Le sort d’une quinzaine de cervidés continue de susciter l’émoi et l’indignation d’une partie de la population de Longueuil. Plus d’une centaine de citoyens ont manifesté samedi au parc Michel-Chartrand pour s’opposer à la décision de la Ville de capturer et d’abattre la moitié des cerfs de Virginie qui peuplent le parc.

Mayssa Ferah Mayssa Ferah
La Presse

Marie-France Gélineau, vêtue d’un costume de cerf pour l’occasion, s’oppose fermement à « cet acte barbare. » Tuer des bêtes innocentes n’est pas une solution, selon elle. « Je n’ai pas la solution, mais je pense qu’il y en a d’autres que celle-là. Je suis censée dire quoi à mes enfants ? Je les éduque dans le respect des animaux. Ils adorent ces cerfs », déplore la Longueuilloise, entourée de ses trois enfants samedi après-midi.

Longueuil a annoncé en début de semaine sa décision d’éliminer la moitié de la population de cerfs de Virginie qui vivent dans le parc Michel-Chartrand.

Le nombre grandissant de chevreuils menace l’écosystème du parc. Le cheptel cause aussi son lot de dommages sur les propriétés, grignotant les haies de thuyas dans la cour arrière de certains résidants. Des risques d’accidents de la route près du parc et de transmissions de la maladie de Lyme motivent également cette décision dénoncée par les résidants samedi.

La Ville de Longueuil prévoit distribuer la viande recueillie à Moisson Rive-Sud, une banque alimentaire. Mais Diane Pontbriand aime mieux ses cerfs vivants que dans une assiette. « Je ne suis pas convaincue que c’était la seule solution. Oui, c’est seulement la moitié des cerfs. Mais 15 cerfs, c’est 15 cerfs de trop », dit-elle avec colère. Elle déplore que la population n’ait pas été consultée dans cette décision.

  • Des manifestants étaient au parc Michel-Chartrand, à Longueuil, pour dénoncer l’abattage de la moitié des cerfs du parc.

    PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE

    Des manifestants étaient au parc Michel-Chartrand, à Longueuil, pour dénoncer l’abattage de la moitié des cerfs du parc.

  • Des manifestants étaient au parc Michel-Chartrand, à Longueuil, pour dénoncer l’abattage de la moitié des cerfs du parc.

    PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE

    Des manifestants étaient au parc Michel-Chartrand, à Longueuil, pour dénoncer l’abattage de la moitié des cerfs du parc.

  • Des manifestants étaient au parc Michel-Chartrand, à Longueuil, pour dénoncer l’abattage de la moitié des cerfs du parc.

    PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE

    Des manifestants étaient au parc Michel-Chartrand, à Longueuil, pour dénoncer l’abattage de la moitié des cerfs du parc.

  • Des manifestants étaient au parc Michel-Chartrand, à Longueuil, pour dénoncer l’abattage de la moitié des cerfs du parc.

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    Des manifestants étaient au parc Michel-Chartrand, à Longueuil, pour dénoncer l’abattage de la moitié des cerfs du parc.

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Plusieurs manifestants proposent d’autres solutions, comme la stérilisation ou la relocalisation des cerfs. Le zoo Miller, situé à Frampton en Beauce, a même offert d’abriter les bêtes. L’euthanasie demeure pourtant la seule solution viable, selon la Ville, puisque déplacer les cerfs provoquerait un stress suffisant pour les tuer.

Amoureuse des animaux, Linda Daoust n’en revient pas du sort réservé à ces bêtes affectueuses qu’elle nourrit depuis une décennie. « Ce sont des animaux innocents. Il y a peu de beauté dans le monde, c’est pour ça que les gens sont fâchés. C’est inacceptable. On est envahis par les mouffettes, et je ne vois personne tuer des mouffettes. Pourtant elles nous nuisent beaucoup, explique-t-elle. L’argument de la surpopulation ne tient pas. La Ville et son comité d’experts auraient dû explorer d’autres pistes avant d’en arriver là. »

Une pétition électronique s’opposant à l’abattage de ces animaux avait amassé plus de 28 000 signatures vendredi. Plus tôt cette semaine, la mairesse de Longueuil, Sylvie Parent, a reçu des menaces de mort après l’annonce de cette décision controversée.

Marilie Guénette, jeune militante végane, s’est jointe à l’évènement de samedi. Elle observait les manifestants d’un regard à la fois approbateur et amusé. « J’encourage cette action à 100 %. Il ne faut pas abattre ces animaux. Mais je me demande pourquoi on ne s’émeut pas autant pour des cochons ou des bœufs. »