Marc Hervieux, ténor

Marc Hervieux... (Photo : Sylvain Dumais)

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Marc Hervieux

Photo : Sylvain Dumais

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François Lemay / URBANIA

Des chanteurs d'opéra avec la shape d'Yves P. Pelletier, on n'en connaît pas beaucoup. On n'est même pas sûrs que ça existe. On a demandé à Marc Hervieux, qui se produit sur les plus grandes scènes mondiales, de nous expliquer pourquoi c'est de même.

Est-ce cliché de dire que tu as le physique de l'emploi? Contrairement à qu'on pourrait croire, ce cliché n'existe plus aujourd'hui dans le monde de l'opéra. C'est fini l'époque où un obèse de 60 ans jouait un jeune amoureux de 25 ans. Même chose pour les princesses de 250 livres qui n'étaient pas plus crédibles. Au contraire, le physique des chanteurs se rapproche de plus en plus du vrai casting de leurs personnages.

Ça vient d'où, alors, le cliché qu'il « faut être gros pour chanter »?

Mozart écrivait des opéras pour qu'il soit joué dans les tavernes, pour le peuple. Ensuite, l'art s'est élitisé. Une classe de la société se l'est approprié, puis a transmis l'image qu'il fallait être guindé et opulent, ce qui était un signe de richesse et de culture, pour aller à l'opéra comme pour le chanter. Ces critères sont restés jusqu'à temps qu'on réalise que ça n'avait pas de bon sens. Actuellement, on essaie de démocratiser la profession. Mais même si on fait des efforts, reste que cette croyance demeure forte chez le grand public.

Donc, tu ne chantes pas mieux parce que tu as plus de coffre?

Ben non, ça n'a rien à voir. Tous les chanteurs d'opéra ne sont pas gros. Même chose pour les chanteuses. Mais c'est encore plus difficile pour elles, parce qu'elles doivent rester minces et respecter les canons de beauté, tout en chantant des opéras de trois heures, du début jusqu'à la fin. C'est fatigant, faut être vraiment en forme pour ça.

T'es en forme?

Plus que toi, j'en suis convaincu. Je n'ai pas le choix : pour faire ce métier-là, faut que j'aie un bon cardio. Disons que j'ai toujours été un gros agile. Quand j'avais 17 ans, je donnais des cours d'aérobie dans un camp de jour. Souvent, les gens arrivaient dans mon cours en riant quand ils me voyaient... Mais j'peux te dire qu'il y en a une gang qui repartaient brûlés!

Ça vient d'où, alors, ton problème de poids?

Je traîne ça depuis que j'ai 13 ans. J'ai un métabolisme lent. Je dois dire que le fait d'être en tournée et de manger tout le temps dans les restaurants, ça n'aide pas non plus.

Est-ce que ton « format » t'a empêché d'obtenir certains rôles?

Au début des années 2000, j'ai été surpris quand l'opéra de Calgary m'a proposé de chanter Roméo dans Roméo et Juliette. Sur le coup, je croyais qu'ils s'étaient trompés de gars... Même les critiques avaient soulevé le fait que je n'avais pas le physique de l'emploi. On dirait que les gens pensent que parce que tu es gros, tu ne peux pas vivre des histoires d'amour... Finalement, ça s'est tellement bien passé qu'on m'a redemandé de tenir le même rôle à l'opéra de Montréal.

Est-ce que tu sens que ton poids dérange le public?

Disons que je reçois mon lot de courriels de gens qui ne m'aiment pas et qui me traitent de «gros tabarnac»... Mais d'un autre côté, je reçois aussi des messages de femmes qui me disent qu'elles me trouvent tellement beau. Ça compense en masse!

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