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Les Québécois fantasment sur le sado-maso

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Si les hommes souhaitenent clairement réaliser leurs fantasmes, les femmes ne veulent pas toujours que les leurs se réalisent, révèle une récente étude.

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Avez-vous déjà rêvé de vous faire attacher à un lit ? Vous n'êtes pas seuls. Plus d'un Québécois sur deux a ce genre de fantasmes. Le hic ? D'après le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, il s'agit là d'une paraphilie, un fantasme « atypique », voire « anormal ». Un verdict qui fait bondir un chercheur québécois.

Mais si votre conjoint est parfaitement consentant, où est le mal ? Surtout, comment détermine-t-on ce qui relève de la normalité ou non ? Et si on demandait aux gens de quoi ils rêvent, exactement, pour voir si ces comportements sont si atypiques que ça ?

C'est précisément ce que vient de faire Christian Joyal, un professeur de neuropsychologie de l'Université du Québec à Trois-Rivières et chercheur à l'Institut Philippe-Pinel de Montréal.

C'est une première : il a sondé pas moins de 800 femmes et 720 hommes québécois de 18 à 75 ans, pour leur demander exactement en quoi consistaient leurs fantasmes sexuels. Les résultats, inusités, doivent être publiés sous peu dans le Journal of Sexual Medicine.

Soumission et pénétration anale

Et surprise : tant les hommes que les femmes rapportent des fantasmes sado-maso, dans une proportion de 50 à 60 %. Vrai, les femmes ont davantage de fantasmes de soumission, les hommes de domination (« ce n'est pas une surprise »), mais « beaucoup de ceux qui rapportent des fantasmes de soumission veulent aussi s'amuser à dominer », poursuit le chercheur. « Ça, je ne m'attendais pas à ça. »

Deuxième surprise : les femmes rapportent des fantasmes de soumission assez « extrêmes », notamment le rêve de se faire violer par un inconnu, ou prendre par le cou. Mais nuance : car si les hommes désirent clairement réaliser leurs fantasmes, les femmes précisent au contraire qu'« il ne faudrait surtout pas que ça arrive ».

Autre surprise : chez les hommes, outre les fantasmes « classiques » impliquant des femmes qui ne sont pas leur conjointe, du sexe oral ou des aventures à trois, plusieurs tournent autour de la pénétration anale, par un « shemale » (une femme avec un pénis) ou un godemichet. « De 12 à 15 % des hommes mentionnent ce fantasme, poursuit le chercheur, alors que ce sont des hétéros. Ce n'est pas négligeable. »

Enfin, hommes et femmes partagent aussi une foule de fantasmes, notamment de faire l'amour sur la plage, dans les toilettes d'un resto, etc. « Il n'y a pas une si grande différence entre les hommes et les femmes », note le chercheur.

Pour arriver à dresser une liste de 50 fantasmes, son équipe s'est inspirée des thèmes proposés par les sites pornos, ainsi que des mots clés les plus souvent recherchés sur l'internet. En prime, ils ont laissé une question ouverte aux participants.

Voyeurisme et sadomasochisme

Dans un deuxième sondage, dont les résultats seront cette fois publiés en 2015, il s'est attaqué spécifiquement aux paraphilies (des fantasmes qui vont du voyeurisme au sadisme, en passant par la bestialité et l'exhibitionnisme), telles que définies par l'Association américaine de psychiatrie.

Résultat ? En tête de liste arrive le voyeurisme. Plusieurs mentionnent des pratiques sado-maso (se faire attacher, la fessée), des comportements jugés ici « atypiques ».

« C'est la question qui tue : est-ce que vous faites du mal à quelqu'un ? Est-ce que la personne est consentante ? Si l'autre n'est pas consentant, ou si vous avez absolument besoin de ça, oui, il y a probablement un problème. Mais sinon ? », s'interroge le chercheur.

Le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, qui en est à sa cinquième édition (DSM-5), définit la liste des troubles mentaux. C'est la bible des psychiatres. Rappelons qu'il n'y a pas si longtemps, s'y retrouvait notamment l'homosexualité.

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