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Soirée de coloriage à La Quincaillerie en présence du bédéiste Samuel Cantin.

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Boire un verre tout en coloriant les dessins d'un illustrateur ou d'un bédéiste qui est sur place. Tout cela en écoutant la musique de l'artiste invité. C'est le concept imaginé par Jade Fraser, qui a récemment inauguré ses «Mardis sans dessin» au bar du Plateau La Quincaillerie. La Presse s'est rendue sur place pour voir de quoi il s'agit.

Alexandra et Mathieu ne sont pas des adeptes de coloriage pour adultes, mais lorsqu'ils ont appris qu'une soirée de coloriage était organisée à La Quincaillerie en présence du bédéiste Samuel Cantin, ils se sont volontiers prêtés au jeu.

«C'est une activité de détente absolue, nous a dit Alexandra. On s'approprie les dessins des artistes et on y met du sien. Le fait qu'il y ait une rencontre avec le bédéiste ajoute aussi beaucoup à l'expérience.» Idem pour son copain Mathieu, qui se définit d'abord comme un amateur de bédé. «Je me sens vraiment dans la peau d'un coloriste!», dit-il.

L'exercice est d'autant plus intéressant que les albums de Samuel Cantin, qui s'est fait connaître l'an dernier avec Whitehorse, sont tous en noir et blanc. «Je trouve ça très intéressant de voir les couleurs que les gens choisissent pour mes personnages», a-t-il confié à La Presse tout en se promenant de table en table pour voir les résultats.

L'idéatrice de cette soirée, Jade Fraser, qui travaille à La Quincaillerie depuis deux ans, était plutôt satisfaite du déroulement de cette première soirée, qui a attiré environ une quarantaine de personnes. La jeune femme de 24 ans, diplômée en cinéma de l'Université Concordia, cherchait une activité qui permettrait de faire connaître de nouveaux talents.

«J'avais plusieurs idées pour attirer des gens dans notre bar en début de semaine», dit-elle.

«Comme j'ai toujours suivi et apprécié le travail des illustrateurs, je me suis dit que c'était une belle façon de faire connaître ces artistes, tout en offrant une activité de coloriage pour adultes, populaire et à la portée de tous.»

Parmi les gens qui se sont déplacés, nous avons croisé Jolène, 36 ans. La jeune femme venue avec un groupe de filles (oui, c'est la majorité de la clientèle!), aime colorier chez elle, mais c'est la première fois qu'elle colorie «en public». «C'est très zen, ça dégage le cerveau, en même temps, on peut se parler, prendre un verre. C'est très agréable.»

Même enthousiasme pour Laurence, 24 ans, étudiante à la maîtrise en muséologie. «Je colorie chez moi depuis un an. Essentiellement des fonds marins ou des mandalas... Là, j'avoue que c'est intéressant de colorier les dessins d'un artiste qu'on peut rencontrer, mais en fin de compte, ce que j'aime, c'est que ça me permet de me perdre dans mes pensées.»

Samuel Cantin, bédéiste... (Photo André Pichette, La Presse) - image 2.0

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Samuel Cantin, bédéiste

Photo André Pichette, La Presse

Prendre du recul

Se perdre dans ses pensées et laisser vaquer ses idées, une excellente manière de prendre un peu de recul et même de résoudre des problèmes, croit le psychologue Pierre Plante.

«Oui, c'est une activité régressive, dans le sens où elle nous ramène dans un espace qui appartient à l'enfance, mais c'est une belle façon de se détendre et de laisser vagabonder ses pensées. C'est aussi une activité que l'on contrôle, où l'on choisit ses couleurs. Ça participe à une forme d'affirmation de soi.» 

«C'est une activité très simple, mais qui peut avoir un effet apaisant quand on souffre un peu d'anxiété.»

Pierre Plante est toutefois catégorique, il ne faut pas confondre l'activité de coloriage avec de l'art-thérapie.

«La psychothérapie par l'art est une relation d'aide à travers laquelle on s'engage dans un processus de création où le patient génère des images qui proviennent de son monde intérieur. Que ce soit grâce au dessin, à la peinture ou aux arts plastiques. Là, les images existent déjà, on les colorie comme on veut, ça peut nous aider à décrocher, mais ce n'est pas de l'art-thérapie.»

Cela dit, le psychologue et art-thérapeute, qui est également professeur à l'Université du Québec à Montréal, croit que socialement, le coloriage de groupe peut être extrêmement bénéfique.

«Le fait de sortir de l'isolement et faire du coloriage en groupe permet de répondre à un besoin important de notre société: créer des liens, partager des passions, rencontrer des gens, sortir de sa bulle, ça peut être très vivifiant. Si ça peut en plus nous sortir de nos écrans pendant quelque temps, c'est pas mal non plus!»

Trois autres artistes se prêteront au jeu au cours des prochains mois: l'illustrateur Fred Gingras (le 14 février), l'artiste visuelle Laurianne Poirier (le 7 mars) et le batteur d'Avec pas d'casque et réalisateur de courts métrages Joël Vaudreuil (le 11 avril). 

Des ventes qui explosent!

Depuis les quatre ou cinq dernières années, les albums de coloriage pour adultes occupent un espace de plus en plus important dans les librairies et papeteries du Québec. Hachette, qui mène le bal avec des ventes de plus de 2,5 millions d'exemplaires, mais aussi Marabout, Larousse, les éditions du Chêne - pour ne nommer que ceux-là - ont tous leurs collections. Des mandalas, bien sûr, mais de plus en plus d'albums thématiques (Noël féérique, cerfs-volants, animaux, fleurs, etc.). De plus en plus d'albums de coloriage se consacrent également à la découverte de villes que vous avez le loisir de revisiter avec vos couleurs. Des oeuvres de peintres ou d'architectes sont aussi offertes.




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