Les coudes sur la table: déception sur airs connus

L'espace, avec ses hauts plafonds, son décor bistro... (PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE)

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L'espace, avec ses hauts plafonds, son décor bistro aux meubles de bois sombre un peu nostalgique, est tristounet.

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À force d'aller au restaurant et d'essayer sans cesse de nouvelles tables, on finit, bien évidemment, par déceler des redondances, des « tendances » qui sont en fait des répétitions sur des airs connus, des réinterprétations plus ou moins ratées d'idées lancées par d'autres.

Ceci n'est pas propre à Montréal. C'est le lot de toutes les villes.

Si vous me dites New York, années 90, je vous répondrai «red snapper» et chardonnay mégaboisé. Paris par les temps qui courent? Vins nature et re-vins nature. Montréal au début du millénaire: du foie gras partout.

Vous voyez le topo.

Quelle joie, donc, quand on tombe sur un restaurant qui n'essaie pas d'être comme tous les autres. Qui fait le choix, par exemple, de ne pas proposer le presque obligatoire plateau de charcuterie ou d'huîtres au menu. Qui n'a pas des ampoules nues en guise d'éclairage. Qui n'est pas extrêmement bruyant.

C'est en me promettant ainsi un repas indépendant d'esprit sans être excentrique, professionnel, que suis partie récemment manger chez Les Coudes sur la table, le restaurant où travaille le chef Cédric Deslandes, rue Sainte-Catherine Est, en face de Télé-Québec.

À notre arrivée, le lieu est pratiquement vide. Il y a trois autres tables, mais rapidement leurs convives se lèvent et nous laissent seuls. L'espace, avec ses hauts plafonds, son décor bistro aux meubles de bois sombre un peu nostalgique, est tristounet. On se demande un peu pourquoi on est là. Les autres convives que j'ai convaincus de m'accompagner d'ailleurs me posent la question: pourquoi sommes-nous venus ici.

Pas pour l'ambiance, c'est clair.

Pour la cuisine?

Arrive d'abord une salade en entrée qu'on confectionne avec des verdures très fraîches, des pacanes un peu caramélisées, des poires, qui disparaissent, malheureusement, sous une abondante vinaigrette à la fois très acide et très sucrée à l'érable.

Le maquereau fumé maison, quant à lui, côtoie des pommes de terre et des betteraves dans un bol en verre, une proposition élégante, un peu nordique qui agence bien les textures. Épatant? Non. Bien. Sans surprise.

Le prix de l'entrée la plus sympathique va plutôt à la soupe à la courge, que l'on propose avec des croûtons de pain d'épice gratinés au Oka. On joue dans des saveurs automnales et un registre de l'Action de grâce réconfortant. La combinaison réchauffe l'âme et l'estomac.

En plat principal, les pétoncles manquent de zeste. Ils ne sont pas trop cuits mais il leur manque cette petite dorure croustillante qui leur aurait donné du panache. Les mollusques sont en outre servis avec une purée de carottes qui alourdit le plat plutôt que de lui apporter une certaine fraîcheur de texture. Pour charpenter le tout, on a plutôt ajouté des grains de maïs soufflé qui perdent rapidement leur croquant.

Les gnocchis sont un des plats les plus satisfaisants. On les sert notamment avec de la carotte, de la sauge et des amandes, ils sont tendres mais juste assez résistants sous la dent. L'espadon, un poisson qu'on trouve de moins en moins, car il est souvent issu d'une pêche écologiquement contestable, est aussi bien présenté, cuit à la perfection, avec des poivrons rouges, des haricots, un plat élégant et savoureux.

Au dessert, nous voilà encore déçus. Le gâteau aux dattes est spongieux mais manque de folie, même si on le sert avec de la glace maison au Bailey et du caramel au beurre salé. On nous a habitués à mieux, ailleurs. Le dessert au chocolat et aux noisettes, préparé avec une ganache chocolatée très sucrée et des langues de chat, manque quant à elle de cette amertume des grands chocolats noirs qui aurait pu lui donner une certaine profondeur.

Le meilleur choix est probablement la tarte au citron déconstruite, savoureuse et remplie de parfum d'agrume, jolie en plus, avec ses morceaux de meringues craquantes et une guimauve rôtie.

Les mignardises arrivent ensuite et résument la soirée. Des tuiles fades et des biscuits à l'avoine qu'on annonce comme super spéciaux mais qui, finalement, ne le sont pas.

Apparemment, le fait que la salle soit vide n'était pas un hasard ni une malchance.

Les Coudes sur la table

2275, rue Sainte-Catherine Est

Montréal

514 521-0036

> Prix: Entrées entre 8$ et 16$, plats entre 22$ et 29$, desserts 8$.

> Carte de vins: Très jolie carte, proposant notamment beaucoup de vins blancs français de petits producteurs et des bouteilles d'origines plus variées du côté des rouges.

> Service: Gentil, efficace.

> Style: Restaurant au décor de bistro de quartier avec hauts plafonds et murs rouge vin, photos en noir et blanc sur les murs, meubles de bois foncé.

> Atmosphère: le lieu était malheureusement pratiquement vide lorsque nous y sommes allés. Un avantage toutefois: on s'entend parler!

(+) Une cuisine honnête.

(-) Rien de spécial qui nous convaincrait de faire le détour pour y aller.

On y retourne? Je ne crois pas.

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