À moins d'un mois d'une rentrée scolaire menacée par la reprise des grèves étudiantes, aucune séance de négociations n'est prévue entre le gouvernement et les leaders étudiants. Déçus, ces derniers annoncent une rentrée «mouvementée».

Mis à jour le 1er août 2012
Gabrielle Duchaine LA PRESSE

Déjà, une manifestation qui a pour slogan «NON au retour en classe forcé!» est prévue le matin du 13 août pour «souligner» la reprise du trimestre au collège Maisonneuve, dont les 6000 élèves, en grève depuis le 21 février, seront parmi les premiers à reprendre les cours. L'invitation ne précise pas si l'accès au cégep sera bloqué, ce qu'interdit la loi qui fixe les modalités de la rentrée. La CLASSE invite ses membres à y participer, ainsi qu'à la 100e manifestation nocturne, ce soir, dans les rues de Montréal.

De nombreuses assemblées générales où les étudiants seront appelés à se prononcer sur la reconduction de la grève sont aussi à l'horaire à compter de la mi-août. «Malgré l'été, la mobilisation est encore très forte», assure Camille Robert, l'une des porte-parole de la CLASSE.

Ni la CLASSE ni les fédérations étudiantes universitaire et collégiale (FEUQ et FECQ) n'ont eu de contacts officiels avec le gouvernement depuis l'échec des dernières négociations, à la fin du mois de mai. Et aucune rencontre n'est prévue d'ici à la rentrée, confirme le cabinet de la ministre Michelle Courchesne, qui se dit toutefois ouverte à la discussion.

«C'est très décevant, affirme Éliane Laberge, présidente de la FECQ. Maintenant que les choses sont plus calmes, ç'aurait été le moment idéal de discuter et de régler ça. Ce n'est jamais mauvais de se parler. Au moins, ça aurait donné une impression d'ouverture aux étudiants. Ils ne se seraient pas sentis méprisés.»

Les étudiants accusent le gouvernement d'avoir fait traîner le conflit à des fins électoralistes. «Est-ce que Québec voulait vraiment mettre fin à la grève ou l'utiliser dans sa campagne?», a demandé Éliane Laberge. «On a l'impression que même les négociations ont été menées dans un cadre électoral», ajoute Martine Desjardins, présidente de la FEUQ. Il aura fallu qu'elle croise par hasard la ministre sortante Michelle Courchesne dans les couloirs de Radio-Canada pour lui parler. Son attachée de presse n'a pas confirmé les propos qu'on lui attribue.

«Elle nous a dit que son téléphone était toujours ouvert, mais qu'aucune négociation n'était possible, raconte Mme Desjardins. Puis elle nous a demandé d'être calmes pour la rentrée.»

Le seront-ils? «La rentrée s'annonce mouvementée, répond Martine Desjardins. De nombreuses consultations sont prévues dans les associations en grève, et ça va tomber en plein dans les élections, alors c'est sûr qu'il y aura de l'effervescence.» Elle ajoute que la FEUQ demande aux étudiants de respecter la loi spéciale, mais aussi les décisions qui seront prises en assemblée générale.

Même son de cloche du côté collégial. «Nous ne voudrions pas nous retrouver avec des situations conflictuelles comme on a vécu au printemps», note Éliane Laberge, en référence à la flambée de violence qui a accompagné les injonctions forçant le retour en classe dans de nombreux établissements.

La CLASSE est quant à elle plus ferme. «Nous allons continuer nos revendications. Nous avons toujours appelé à défier la loi 78», a rappelé Camille Robert.