Publié le 13 mai 2021

Pour bon nombre de Québécois, la dernière année s’est déroulée sans déplacements quotidiens vers le bureau. Sans sorties au restaurant, sans flânage dans les centres commerciaux, sans 5 à 7 avec les copains… ou presque.

Résultat, les lettres LTE apparaissent bien moins souvent sur nos téléphones.

Et puis, collectivement, grâce aux rendez-vous virtuels, on a épargné des milliers d’heures d’attente assis sur une chaise, que ce soit chez le médecin ou à la banque. On attend beaucoup moins nos enfants, aussi, pendant qu’ils suivent des cours ; il n’y a pratiquement plus de cours.

Que faisions-nous tout ce temps-là, pendant chaque minute qu’on ne voulait surtout pas perdre ? On regardait notre téléphone. On lisait nos courriels, on regardait Facebook, on jouait à Pokémon Go, on partageait des vidéos.

On consommait des données. Beaucoup de données.

Au point où l’on stressait à l’idée de dépasser la limite de notre forfait.

Aujourd’hui, ceux qui passent l’essentiel de leur vie sur le WiFi devraient donc stresser à l’idée de payer… dans le beurre pour des données inutilisées !

Je suis retournée voir mes factures des derniers mois. Au lieu des 4 ou 5 gigaoctets (Go) que je consommais avant la pandémie, ma moyenne mensuelle est désormais de 486 mo. Petit sondage express autour de moi : certains copains sont passés de 6 Go à 1 Go. D’autres de 3 Go à 300 mo.

Les écarts sont énormes.

Mais ce n’est pas tout le monde qui a pensé à contacter son fournisseur de services pour ajuster son forfait en conséquence.

Il n’est pas trop tard pour économiser. Même si la troisième vague semble enfin achever, le retour au bureau à temps plein n’est pas pour demain.

Une fois la vie normale reprise, il sera toujours temps de regonfler votre forfait pour éviter une note salée.

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Le hic, c’est que les petits forfaits comprenant 1, 2 ou 3 Go de données et des appels illimités sont rares.

Chez Bell, le forfait minimal inclut 10 Go de données, selon le site web (un employé du service à la clientèle a fini par me proposer un forfait de 3 Go qui n’est pas affiché). Sur les sites de Rogers, Vidéotron, Telus, Koodo et Virgin, le minimum est de 4 Go. Chez Fizz, il est de 3 Go (mais il est possible de le réduire à 1 Go).

Ça grimpe ensuite à 10 ou 15 Go d’un coup.

Pourtant, selon des données colligées à ma demande par le site montréalais de comparaison des forfaits PlanHub, l’attrait pour les petits forfaits s’est accru.

En septembre 2019, la quantité moyenne de données recherchées était de 4,63 Go. Elle a constamment grimpé pour atteindre 5 Go, au début de la pandémie. La courbe a ensuite entrepris une descente ininterrompue.

Aujourd’hui, les consommateurs cherchent à comparer des forfaits comprenant en moyenne 3,66 Go de données. Une baisse de 20 % en un an, observe le fondateur et président de PlanHub, Nadir Marcos.

Les entreprises de télécommunications semblent plutôt proposer des formats géants. Depuis quelques semaines, je ne cesse de recevoir une publicité pour un forfait de 25 Go à 55 $. C’est une belle aubaine, mais ça ne correspond pas du tout à mon besoin actuel !

Ce type d’offre est-il la conséquence d’une baisse de la demande pour les données ? Sert-il à habituer les clients à consommer davantage ?

J’ai voulu parler aux grands fournisseurs des habitudes de leurs clients dans la dernière année, mais aucun n’a accepté.

Vidéotron – qui exploite la marque Fizz – m’a toutefois précisé par courriel que « le don de données mobiles entre les abonnés de Fizz a plus que triplé au courant de l’année 2020 ». Fizz a même lancé un groupe Facebook pour faciliter le partage de données entre ses membres !

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Le fait qu’il soit désormais possible d’obtenir 25 Go de données pour 55 $ démontre qu’il est judicieux de magasiner en ce moment. Parce que le prix des forfaits baisse.

Nadir Marcos voit bien cette tendance qu’observe aussi le CRTC. À la mi-avril, il a révélé que le prix moyen des forfaits mobiles avait diminué de 13,8 % en 2019 par rapport à 2018. Cela représente de 2 à 10 $ par mois d’économie pour les consommateurs. Malheureusement, l’organisme ne détient pas de données plus récentes.

En outre, le CRTC s’attend à ce que Bell, Rogers et Telus proposent des forfaits à 35 $ comprenant 3 Go de données d’ici au 14 juillet.

L’autre bonne nouvelle, c’est que les Québécois bénéficient déjà des prix les plus bas au Canada grâce à la présence d’un fournisseur « régional », en l’occurrence Vidéotron. « Dans les régions où se trouvent des perturbateurs de services sans fil, les prix peuvent être 35 % à 40 % plus bas », a écrit le CRTC, en 2019.

Par exemple, le forfait de Rogers incluant 15 Go de données est affiché à 80 $ en Ontario et à 55 $ au Québec.

Pour simplifier son magasinage, il existe des comparateurs en ligne comme ceux de PlanHub et de Protégez-vous. Allez-y, il n’y a pas de petites économies.