Brasserie Harricana: à contre-courant

Il n'y a rien de prétentieux, ni grand-chose... (PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE)

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Il n'y a rien de prétentieux, ni grand-chose de laissé à l'improviste dans cette sympathique buvette.

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Une brasserie qui sert des bières artisanales, dont quelques-unes de son cru, ce n'est pas exactement nouveau. Un établissement de ce type qui propose un mélange de classiques et de cuisine familiale dans un bel espace, par contre, ça pique la curiosité.

Pour remplir un décor épuré de chaises de taverne, ne servir que des petits verres de bière de 8 oz et mettre la recette de sauce spaghetti de sa mère au menu quand on n'est pas italien, il faut avoir du front tout le tour de la tête, ou être un peu inconscient. Il n'y a pourtant rien de prétentieux, ni grand-chose de laissé à l'improviste dans cette sympathique buvette.

La propriétaire Marie-Pier Veilleux voulait faire revivre l'atmosphère de la brasserie que ses parents ont tenue à Amos du milieu des années 70 à la fin des années 80. Elle a pris le temps de peaufiner son projet. Les tables et chaises, les globes de lampe et la grosse porte de chambre froide en bois récupérés dans l'établissement original ont trouvé leur place dans ce vaste local dominé par le bois naturel.

La carte, où les oeufs mimosas et les bâtonnets de céleri au fromage bleu voisinent avec les huîtres et le jarret d'agneau braisé, donne l'impression qu'on a amalgamé trois menus en un.

Il y a des incontournables de resto-bar (hamburgers, clubs, steak, salade césar, etc.) auxquels on a ajouté quelques déclinaisons inusitées. Le hamburger de boeuf, avec sa grosse boulette irrégulière cuite sans excès et sa salade de chou pas trop vinaigrée, offre exactement ce qu'on attend de ce classique, avec une huître frite en prime. Quant au hamburger de lotte, garni d'un savoureux morceau de poisson pané bien ferme, c'est une belle découverte. Les frites? Fines, dorées, croustillantes, elles seraient parfaites si l'assaisonnement dont elles sont saupoudrées n'était pas si sucré. Est-ce bien nécessaire?

Il y a aussi de dignes représentants de la cuisine familiale. L'oeuf mimosa tout ce qu'il y a de plus traditionnel arrive sur un nid de poireau frit. La présentation est un peu comique, mais les brindilles de poireau sont agréables à grignoter avec une bière. Et la fameuse sauce spaghetti? Il en existe, vous le savez, autant de recettes que de mères québécoises. Celle-ci, très tomatée et suffisamment relevée, garnie de basilic frais et de copeaux de fromage, se défend très bien. À retenir pour les jours où l'on s'ennuie de son enfance.

Le poulet entier rôti sur canette de bière, un favori des barbecues d'arrière-cour, est une forme de cuisine maison tout à fait à sa place dans un bar. La peau, quoique joliment dorée, n'a pas le croustillant d'un poulet de rôtisserie. Le plat, toutefois, est agréable à partager.

La troisième inspiration du menu est plutôt bistro, avec des propositions comme des huîtres, du foie de veau ou du jarret d'agneau. Les huîtres baignant dans une mignonnette au vinaigre de stout sont tout à fait rafraîchissantes. On aimerait pouvoir les commander à la douzaine ou à la demi-douzaine - le menu ne les affiche qu'en tandem.

L'agneau braisé à la bière est tout ce qu'il y a de plus classique. Le jarret posé sur une purée bien lisse bordée d'une réduction bien dense est absolument fondant. Avec un autre légume que les haricots verts, raides et filamenteux en cette saison, ce serait impeccable.

La section des desserts est brève. Les bourbon balls, sorte de grosses boules denses et sombres garnies de noix, laissent un peu perplexe. Le gâteau Reine-Élisabeth, à la fois moelleux et juste assez texturé, est nettement plus convaincant, d'autant plus qu'on a eu la bonne idée de le servir chaud.

Je ne vous dis pas de traverser les ponts ventre à terre en quête d'une expérience gastronomique. Par contre, s'il vous prend l'envie de goûter de bonnes bières en mangeant une cuisine réjouissante servie par des gens qui savent ce qu'ils font, l'endroit vaut définitivement une visite.

Brasserie Harricana

95, rue Jean-Talon Ouest

Montréal

514 667-0006

www.brasserieharricana.com

> Prix : amuse-gueule entre 3 et 9$, clubs, guedilles et hamburgers de 14 à 18$, plats de résistance 16 à 45$ (poulet entier).

> Carte des vins: Non. Avec une quarantaine de pompes calibrées à température optimale pour chaque bière, on en profite pour découvrir des produits de microbrasseries.

> Service: Accueillant et très professionnel

> Style: Belle brasserie juste assez bruyante où l'on peut tout aussi bien suivre le match de hockey que l'ignorer.

(+) Un superbe choix de bières avec une offre culinaire différente de ce qu'on retrouve dans ce genre d'endroit.

(-) Un menu un peu éparpillé.

On y retourne? Tous les prétextes sont bons.

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