La réalité virtuelle pour expliquer le consentement sexuel

Le réalisateur et producteur Emanuel St-Pierre explique que... (PHOTO HUGO-SEBASTIEN AUBERT, LA PRESSE)

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Le réalisateur et producteur Emanuel St-Pierre explique que son film vise à faire comprendre la notion de consentement aux jeunes de 16 à 24 ans. «Virtuellement, on vit la situation, le malaise, la personne qui entre dans ta bulle, qui insiste», dit-il.

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Pas évident d'expliquer, concrètement, ce qu'est le consentement sexuel. Ou plutôt le non-consentement, sans tomber dans les généralités, mais en exprimant plutôt toutes ses nuances et ses subtilités. D'où l'idée, un brin décalée, mais franchement efficace, de le mettre en scène... virtuellement. Mieux: en réalité virtuelle.

Telle est l'idée originale du Y des femmes et de sa Fondation, qui viennent de lancer, en collaboration avec le Secrétariat à la condition féminine, le projet Connais-tu LA limite? - Le consentement en 360°. De quoi s'agit-il? D'un court métrage immersif de quelques minutes, ciblant un public clé: les jeunes de 16 à 24 ans, ceux qui ont apparemment le plus de difficulté à cerner le concept.

Si une fille te dit que tu lui plais, est-ce que ça veut dire qu'elle veut aller plus loin? Si elle t'embrasse, est-ce que ça implique nécessairement qu'elle veut coucher avec toi? Et toi, si tu insistes, est-ce qu'elle va finir par dire oui, tu crois?

C'est une chose de soulever ces questions, c'en est une autre de se mettre dans la peau de la jeune fille en question (ou du garçon, puisque «la situation présentée peut s'appliquer à tout type de relation», précise-t-on d'ailleurs dans le film).

D'où la force du film d'Emanuel St-Pierre, qui permet justement cette seconde option.

«Pour parler de consentement, soit on l'explique, soit on le fait vivre. Là, virtuellement, on vit la situation, le malaise, la personne qui entre dans ta bulle, qui insiste.»

Idées reçues

Armé de lunettes 360°, le spectateur entre donc ici directement dans la peau d'une jeune fille. Détail important: «Le gars n'est pas nécessairement mal intentionné, poursuit le réalisateur, mais il pense que pour qu'une fille accepte, il faut persister. Beaucoup de jeunes gars pensent comme ça...»

Les études le confirment. D'après un sondage du Secrétariat à la condition féminine, «les jeunes ont une notion du consentement pleine d'idées reçues», souligne Delphine Berger, coordonnatrice des services jeunesse du Y des femmes. Des exemples? «Si une fille dit non, ça ne veut pas vraiment dire non, illustre-t-elle. Si elle s'habille sexy, c'est qu'elle veut aller plus loin.»

Autre détail important: le scénario n'a ici rien d'affreusement dramatique. Vous n'assisterez pas à une scène de viol. Pas de violence physique non plus. Mais un malaise constant, dans une situation tragiquement banale. En résumé? La jeune fille se retrouve seule avec un garçon; le garçon lui plaît; elle l'embrasse; il l'invite à passer dans la chambre à coucher. Elle lui dit qu'elle ne préfère pas aller «jusque-là tout de suite»; il s'éloigne; elle se sent mal et s'excuse; puis il revient à la charge. Non, le film ne gagnera pas de prix d'interprétation. Mais le message est limpide.

L'objectif? Faire vivre le malaise de la jeune femme («Que les jeunes gars sentent ce que c'est que d'entrer dans la bulle de l'autre», résume le réalisateur), rappeler que ce n'est pas en insistant qu'on arrive à ses fins, et puis qu'effectivement, non, c'est non.

Connais-tu LA limite? sera présenté prochainement au festival OUMF, puis dans différents cégeps. On souhaite ici soulever de bonnes discussions autour de la question avec les élèves.

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