Éliminer des dizaines d'élus municipaux, confier davantage de pouvoirs à la ville-centre, prioriser le train de banlieue sur la prolongation du métro, la Coalition avenir Québec (CAQ) promet un grand ménage à la Ville de Montréal, révèle sa plateforme électorale dévoilée dimanche.

Martin Croteau LA PRESSE

Le chef François Legault n'a pas fait dans la dentelle, dimanche, en dévoilant son plan de match pour «relancer» la métropole. La ville «manque de leadership», son administration n'est «absolument pas efficace».

«Il faut vraiment relancer Montréal, a affirmé le chef de la Coalition avenir Québec, lors d'une conférence de presse dans la Vieille Capitale. Ça devient gênant de voir notre métropole dénigrée par tout le monde.»

On compte actuellement 103 élus dans les arrondissements et la ville centre de Montréal. La CAQ souhaite abolir les 38 conseillers d'arrondissement et réduire le nombre de conseillers municipaux à moins de 50.

M. Legault déplore aussi la trop grande décentralisation de l'administration municipale. Il souhaite réviser le partage des pouvoirs entre la ville centre et les arrondissements «conformément au principe de la subsidiarité».

Invité à préciser sa pensée sur ce concept, M. Legault a cité l'exemple du Plateau-Mont-Royal, qui a provoqué la controverse en modifiant son plan de circulation l'an dernier. Cette affaire prouve que trop d'intérêts divergents paralysent la gestion de la métropole.

«Si on prend l'exemple de la circulation, il faudra donner certains pouvoirs à la Ville de Montréal plutôt qu'à des arrondissements», a-t-il expliqué.

Le train de banlieue avant le métro

Le chef de la CAQ souhaite aussi favoriser le développement du transport collectif pour «décongestionner» Montréal. S'il est élu, il priorisera toutefois le train de banlieue et les voies réservées pour autobus sur le prolongement du métro. 

La construction de nouvelles stations de métro dans l'Est de Montréal, à Laval et à Longueuil a pourtant été qualifiée de «chantier prioritaire» par la Communauté métropolitaine de Montréal l'an dernier. Cet organisme regroupe 82 municipalités de la grande région de la métropole.

«On sait qu'au Québec, les fonds sont limités, a expliqué M. Legault. Le métro, ça coûte plus cher que les autres moyens de transport en commun, donc on veut privilégier le train.»

Un gouvernement de la CAQ abolirait par ailleurs l'Agence métropolitaine de transport, actuellement chargée de veiller à la coordination des sociétés de transport collectif et de gérer le train de banlieue. Cet organisme serait remplacé par une société d'État relevant de Québec, et dont la mission serait de planifier, financer et réaliser toutes les infrastructures de transport routier et collectif.

La plateforme électorale prévoit 94 mesures au total. Mais le coût de ce programme reste à dévoiler. M. Legault a déjà affirmé son intention de dévoiler son cadre financier avant les débats des chefs, dans une semaine.

Plus de détails à venir.