André Lamontagne assure les fonctions de ministre de l’Agriculture au Québec et il le fait avec brio. En comparant la performance du secteur agroalimentaire québécois avec celle des autres provinces canadiennes, on s’aperçoit que le Québec a une longueur d’avance.

Publié le 19 mai

Ce jeudi se tient à Drummondville la troisième grande rencontre annuelle des partenaires bioalimentaires. C’est la grand-messe de l’agroalimentaire qui rassemble les grands dirigeants du secteur afin de faire le point sur l’état de l’industrie. La rencontre est présidée, bien sûr, par le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, André Lamontagne.

Pas facile d’assumer le rôle de ministre de l’Agriculture, surtout au Québec. Le consensus s’obtient difficilement dans la Belle Province à cause des divergences d’intérêts et d’opinions. La passion qui anime la province depuis des années n’a pas d’égale au sein de la fédération.

Depuis ses débuts en tant que ministre de l’Agriculture, André Lamontagne a su faire ce que ses nombreux prédécesseurs n’ont pas réussi à accomplir.

D’abord, le ministre a su se doter d’une gouvernance lui permettant de faire ses devoirs au sein de l’industrie. Très peu de provinces peuvent se vanter que leur ministère de l’Agriculture fait partie du groupe des grands ministères d’un gouvernement ; c’est pourtant le cas au Québec. L’influence que le MAPAQ obtient par l’entremise d’une nouvelle équipe économique bioalimentaire apporte une approche cohérente, multidisciplinaire et coordonnée au sein du gouvernement tout en gardant le secteur agroalimentaire au cœur des préoccupations.

Son homologue fédérale, Marie-Claude Bibeau, semble souvent dépassée par les évènements puisqu’elle s’entoure de gens qui pensent tous de la même façon. Elle rencontre toujours le même monde et choisit assurément l’option la moins audacieuse. Elle acquiesce aux demandes de tout un chacun, sans vraiment savoir pourquoi. De nombreuses autres provinces agissent de manière similaire. Lamontagne a compris que, pour bien maîtriser ses dossiers en agroalimentaire, il doit porter aussi souvent que possible une attention particulière aux voix divergentes. La représentation ministérielle d’Ottawa en agriculture ainsi que celle des autres provinces n’ont jamais eu l’intention de le faire ; la tâche serait trop difficile, trop exigeante.

La plus grande contribution du MAPAQ sous la gouverne de son ministre se traduit par son chantier sur l’autonomie alimentaire qui favorise l’achat local au sein d’une économie ouverte, priorise la culture en serre et augmente la productivité tout en adoptant un virage écologique. Pas facile d’arrimer l’ensemble de ces objectifs, mais certaines mesures de performance démontrent clairement que le Québec se démarque.

L’achat local institutionnel progresse. Selon des données du MAPAQ, un peu plus de 47 % des institutions ciblées des réseaux de l’éducation, de l’enseignement supérieur ainsi que de la santé et des services sociaux ont des cibles d’achat d’aliments québécois. L’objectif de 100 % s’atteindra probablement d’ici 2025.

La production serriste pour un approvisionnement fiable durant l’hiver évolue bien. La province comptera 61 hectares de nouvelles serres de fruits et légumes d’ici quelques années. Le Québec a encore du chemin à parcourir, mais l’objectif d’atteindre 246 hectares dans quelques années s’avère bien possible.

Selon Statistique Canada, seul le Québec a vu son nombre de fermes diminuer d’à peine 1 % depuis 2006. La moyenne canadienne, depuis 2006, est de - 17 %. Mais depuis quatre ans, le nombre d’entreprises agroalimentaires a aussi augmenté de presque 2 % pendant que l’ensemble des provinces observait une diminution.

Le territoire agricole exploité au Canada a quant à lui diminué de 8 % depuis 2006, mais pas au Québec. Depuis 2016, la superficie des terres de culture a augmenté de 0,2 %. Un autre tour de force.

Autrement dit, le Québec va à contre-courant d’une tendance nationale qui mine le secteur agroalimentaire. Tout cela n’est certes pas le fruit du hasard. Pendant que le Canada se cherche encore, le Québec exerce une vision cohérente appuyée d’un leadership sectoriel impressionnant.

Les dirigeants du secteur qui sont réunis à Drummondville méritent de célébrer les belles réalisations des dernières années. Lamontagne n’a fait que tracer un chemin stratégique qui fait du Québec un cas exceptionnel et un modèle à suivre pour l’ensemble du Canada.

Le ministre copréside aussi le comité fédéral sur le code de conduite avec son homologue du fédéral. Son empreinte est d’autant plus impressionnante, puisqu’il est tout simplement le meilleur ministre de l’Agriculture au pays. Il s’implique et sait reconnaître le moment où il faut laisser toute la place à l’industrie pour qu’elle puisse faire son travail. Pour le Québec, il faut reculer à Jean Garon pour trouver un ministre qui a exercé autant d’influence au sein de son propre gouvernement.

Osons croire qu’un jour, les autres provinces et le fédéral auront les mêmes ambitions.