Les hauts et les bas du zizi

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Napoléon en aurait eu un minuscule. Celui de Rudolf Valentino fut moulé en argent massif par son amant. Depuis la nuit des temps, le membre viril suscite obsession et fascination. Mais son histoire n'a pas toujours été aussi glorieuse que ses érections. Dans Le bidule de Dieu, petit livre plutôt marrant tout juste traduit en français chez Robert Laffont, le journaliste et écrivain britannique Tom Hickman raconte la longue et parfois dure histoire du pénis, avec ses performances mémorables et ses angoisses existentielles.

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Le bidule de Dieu - Une histoire de pénis

Photo fournie par les Éditions Robert Laffont

Q : Votre livre porte sur une partie plutôt dissimulée de l'anatomie masculine. Est-ce qu'il a été difficile de trouver de l'info sur le sujet ?

R : Vous seriez surpris du nombre de choses qui ont été écrites là-dessus, à commencer par les études scientifiques comme le fameux rapport Kinsey. Mon plus grand défi, toutefois, était d'avoir un ton intéressant pour l'écriture. Il y a des choses très sérieuses à dire sur ce sujet - tout le côté de la religion, par exemple -, mais aussi beaucoup de potinage. Il a fallu que je trouve le juste équilibre entre ces deux niveaux. J'aime bien dire que je l'ai fait avec un sourcil levé.

Q : L'humour est très présent dans le livre. Pourquoi donc le pénis est-il si risible ? Pourrait-on en dire autant du vagin, par exemple ?

R : Bien sûr qu'on pourrait. La féministe Naomi Wolf a écrit un livre extraordinairement ennuyant sur le vagin. On aurait pu faire beaucoup plus marrant. Cela dit, il est vrai que le pénis est un peu comme un clown. Peut-être à cause de son côté vaniteux. Quand on y pense, c'est une pièce d'équipement un peu bête. Si j'avais été Dieu, je l'aurais dessinée différemment. On dirait qu'il a été déconcentré pendant qu'il faisait ses croquis !

Q : Diriez-vous que la relation entre l'homme et son zizi a beaucoup évolué avec les siècles ?

R : Il y a une grande différence entre la perception privée et la perception publique. Côté privé, la relation n'a pas changé du tout. Côté public, par contre, elle a beaucoup varié. Avant qu'on réalise que l'homme jouait un rôle dans la procréation, on n'y pensait même pas. Ensuite, pour plusieurs centaines d'années, avec l'utilisation de la brague, la tendance était plutôt à l'orgueil mâle. Ensuite, le pénis va se réfugier dans l'underground pour plusieurs centaines d'années. Maintenant, il est de retour.

Q : Vous consacrez de nombreuses pages au « problème » de la taille de l'organe. Selon vous, cela a toujours obsédé les hommes. C'est un enjeu majeur, à votre avis ?

R : Crucial. Il y a des milliers d'entrées là-dessus sur le Net. La question est posée sur presque tous les sites médicaux. C'est une pensée qui occupe la tête des jeunes garçons dès l'adolescence. Alors oui, c'était un choix délibéré de consacrer plus d'espace à ce sujet. Peut-être ai-je exagéré !

Q : Est-ce que la question des dimensions a toujours été aussi importante au fil des siècles ?

R : Je sais que les Grecs n'y voyaient pas d'importance, alors que les Romains glorifiaient les membres imposants. En général, on a toujours considéré que la meilleure option était d'en avoir un grand. Peu importe leur niveau d'éducation, la plupart des hommes ont tendance à demander à leur conjointe si leur amant précédent était mieux nanti qu'eux.

Q : Vous consacrez aussi de nombreuses pages à l'impuissance, autre hantise masculine. Pensez-vous que le Viagra a été une révolution ?

R : Je n'ai pas la prétention d'être un sexologue. Le Viagra a aidé beaucoup d'hommes d'âge mûr qui voulaient être aussi fringants qu'à 25 ans. Je me trompe peut-être, mais il me semble que cette obsession n'est pas aussi importante pour les femmes. Rares sont celles qui se plaignent que leur mari ne soit plus aussi performant. Au contraire. Depuis l'apparition du Viagra, certaines ont même demandé le divorce parce que leur mari était devenu trop insistant. En ce sens-là, le Viagra n'a pas apporté que du bon.

Q : À la fin de votre livre, vous dites que la taille du pénis pourrait diminuer dans l'avenir, à cause de l'augmentation des fécondations in vitro qui entraînera une baisse des relations sexuelles. C'est une conclusion plutôt apocalyptique, non ?

R : Ce sont des biologistes de l'évolution qui ont avancé ça. Pas moi. De toute façon, je ne serai plus là pour le constater, alors, je m'en fous un peu ! Pour tout vous dire, je commence à en avoir un peu marre de ces histoires de pénis. Cela fait presque trois ans que j'en ai terminé la rédaction. J'ai tourné la page...

> Le bidule de Dieu - Une histoire de pénisTom Hickman, éditions Robert Laffont




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