Qui aide les aidants naturels ?

Les aidants naturels sont parfois insensibles à leurs... (Photo: François Roy, archives La Presse)

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Les aidants naturels sont parfois insensibles à leurs propres limites. Ils ont pourtant besoin de se reposer et d'entretenir d'autres types de liens. Il leur faut même parfois recevoir de l'aide à leur tour.

Photo: François Roy, archives La Presse

Rose-Marie Charest
La Presse

Il a toujours été naturel de compter sur l'aide de la famille et des proches pour soutenir les personnes malades physiquement ou mentalement. D'où, probablement, l'expression «aidants naturels» que l'on utilise de nos jours. Pourtant, au-delà des mots, tous ne vivent pas cette expérience avec la même aisance.

Le fait de sentir que d'autres ont besoin de nous contribue à donner un sens à la vie. En soi, cela est très précieux. La perte en liberté et l'investissement d'énergie peuvent trouver compensation dans la valorisation du rôle joué auprès de la personne en besoin et dans la richesse de la relation entretenue avec elle. Il faut toutefois créer les conditions qui permettront cette valorisation et cette qualité de relation.

Les aidants naturels ont besoin de soutien, et ce, sur plusieurs plans. Comme pour tout travailleur, la compétence est nécessaire pour permettre non seulement de bien réaliser les tâches, mais aussi d'éprouver une réelle satisfaction. La formation, la supervision et l'accès à des ressources-conseils sont des outils indispensables. La personne la plus aimante, lorsqu'elle se sent dépassée par une situation, peut se décourager et même aller jusqu'à en vouloir à l'autre de la réduire à l'impuissance.

Limites naturelles

La relation de soins envers un proche comporte des risques relationnels. Elle est le plus souvent chargée d'émotions et peu encadrée dans l'espace et dans le temps. Elle force à partager une intimité inhabituelle avec une personne avec laquelle, souvent, un autre type de relation était vécu.

Par exemple, le fait pour une fille de donner un bain à sa propre mère peut faire vivre à l'une comme à l'autre des émotions troubles, de la gêne, le sentiment, justement, que ce contact corporel intime n'est pas naturel. La neutralité d'une relation professionnelle est un facteur de protection, absent ici. Il faut donc se protéger autrement, se respecter dans ses sensibilités, même si celles-ci sont difficiles à admettre. Pour cela, il faut que des ressources alternatives existent.

Le sentiment d'être indispensables peut rendre les aidants insensibles à leurs propres limites, comme s'ils avaient peur des conséquences qu'il y aurait à en tenir compte. Il est facile de se perdre de vue quand on répond aux besoins d'une personne vulnérable.

L'intervention des tiers, que ce soit d'autres membres de la famille ou des professionnels, devrait leur offrir le répit nécessaire au repos physique, mais aussi la possibilité de se ressourcer psychologiquement. Ils ont besoin de vivre d'autres types de relation, d'être écoutés et aidés à leur tour, de s'intéresser à autre chose et de s'identifier à d'autres rôles. Cela n'est pas un luxe. Il en va de leur santé et de leur capacité à continuer de rendre ces services si précieux pour les leurs et pour l'ensemble de la société.

L'amour et la volonté ne suffisent pas. Les aidants naturels ont besoin qu'on leur offre un soutien technique, affectif, relationnel et professionnel. Leurs ressources ne sont pas illimitées et leur apport est inestimable. Comme société, nous pouvons compter sur les aidants naturels, à la condition qu'ils puissent compter sur nous.




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