Martin Duhamel: une cause, une armée

Martin Duhamel a l'impression qu'on en fait peu... (Photo David Boily, La Presse)

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Martin Duhamel a l'impression qu'on en fait peu pour les enfants quand vient le temps de donner.

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Charles-Édouard Carrier

Collaboration spéciale

La Presse

Il y a un peu plus de deux ans, Martin Duhamel a décidé de démarrer une page Facebook qu'il a nommée Bikers et bikeuses passionnés de moto. Ce groupe allait être un tremplin qui lui permettra d'amasser près de 100 000 $ pour le Club des petits déjeuners. Histoire de générosité collective menée à bout de bras par un bum au grand coeur.

Tout commence lorsque Martin Duhamel fait faire des t-shirts pour le groupe. En les mettant en vente, il propose aux membres de donner une partie des profits à un organisme. «On est capables de se payer des motos, les plaques, les assurances, pourquoi on ne mettrait pas un petit 5 $ de plus pour aider ceux qui en ont besoin? J'ai lancé l'idée du Club des petits déjeuners. Les gens ont tout de suite embarqué», se souvient-il.

Faire sa part

Il n'a pas choisi cette cause au hasard. Il explique sa décision par cette impression qu'il a qu'on en fait encore peu pour les enfants quand vient le temps de donner.

«À 5 ou 6 ans, quand tu n'as pas de nourriture sur la table, tu te tournes vers qui? Et on fait des coupes dans les berlingots de lait dans les écoles? Si le gouvernement ne s'en occupe pas, moi, je vais faire ma part. Je suis prêt à me battre pour la cause», lance-t-il. Et de là le nom de son projet : Une cause, une armée.

Des 9000 $ la première année, la somme a grimpé à 23 000 $ l'année suivante. Aujourd'hui, on s'approche des 100 000 $ grâce aux nombreuses activités, aux soupers-bénéfices, aux ventes aux enchères, aux promotions avec des partenaires et, surtout, grâce aux encouragements de Martin Duhamel.

Facebook comme moteur

Son initiative a fait de lui un personnage public. On le reconnaît dans la rue, on l'arrête pour le féliciter. «Je suis un citoyen ordinaire, je fais ça avec mon coeur depuis deux ans. Je le fais en manches courtes, avec mes tatouages. J'ai un look rebelle, je parle comme je parle, je le fais comme je suis.»

«Je refuse de prendre tout le mérite. Je suis un bon leader, mais c'est la gang qui permet d'en faire autant.»

Martin Duhamel

Pour en arriver là, Martin Duhamel compte sur Facebook. Sa page est suivie par plus de 24 000 personnes. Il s'assure de rester bien actif sur le réseau social et s'adresse quotidiennement à ses membres, «à sa gang», comme il le dit dans chacune de ses vidéos partagées des dizaines de milliers de fois. Inlassablement, il demande aux gens de donner, de s'impliquer, il les implore de cliquer sur J'aime, de partager les vidéos, de parler des événements à venir. Et si ce n'est pas suffisant, c'est son argent à lui qu'il investit en promotion ou qu'il remet sous forme de don.

Un parcours difficile

«Quand j'ai vu que ça devenait gros, je me suis dit qu'il fallait que je sois honnête avec ma gang et que j'explique qui j'étais, avant que quelqu'un ne le fasse pour moi. J'ai publié une vidéo où je dis d'où je viens, les niaiseries que j'ai faites quand j'étais plus jeune, les fois où j'ai touché le fond et comment je me suis relevé», raconte-t-il.

Martin Duhamel a fait face à la justice en 2002 et a payé son dû. Il admet qu'il aurait pu prendre un chemin bien différent. «Des gens ont été là pour moi quand j'en avais le plus besoin et aujourd'hui, c'est ma façon de redonner. J'ai trébuché, mais je me suis relevé et j'ai continué.»

Donner sans compter

Il ne calcule pas les heures qu'il consacre à ce projet qui vient en aide aux enfants qui commencent leur journée le ventre vide. «Je peux répondre à des messages jusqu'à 2 h du matin. Je reçois tellement de beaux témoignages de gens qui se confient à moi. Je ne compte plus le temps que j'y consacre», explique-t-il. Et ce, malgré un emploi à temps plein dans un commerce qu'il vient de démarrer.

S'il avait à arrêter maintenant, il le ferait avec la tête haute. Mais à 81 % de l'objectif de 100 000 $ qu'il s'est donné et avec un été 2016 déjà en pleine planification, il n'a pas du tout l'intention d'abandonner. «Je suis un ti-cul de Saint-Eustache qui a fait des niaiseries, qui aurait pu tourner bandit et finir en prison. Je me suis pris en main. Je suis fier de ce que je suis devenu. Et en faire autant pour les enfants, c'est la plus belle chose que j'ai faite dans ma vie», dit-il.

Une initiative personnelle qui rassemble des gens et qui redonne à la communauté? Martin Duhamel a effectivement toutes les raisons du monde d'être satisfait de lui, et content de sa gang.

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