Brasserie Bernard: une bonne table de quartier

Il devait faire moins mille ce jour-là. Un soleil radieux. Une faim de loup.... (Photo Bernard Brault, La Presse)

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Photo Bernard Brault, La Presse

Il devait faire moins mille ce jour-là. Un soleil radieux. Une faim de loup. Une envie de manger quelque chose de réconfortant, simple, bien fait.

J'aurais pu prendre le chemin d'un restaurant japonais maîtrisant le ramen ou d'un italien pour un plat de papardelle au ragù. J'ai plutôt cogné à la porte de la brasserie Bernard qui propose des classiques doudou de brasserie d'inspiration française.

C'est ainsi que je me suis retrouvée devant une assiette de bavette de veau très rosée sur une embeurrée de chou, avec quelques morceaux de betteraves, qui m'a enchantée.

Ai-je été étonnée? Oui.

Parce que la rue Bernard a beau être très fréquentée et cossue, elle a connu tellement de restaurants à la mode très ordinaires - en commençant par les deux qui ont précédé la brasserie Bernard dans ce local à l'angle de la rue Champagneur: le Murphy et La Moulerie - que je n'y croyais plus.

La nouvelle brasserie est un projet des frères Maurice, Paul et Richard Holder qui sont déjà tous dans la restauration, avec notamment la brasserie Holder, lieu populaire de l'avenue McGill aménagé par feu l'architecte Luc Laporte. La brasserie Bernard renoue avec l'architecture de qualité, tout en noir et en jaune beurre inspirée des brasseries parisiennes classiques, un style qui n'épatera pas les amateurs de modernisme mais qui exprime avec élégance comment on a décidé de prendre soin de ce nouvel établissement.

Au menu, les incontournables de ce type de bistro s'imposent. Tartares, steak frites, moules, foie de veau... Chaque midi, un menu du jour propose un repas pour une vingtaine de dollars. C'est ainsi que pour le lunch, je suis tombée un jour sur une entrée de salade de quinoa à l'huile de sésame et edamame simple mais sans faux pas et cette bavette de veau dont je vous ai parlé plus tôt, parfaitement cuite. Un bon rapport qualité-prix.

Après deux visites, où je crois avoir été reconnue - ce qui n'a pas empêché le service d'être un peu lent, lors de mon passage du soir - , voici les plats que j'ai préférés. D'abord, le potage aux champignons, une riche crème que l'on sert avec de l'effiloché de canard. Mise à part l'huile de truffes qu'on utilise encore un peu trop - dans la soupe justement, et dans la salade de roquette qui accompagne le confit de canard - , ce plat est exactement comme on le veut, pas surprenant, mais réconfortant et savoureux.

J'ai aussi beaucoup aimé la salade de poulpe en entrée, servie dans une composition de haricots blancs, feta, olives, mini-croûtons, persil... Un ensemble qui fait penser à la Méditerranée grâce à cette combinaison classique bien dosée, puisque le fruit de mer est particulièrement tendre. Beaucoup de bons points aussi pour l'entrée d'endives, servie avec morceaux de poires pochées, raisins frais et crème de bleu. Jolis contrastes entre la fraîcheur des fruits, de la verdure et l'onctuosité salée de la crème fromagère.

La salade romaine d'inspiration César, avec lardons, anchois et parmesan, aurait pu être tout aussi impeccable, si l'oeuf poché avait été un peu plus chaud.

En plat, le tartare de boeuf est un peu décevant, bien pimenté mais avec une note sucrée détonnante. On a préféré la bavette classique.

En revanche, le confit de canard se laisse manger tout seul, à la fourchette. L'assiette d'omble de l'Arctique est aussi fort intéressante: poisson pas trop cuit, encore très moelleux, nid de lentilles, sauce vierge, olives, tomates, pousses de fenouil.

Seul bémol: ce caviar espagnol mollet qu'on ajoute au plat. Comme pour l'huile de truffes: pourquoi? Un détail de trop.

Côté dessert, c'est un peu moins heureux. Les profiteroles classiques arrivent à table avec des choux un peu durs tandis que le fondant est bien cuit, bien crémeux et coulant, mais préparé avec du chocolat un peu ennuyant, sans profondeur de saveurs. Le pudding chocolat-bananes? Lourdaud. Et qu'était l'agent épaississant de la crème caramel? Fécule ou farine? Peu importe. Ce n'est pas pour ce plat-là qu'on y retournera, mais pour tous les autres.

Brasserie Bernard

1249, avenue Bernard

Outremont, Montréal

514-508-5519

> Prix: Le midi, la table d'hôte est à 19 $. Le soir, les entrées salades sont à 12 $, le poulpe à 16 $, les tartares à 22 $, le canard confit à 20 $ et l'omble à 24 $. Desserts entre 8,75 $ et 10 $.

> Carte de vins: Carte soignée, variée, avec des classiques et des trouvailles, de France et d'ailleurs.

> Service: Sympathique mais quelques lenteurs, peut-être parce que le restaurant, ouvert en octobre, est encore un peu en rodage.

> Atmosphère: Vivante, bruyante - dans les 90 décibels un mercredi soir - , un vrai restaurant de quartier où l'on se retrouve entre amis, en famille, en tête à tête, sans facétie.

(+) Un décor de qualité, une cuisine de qualité.

(-) Quelques petites béquilles pas nécessaires en cuisine et un service à peaufiner.

On y retourne? Oui.




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