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Les lesbiennes françaises en quête de bébé se pressent en Belgique

Les Françaises représentent 80 % des 833 patientes traitées... (PHOTO GÉRARD JULIEN, AFP)

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Les Françaises représentent 80 % des 833 patientes traitées l'an dernier pour l'IAD à l'hôpital universitaire de Liège.

PHOTO GÉRARD JULIEN, AFP

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Jérôme RIVET
Agence France-Presse
Bruxelles

En attendant un éventuel débat parlementaire en France sur la procréation médicalement assistée (PMA), les lesbiennes françaises désirant un enfant sont sans cesse plus nombreuses à tenter leur chance en Belgique, pays qui ne peut les satisfaire toutes.

Chaque année, plus de 2000 bébés français sont conçus en Belgique, le pays le plus prisé par les couples homosexuels ayant recours à l'insémination artificielle avec donneur (IAD), selon des estimations.

Ces enfants ont gagné le surnom de «bébés Thalys», le TGV reliant Paris à Bruxelles que prennent les femmes pour réaliser leur rêve de grossesse.

«Les Françaises représentent 80 % des 833 patientes que nous avons traitées l'an dernier pour l'IAD. Plus de huit sur dix sont des lesbiennes», a indiqué à l'AFP le professeur Michel Dubois, chef du service de PMA de l'hôpital universitaire de Liège.

«Nous avons constaté une forte hausse des demandes ces trois dernières années. L'information circule davantage en France, les patientes font passer le message», ajoute-t-il.

La Belgique compte 18 centres pratiquant la PMA qui est accessible pour tous, «indépendamment de l'état civil et de l'orientation sexuelle» des candidates, depuis la loi du 6 juillet 2007, votée cinq ans après l'adoption du mariage homosexuel.

Une partie de ces centres, ceux liés à l'Église catholique, rechignent cependant à traiter les couples lesbiens. D'autres ont été contraints de limiter drastiquement l'accueil des étrangers afin de ne pas pénaliser les patients belges.

L'hôpital universitaire ÉRASME, le plus grand de Bruxelles, ne traite ainsi qu'une centaine de femmes étrangères, essentiellement des Françaises, par an pour l'IAD.

«C'est une décision que nous avons été contraints de prendre à cause du déficit de pailles de sperme de donneur disponibles et de la forte hausse des demandes qui n'étaient pas liées à un problème d'infertilité», explique Anne Delbaere, chef de la clinique de fertilité d'ÉRASME.

De ce fait, les rendez-vous ne peuvent être réservés que deux jours par an. «En l'espace d'une heure et demie, tous les rendez-vous pour les six mois à venir sont pris. Cela crée de fortes frustrations, mais nous ne pouvons faire plus», regrette Mme Delbaere.

«Cela coûte très cher»

Celles qui sont acceptées s'engagent dans un processus souvent long, difficile et parfois douloureux. «Une galère, que nous avons heureusement oubliée lorsque Achille est né», témoigne Katell Thepault.

Pour cette sage-femme de 35 ans habitant Saint-Nazaire, «le parcours a duré plus de trois ans avec des dizaines d'allers-retours à Bruxelles pour subir neuf inséminations puis deux fécondations in vitro».

Avec sa compagne, toute la vie personnelle comme professionnelle a tourné autour de ces rendez-vous. «Il était impossible de prévoir le moment où il fallait monter à Bruxelles. Nous n'étions au courant que 48 heures avant. Nous roulions de nuit pendant huit heures, c'était très fatiguant», se rappelle Katell Thepault.

«Cela nous a coûté vraiment cher. Nous avons failli renoncer quand nous avons vu que les inséminations ne fonctionnaient pas et qu'il fallait procéder à une fécondation in vitro», dont le prix est de 3860 dollars, ajoute-t-elle.

Pour Marie, une autre Française ayant donné naissance à un «bébé Thalys», «cela fait mal au coeur de mettre autant d'argent alors que la PMA est remboursée pour les couples hétérosexuels». «Il serait beaucoup moins hypocrite de l'ouvrir aux couples de femmes en France car les politiques savent très bien que nous allons en Belgique ou en Espagne», souligne-t-elle.

À Bruxelles, le docteur Anne Delbaere reconnaît être «étonnée» par le débat en France sur ces questions. «Il me semble qu'il y a une absence de reconnaissance d'une réalité qui existe depuis longtemps», dit-elle. «Ces enfants, ces familles sont là, qu'on le veuille ou non. Pourquoi continuer à le nier?»

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