Les élus de Longueuil se sont prononcés : l’abattage de la moitié des cerfs de Virginie aura lieu dans le parc Michel-Chartrand, en dépit de l’indignation qu’a provoquée cette décision dans les derniers jours. La Ville affirme qu’il s’agit d’un choix « difficile », mais nécessaire.

Henri Ouellette-Vézina Henri Ouellette-Vézina
La Presse

C’est à l’issue d’une longue séance du conseil municipal, à laquelle plusieurs citoyens ont participé mardi soir, que le vote des conseillers a eu lieu. Huit d’entre eux ont voté pour, cinq autres se sont opposés, et un autre a préféré s’abstenir. Plusieurs Longueuillois ont toutefois déploré le manque de consultation.

L’opération d’abattage débutera dès le 23 novembre. Elle se tiendra sur environ deux semaines, jusqu'au début décembre. Longueuil prévoit distribuer la viande recueillie à Moisson Rive-Sud, une banque alimentaire. Au cabinet de la mairesse Sylvie Parent, on assure que la décision n'a pas été facile. « Notre but est de ne jamais avoir à revivre cette situation-là. On veut qu’il y ait une solution concrète pour la gestion de la surpopulation, et éviter de devoir prendre à nouveau cette décision inconcevable pour la population », souligne l'attachée de presse, Alexandra Lapierre.

Celle-ci ajoute qu’il y aura nécessairement « des apprentissages » à faire avec le temps. « En termes d’acceptabilité sociale, il y a peut-être des ajustements à faire », avoue Mme Lapierre. Lors du conseil, mardi, la mairesse Parent a dit aller de l'avant avec « regret ».

C'est la dernière fois que nous jouons dans ce film. J'en saisirai mes collègues maires, préfètes et préfets, membres de l’UMQ et de la FQM, afin que plus jamais le monde municipal n’ait à assumer une telle décision.

Sylvie Parent, mairesse de Longueuil

Une quinzaine de cerfs seront capturés, puis euthanasiés lors de l’opération, qui relève d’une suggestion du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP). C'est que le nombre grandissant de chevreuils menace l’écosystème du parc. Le cheptel cause aussi son lot de dommages sur les propriétés, grignotant les haies de thuyas dans la cour arrière de certains résidants. Des risques d’accidents de la route près du parc et de transmissions de la maladie de Lyme motivent aussi ce choix controversé.

Manque de rigueur, clame l’opposition

L’opposition, de son côté, dénonce la précipitation de la Ville dans cette affaire. « On avait d’autres cartes dans notre jeu et ça me déçoit », résume le conseiller du district du Boisé-Du Tremblay, Benoît L’Ecuyer, en entrevue avec La Presse. Il affirme qu’une consultation publique « en bonne et due forme » aurait dû être tenue. « En amont, on aurait pu avoir une acceptabilité sociale bien plus intéressante », martèle-t-il.

Ce n’est pas la première fois qu’on se fait mettre face à un dossier à minuit moins une. C'est un manque de rigueur.

Benoit L’Ecuyer, conseiller de l’opposition

Le chef de l'opposition, Xavier Léger, affirme que le MFPP avait présenté « plusieurs options » à l’administration Parent pour réduire le nombre de cerfs dans le parc. « L’écosystème du parc Michel-Chartrand est menacé par la surpopulation des cerfs. […] Ça, tout le monde est d’accord. La meilleure façon d’y parvenir n’est cependant pas aussi simple et claire que certains voudraient le laisser croire », dit-il.

Samedi, plus d’une centaine de citoyens avaient manifesté au parc Michel-Chartrand pour s’opposer à la décision de la Ville. « Je n’ai pas la solution, mais je pense qu’il y en a d’autres que celle-là. Je suis censée dire quoi à mes enfants ? Je les éduque dans le respect des animaux. Ils adorent ces cerfs », a déploré la Longueuilloise Marie-France Gélineau.

Une pétition en ligne a aussi recueilli des dizaines de milliers de signatures, dénonçant notamment que les possibilités de relocalisation des cerfs n’ont pas été étudiées convenablement.