remboursement des clients.

D’ici là, on ne peut que rêver à notre prochaine destination.