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La Fondation Émergence dévoile un sondage sur la perception des aînés LGBT

Certains n'ont pas osé sortir du placard, d'autres... (Photo AFP)

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Certains n'ont pas osé sortir du placard, d'autres ont subi une certaine stigmatisation, d'autres ne se sentent pas bien acceptés dans leur milieu, dans leur Église, dans leur résidence pour personnes âgées.

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Lia Lévesque
La Presse Canadienne
Montréal

Un sondage mené pour la Fondation Émergence laisse voir la difficulté de vivre son homosexualité pour les personnes âgées - et une perception des Québécois en ce sens.

Ce sondage Léger marketing, qui a été dévoilé mardi, fait ressortir une donnée inusitée, à savoir que 75% des Québécois disent connaître au moins une personne LGBT (lesbienne, gaie, bisexuelle, transgenre) de 65 ans et moins. Or, quand on les questionne sur leur connaissance d'une personne LGBT de plus de 65 ans, la proportion tombe à 25%.

La constatation est la même chez les Canadiens. Ils sont ainsi 66% à connaître une personne LGBT de 65 ans et moins, mais seulement 22% à connaître une personne LGBT de plus de 65 ans.

Pour Laurent Breault, de la Fondation Émergence, cela démontre la difficulté pour les personnes LGBT de vivre leur homosexualité à un âge avancé. Certains n'ont pas osé sortir du placard, d'autres ont subi une certaine stigmatisation, d'autres ne se sentent pas bien acceptés dans leur milieu, dans leur Église, dans leur résidence pour personnes âgées.

«Il y a tout ce contexte-là qui fait en sorte que c'est plus difficile pour les personnes aînées LGBT de sortir du placard, de dévoiler leur orientation, de l'accepter, de vivre bien aussi avec ça. Même que dans ces personnes-là (de plus de 65 ans) il y en a qui ont fait comme s'ils n'étaient pas gais, qui se sont mariés, ont eu des enfants. Donc, ça complique encore les choses si on veut sortir du placard et tout ça», a résumé M. Breault.

Le sondage indique également que 66% des Québécois et 62% des Canadiens considèrent qu'il est difficile - réponses «assez difficile» et «très difficile» réunies - pour les personnes âgées homosexuelles de vivre ouvertement une relation amoureuse dans un centre d'hébergement pour aînés.

«Il y a une distinction entre l'atteinte de l'égalité juridique - ce qui est atteint pour les personnes homosexuelles, mais ce n'est pas vrai pour les personnes trans - et l'égalité sociale qu'il faut aller chercher, c'est-à-dire changer l'image que les gens ont des gais. Ce ne sont pas juste des fêtards dans le Village. Ce sont aussi des gens qui ont des valeurs qui ne sont pas juste gaies, qui ont toutes sortes de facettes, de personnalités. C'est aussi concrétiser l'esprit des lois dans le quotidien», a conclu M. Breault.

Le sondage web a été réalisé auprès de 1513 Canadiens adultes, du 25 au 29 avril.

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