Plus qu'un jeu de séduction

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Marc Mercier a créé le site séduire.ca, qui compte aujourd.hui 128 membres.

Photo: François Roy, La Presse

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Catherine Perreault-Lessard
La Presse

Chaque week-end, des émules de Casanova se donnent rendez-vous dans des bars de la métropole dans l'espoir de séduire des filles. On dirait un groupe de gars qui font la fête mais, en réalité, il s'agit d'une micro-société appelée «communauté de séduction» qui possède ses codes, son vocabulaire et ses maîtres à penser.

C'était en juin 2007. Éric Côté sortait d'une relation de couple de neuf ans. Il avait recommencé à sortir dans les bars pour trouver l'âme soeur, mais il s'était vite rendu compte que les règles du jeu n'étaient plus les mêmes: les filles étaient beaucoup plus difficiles à séduire et ses tactiques de drague étaient... dépassées.

 

«C'est à ce moment que je suis tombé sur le forum du site seduire.ca et que j'ai découvert qu'il y avait une communauté de séduction à Montréal, dit-il. On y donnait plein de trucs pour avoir du succès auprès des femmes et j'ai trouvé ça très rafraîchissant.» Dès lors, le jeune homme a commencé à sortir avec des membres du réseau. À l'époque, ils se donnaient rendez-vous au métro Saint-Laurent, puis partaient à la chasse dans les bars ou aux festivals.

Au fil du temps, Éric est devenu un des piliers de la communauté. Même s'il a une blonde, il continue de participer aux soirées de «chasse» avec les gars dans les bars de la métropole, en plus de donner des conseils sur le forum. Il faut dire que le séducteur a pris du galon. «Avant, je couchais avec une fille tous les 36 du mois, dit-il. Maintenant, ça se passe environ six fois par année.»

Et ça, c'est sans compter les nombreuses séances de necking de fin de soirée...

Un mouvement à l'échelle mondiale

Comme des milliers d'hommes sur la planète, Éric fait partie d'une communauté de séduction, un réseau d'hommes qui partagent un objectif bien précis: augmenter leur cote de popularité auprès des femmes, que ce soit à des fins romantiques ou strictement sexuelles. Cette communauté est formée de players (joueurs) qui se réunissent pour jouer des games (parties) dans les bars, où ils ont pour but d'obtenir un numéro de téléphone, de finir la nuit avec une conquête ou de trouver l'amour avec un grand A.

La première communauté de séduction est née aux États-Unis en 1994. C'est Ross Jeffries qui a posé les premiers jalons du mouvement en créant un site internet pour faire la promotion de la speed seduction - une méthode de son cru, basée sur les principes de la programmation neurolinguistique et de l'hypnose.

Depuis, d'autres «experts» ont repris le flambeau et sont devenus de véritables maîtres à penser après avoir mis au point leurs propres techniques. D'abord Mystery, auteur et mentaliste canadien, qui a écrit The Mystery Method: How to Get Beautiful Women Into Bed, et qui est considéré aujourd'hui comme un des maîtres incontestés de la séduction. Puis, son meilleur ami, Neil Strauss, journaliste au Rolling Stone, a écrit The Game: Penetrating the Secret Society of Pickup Artists, dans lequel il raconte sa propre expérience. Enfin, David DeAngelo, à qui l'on doit Double Your Dating, un ouvrage dans lequel il tente d'élucider le «mystère de la femme».

Ils sont parmi nous

À Montréal, la communauté de séduction se retrouve sur seduire.ca. «À première vue, on dirait un site de gars qui veulent coucher avec le plus de filles possible, explique son fondateur, Marc Mercier. C'est le cas pour les nouveaux membres. Mais, en fin de compte, c'est plus que ça. C'est un endroit pour apprendre à s'améliorer.»

Seduire.ca a été créé il y a trois ans. À l'époque, Marc Mercier venait d'emménager à Montréal et ne connaissait personne. La simple idée de sortir seul dans un bar le terrifiait. Pour passer le temps, il a commencé à étudier la séduction sur l'internet. Au fil de ses recherches, il s'est rendu compte qu'il n'était pas seul dans sa situation. «C'est là que j'ai eu l'idée de créer seduire.ca», explique-t-il.

Au début, ils étaient une demi-douzaine à se retrouver dans les cafés pour se raconter leurs histoires et s'échanger les trucs qu'ils avaient appris dans la semaine. Mais, avec le temps, la communauté s'est agrandie et, aujourd'hui, ils sont plus de 128 membres - de 18 à 50 ans - à Montréal.

 




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