John Fluevog: l'art de laisser sa trace

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Le designer de chaussures canadien John Fluevog était de passage à Montréal pour l'ouverture officielle de sa deuxième boutique en sol montréalais.

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Plus de 45 ans après s'être lancé en affaires, le Vancouvérois John Fluevog non seulement survit, mais est aussi aujourd'hui à la tête d'une entreprise florissante, dans un contexte où le commerce de détail est plutôt moribond. La Presse a rencontré le créateur des chaussures flamboyantes et originales qui portent son nom alors qu'il était de passage à Montréal pour l'ouverture de sa deuxième boutique en ville, dans le Vieux-Montréal.

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La boutique, campée rue Saint-Paul, a ouvert discrètement il y a deux mois. C'est la dixième sur le sol canadien pour l'entreprise, qui vient tout juste de fonder une première boutique à Edmonton et qui ouvrira son 11e commerce au Canada cet été à Victoria, pour un total de 23 boutiques en Amérique du Nord. Pourquoi une deuxième boutique dans la métropole? «Nous avions ouvert rue Saint-Denis il y a 11 ans maintenant, alors nous pensions que c'était une bonne idée d'avoir une seconde boutique dans un autre quartier. Alors que le commerce de détail ne va pas très bien, on continue de grandir!», remarque M. Fluevog.

Fox and Fluevog

C'était le nom de la première boutique ouverte en 1970 à Vancouver, dans le quartier de Gastown, par John Fluevog et son associé de l'époque, Peter Fox. L'entreprise offrait plusieurs marques de chaussures et des créations maison, un partenariat qui a duré 10 ans. À l'époque, c'était plutôt Fox qui créait les chaussures; c'est vers le milieu des années 80 que Fluevog a commencé à dessiner ses propres pompes, au look décidément original et unique, qui lui ont valu un beau succès et lui ont permis d'ouvrir des boutiques dans plusieurs grandes villes aux États-Unis et au Canada.

Un voyage intérieur

Comme se plaît à l'imager Fluevog, ce n'est pas lui qui a choisi la chaussure, mais «la chaussure qui l'a trouvé». «Je ne suis pas allé à l'université, je n'ai pas étudié les arts... En fait, je ne savais même pas que j'avais un talent pour le design ou que mes idées avaient un quelconque intérêt jusqu'à ce que je réalise que les gens répondaient positivement à mes créations. De plusieurs façons, mon entreprise, c'est aussi l'histoire d'un homme qui apprend à se connaître, d'un voyage intérieur.»

La nouvelle boutique est campée sur la rue... (PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE) - image 2.0

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La nouvelle boutique est campée sur la rue Saint-Paul, en plein coeur du Vieux-Montréal.

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Culture grunge

Le nom de Fluevog est fortement associé aux années grunge, alors que ses bottes Angel font un tabac et deviennent le complément parfait des jeans déchirés et des chemises à carreaux. Rappelant légèrement les Doc Martens - Fluevog a d'ailleurs été le premier à importer les populaires bottes en Amérique dans les années 80 -, les bottes sont aussi connues pour leurs semelles «Angels», réputées très confortables, où on peut lire: «Resists alkali, water, acid, fatigue and Satan».

Madonna, Lady Gaga et les autres

À partir des années 90, le nom de Fluevog est propulsé par les nombreuses vedettes qui s'entichent de ses créations. En 1990, Lady Miss Keir porte une paire de Munsters sur la pochette du premier album de Dee-lite et, un an plus tard, Madonna chausse les mêmes plateformes dans son film Truth or Dare. Aujourd'hui, des célébrités comme Beyoncé et Lady Gaga ont été vues avec des Fluevog aux pieds, alors que Jack White voue une affection particulière à ses bottes blanches The Jack.

Fièrement indépendant

Il est rare de voir des entreprises «à petite échelle» comme celles de John Fluevog perdurer sur le marché sans être avalées par une multinationale ou un conglomérat. Le créateur est fier de ses boutiques et de son indépendance. Son secret pour survivre aux récessions et aux mouvements de mode ? D'abord, écouter sa voix créatrice, le créateur avouant être vite ennuyé lorsqu'il essaie de suivre les tendances. Puis, ne pas avoir peur du changement. «J'imagine qu'il faut avoir l'audace de changer, d'évoluer, à l'image de ma clientèle qui, elle aussi, s'est modifiée au fil du temps.»

Un esprit vert

Au fil des années, Fluevog et son équipe ont mis de l'avant plusieurs initiatives vertes. Ses semelles Angel, utilisées dans tous les modèles de la famille 7th Heaven, sont 100 % biodégradables et conçues à partir d'un latex végétal. L'entreprise utilise aussi, lorsque c'est possible, du cuir tanné végétal, une méthode de tannage plus écologique que celle ayant cours dans l'industrie, qui utilise des chromates et des métaux lourds. L'homme d'affaires a également lancé en 2011 le Fluemarket, où les gens peuvent mettre en vente, acheter ou échanger des modèles usagés de Fluevog.

Chaussures nomades

Chaque saison, Fluevog - qui crée ses modèles avec l'aide d'une équipe de designers à Vancouver - aime donner un thème à sa collection. Pour l'été, il a travaillé autour de l'idée du «mystic traveller». «Mon inspiration est cette personne spirituelle, un nomade qui voyage à travers le monde et qui n'a pas beaucoup de possessions matérielles - mais celles qu'il a sont de haute qualité. Un citoyen du monde, plutôt que d'un pays en particulier.»

180, rue Saint-Paul Ouest




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