Paroles d'adolescents à travers le monde

Aux quatre coins de la planète, les adolescents... (Illustration Thinkstock)

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Aux quatre coins de la planète, les adolescents semblent partager les mêmes préoccupations : amis, études, famille... et avenir.

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Agence France-Presse
PARIS

La vie des adolescents est souvent un exercice d'équilibre: profiter du présent ou préparer l'entrée dans le monde adulte ? Rêver d'un monde idéal ou accepter le monde actuel ? D'un continent à l'autre, les priorités des ados sont assez semblables - amis, études, famille... et avenir. Leurs soucis varient selon le lieu où vivent ces ados.

Dans le cadre d'une série spéciale sur les 13-18 ans, l'AFP a demandé à quelques jeunes dans plusieurs grandes villes comment ils voient leur monde.

Anthika, 18 ans, Bangkok

Être une adolescente dans l'une des capitales les plus dynamiques de la planète est un plaisir, explique Anthika, tout en concédant son angoisse d'un monde en pleine évolution et de l'impact de la mondialisation sur la culture thaïlandaise.

«Nos valeurs à nous, les adolescents, sont plus matérialistes: on veut les grosses voitures et les motos qu'ont nos parents. Peut-être, est-ce l'influence d'autres pays?»

Comme beaucoup d'adolescents de Bangkok, Anthika aime flâner dans les immenses centres commerciaux climatisés... où elle multiplie les selfies qu'elle poste pour rester «connectée» via les réseaux sociaux avec ses amis.

Anthika juge sa génération moins active que les précédentes, alors même qu'elle a infiniment plus de possibilités qu'auparavant. «Les gens utilisent tellement les réseaux sociaux de nos jours qu'ils en oublient d'échanger avec les personnes de leur propre famille», regrette cette étudiante en première année de psychologie à l'Université Ramkhamhaeng.

Katinka, 17 ans, Berlin

Katinka vit à Berlin, l'une des villes européennes les plus «branchées», et est représentative de cette nouvelle Allemagne ouverte au monde et généreuse, accueillant des centaines de milliers de réfugiés.

Elle regarde l'avenir avec une forme d'optimisme rare dans un pays longtemps accablé par son passé.

«Quand j'observe l'histoire de l'humanité, je pense que nous sommes en bonne voie pour devenir plus tolérants à l'égard des minorités», dit-elle.

Ce qu'elle n'aime pas dans le monde d'aujourd'hui, c'est «la haine et tout ce qu'elle provoque, comme le racisme, le sexisme et toutes les formes d'humiliation».

Au quotidien, Katinka se préoccupe de l'immédiat, comme la plupart des jeunes de son âge: le plus important à ses yeux est «d'avoir une vie sociale et des amis» - et, pour cela, «de sortir le soir», ce qui se fait facilement à Berlin.

Mais il faut aussi «réussir à l'école» avec de «bonnes notes». Et Katinka s'inquiète «de ce qui viendra après l'école». «Vais-je trouver un bon emploi et me faire une place? Seul le temps le dira».

Jedidiah, presque 13 ans, Lagos

Jedidiah, fille d'une géologue et d'un ingénieur, est Nigériane et habite une banlieue agréable de Lagos, la plus grande ville d'Afrique. Pour elle, le plus important «c'est d'avoir une bonne éducation». Mais aussi de «s'amuser !»

Il n'y a pas beaucoup d'endroits où sortir, quand on est adolescent à Lagos. Jedidiah aime aller au cinéma, inviter des amies à dormir chez elle, fabriquer ensemble ses propres clips vidéo grâce à une application pour téléphones intelligents.

Elle aimerait pouvoir sortir plus souvent «sans aucune supervision» des parents. Mais Lagos est une ville dangereuse. «J'ai peur de me faire enlever», dit-elle, une inquiétude partagée par les parents, dans une mégalopole où de nombreux  kidnappings crapuleux ont lieu.

Ce que Jedidiah préfère ? Ses amis et les voyages. Ce qu'elle déteste: le terrorisme. Une problématique très présente au Nigeria, où l'on impute au groupe islamiste Boko Haram plus de 17 000 morts en six ans.

Dans cinq ans, elle se voit ailleurs: «J'espère que je ne serai pas au Nigeria: j'aimerais être architecte ou créatrice de mode et parcourir le monde».

Elad, 14 ans, Tel-Aviv

Elad rêve lui aussi d'«un monde moins haineux». La solution, selon ce collégien israélien, c'est que «chaque pays dans son coin apaise les haines ou les rendent illégales» et qu'ensuite, «on discute ensemble pour faire la paix».

Elad compte profiter des quatre années d'insouciance qui le séparent du service militaire obligatoire en Israël. Il aime «la bonne humeur», s'asseoir «entre copains» et «écouter de la musique».

«Je n'ai pas peur de ce qu'il se passe loin, des guerres - même si pour nous en Israël, Gaza ou la Syrie c'est à côté», dit-il. Mais «j'ai peur d'un attentat en bas de chez moi, des meurtres contre les Juifs parce qu'on est juif».

Son voeu le plus immédiat est que la chanteuse américaine Beyonce, attendue en Israël pour un grand concert et pressée par les mouvements qui prônent le boycottage d'Israël, n'annule pas le show.

«Si on nous boycotte parce qu'on nous déteste et qu'elle annule le concert... ce sera ennuyeux», soupire Elad.

Florencia, 15 ans, Santiago

Pour Florencia, «ce qui importe, c'est de faire la fête! Vivre à 100 à l'heure, être dans la rue et fumer avec les autres adolescents». Elle aime aussi «passer du temps avec (sa) famille».

Florencia s'inquiète de voir autour d'elle dans la capitale chilienne des adolescents qui grandissent trop vite: «On voit des filles de 12 ans maquillées et habillées comme des femmes...» «Je n'aime pas que nous, les adolescents, nous voulions tout, tout de suite et vite», confie-t-elle.

Elle n'aime pas non plus «qu'il y ait autant de cas de pédophilie».

D'ici cinq ans, Florencia imagine un monde «beaucoup plus perturbé que maintenant. Les enfants ne seront plus des enfants, ils vont sauter cette étape». Mais elle croit aussi en «un avenir meilleur» d'ici quelques années, où l'on pourra «vivre en harmonie avec la nature».

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