Les deux tiers des Québécois jugent insuffisante la journée de congé offerte aux travailleurs à l'occasion du décès d'un proche, selon un récent sondage mené pour le compte de la Corporation des thanatologues du Québec. L'organisation réclame plutôt que les gens puissent s'absenter du travail de trois à quatre jours tout en conservant leur salaire.

Pierre-André Normandin LA PRESSE

La Loi sur les normes du travail prévoit que toute personne touchée par le décès d'un conjoint, d'un enfant, d'un parent, d'un frère ou d'une soeur ait droit à une journée de congé avec salaire. La personne peut également s'absenter quatre autres journées de son poste, mais sans toucher de salaire. Quand le décès touche un grand-parent, un parent, un frère ou une soeur du conjoint, une seule journée de congé sans salaire est accordée. Trop peu aux yeux de 64,4% des répondants au sondage mené par la firme Axiome Marketing du 8 au 11 août auprès de 1288 Québécois.

«Les familles sont moins nombreuses qu'à l'époque, c'est donc une charge plus lourde pour ceux qui restent. Une journée, c'est peu pour organiser les funérailles et peu pour tout le côté émotif», expose Nathalie Samson, directrice générale de la Corporation des thanatologues.

«La fonction même des funérailles, c'est d'aller chercher le soutien de son groupe pour retomber dans la vie normale. Le monsieur de 62 ans qui perd sa femme va être très déstabilisé. S'il reçoit l'appui de ses proches, il pourra revenir dans le quotidien. Mais si c'est escamoté, c'est un problème. D'où la nécessité d'avoir le temps d'agir», poursuit Mme Samson.

Un délai supplémentaire s'impose selon la Corporation, surtout que neuf personnes sur dix ont reconnu dans le même sondage ne pas avoir planifié leurs funérailles. Ce sont avant tout les gens ayant atteint l'âge de la retraite qui se prévalent des préarrangements funéraires.

Le sondage a été mené en ligne du 8 au 11 août. La marge d'erreur est de 2,73 points de pourcentage avec un intervalle de confiance à 95%.