Sumac: le Moyen-Orient à Saint-Henri

Le menu du Sumac est assez classique dans... (Photo David Boily, La Presse)

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Le menu du Sumac est assez classique dans le genre moyen-oriental, penchant libanais.

Photo David Boily, La Presse

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Le sud-ouest de Montréal est résolument en explosion. Le mouvement lancé par le restaurant Joe Beef il y a une dizaine d'années, quand il s'est installé aux abords du marché Atwater, a pris une ampleur incroyable.

Et je ne parle pas de Griffintown, où la qualité des adresses est mitigée j'aime surtout Patrice Pâtissier, Nora Gray et Shinji, mais bien de Saint-Henri, plus à l'ouest, où les troquets se multiplient. Le café microtorréfacteur Saint-Henri n'est plus du tout seul de sa gang. Il y a Ludger, Henri Henri, Foyer, H4C, Grumman78, Tuck Shop et j'en oublie sûrement... Il y a même maintenant un Mamie Clafoutis, presque en face de chez Joe Beef, rue Notre-Dame Ouest.

Cette même rue compte aussi mon plus récent coup de coeur: le Sumac.

Elle n'est ouverte que depuis quelques semaines, mais cette petite adresse a tout ce qu'on veut chez un restaurant de quartier. De la bonne cuisine à coût raisonnable. Un joli lieu tout en bois blond de facture moderne, plus scandinave que moyen-oriental, même si c'est plutôt vers le Levant et le Maghreb que s'oriente la cuisine.

J'ai essayé le Sumac pour la première fois à l'occasion d'une entrevue avec Jean-François Lépine, le journaliste vétéran de Radio-Canada qui a longtemps été correspondant au Moyen-Orient, à Jérusalem, et qui vient de publier ses mémoires. J'en avais entendu parler sur le site eater.com, qui traque les toutes dernières ouvertures à la loupe.

Je m'attendais à quelque chose de plus traditionnel. J'ai été ravie par la luminosité des lieux, l'ouverture. Le sentiment d'espace et d'air.

Sur le menu, j'ai retrouvé un plat que j'adore: la salade cuite, une mixture de poivrons grillés et de tomates, avec une touche d'ail et de piment, qu'on fait mijoter longuement. Les Marocains la préparent sous le nom de tchoutchouka. Juste pour ce plat qui me rappelle mon adolescence, mes premiers contacts avec la cuisine parfumée du sud de la Méditerranée, j'y retournerai.

Le menu du Sumac est assez classique dans le genre moyen-oriental, penchant libanais. Il y a une assiette de shawarma, des falafels, du houmous, de la salade d'aubergines frites, de la muhammara et autres labnés. On commande un sandwich pita, un peu de viande, des salades.

Mes coups de coeur, à part la salade cuite?

- Le shawarma de poulet en lanières, qui est épicé avec de la cannelle et du curcuma, un peu sucré. On pense aux volailles qui farcissent les pastillas, tendres et douces, à peine relevées, fondantes.

- Les carottes au cumin, avec des raisins et du persil, servies bien croquantes, simplement parfumées par le cumin et à peine sucrées par la douceur des fruits secs.

- La salade de chou aux graines de carvi, qui surprennent d'abord, mais ravissent ensuite. On aime se balader vers le goût inusité de cette épice trop souvent oubliée, reléguée aux pains de seigle est-européens.

Le menu compte plusieurs options qui feront plaisir aux végétariens, comme cette assiette comprenant les salades que l'on préfère choisissez les carottes et la salade cuite! et un oeuf mollet, accompagnés d'aubergines frites et de concombre mariné. Les textures se complètent, les saveurs se répondent. Le moelleux riche de l'oeuf, l'acidité de la crudité...

Et surtout n'oublions pas que pour accompagner tout cela, il y a abondance de houmous maison onctueux et juste assez aillé et salé et du pain pita également maison parfaitement frais, qui rebondit à peine comme un parfait coussin sous le baba ganousch, lui sert d'écrin, de faire-valoir.

Pour le dessert, la liste est encore courte: un brownie au Nutella, accompagné de chantilly à la cannelle et de halva, dessert à base de tahini, donc de pâte de sésame, réduit en poussière.

On aurait aimé goûter davantage aux notes de noisettes du Nutella, mais la combinaison chocolat, crème et halva fonctionne surtout parce que l'évanescence de la crème fouettée allège la densité de la pâte de sésame séchée, lui fait contraste, tandis que le chocolat agit un peu comme la basse du trio...

Ce petit restaurant propose un regard résolument moderne sur la cuisine de toute une région et ne se gêne pas pour ratisser large. Tant mieux. L'exercice est réussi. Surtout que les prix sont très raisonnables. Et le tout s'améliorera sûrement, si on lui laisse un peu de temps. À suivre.

Sumac

3618, rue Notre-Dame Ouest

Montréal

514 935-1444

www.sumacrestaurant.com

> Prix: Les salades commencent à 4$ et les assiettes les plus costaudes sont à 14$.

> Carte des vins: Quelques crus corrects, quelques bières. Court.

> Service: Attentif, souriant et courtois. On commande au comptoir. On nous sert à table.

> Style: Restaurant moderne de cuisine moyen-orientale.

> Ambiance: Petit restaurant de quartier rempli de gens dans la vingtaine ou la trentaine qui travaillent ou habitent dans les environs, où l'on s'arrête pour manger sur le pouce ou pour prendre un peu plus de temps. On n'y traîne pas pendant de longues soirées, mais on n'est pas non plus dans un resto de cuisine rapide.

> Décor: Du bois, du bois, beaucoup de bois. Un menu sur le mur.

(+) Les prix raisonnables et les parfums du Sud.

(-) Pourquoi ne sert-on pas du café moyen-oriental ? Et la carte des desserts un peu courte.

On y retourne? Oui!

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