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Le styliste des stars transforme le handicap en accessoire de mode

Lady Gaga... (Photo Kevin Mazur/WireImage)

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Lady Gaga

Photo Kevin Mazur/WireImage

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Ella Ide
Agence France-Presse
Rome

Créateur de tenues extravagantes pour Lady Gaga et Beyoncé, Antonio Urzi, styliste historique d'Armani, révolutionne la semaine de la mode de Milan en présentant une collection haute couture pour handicapés.

Jennifer Lopez, Rihanna et Britney Spears ont toutes porté ses chefs-d'oeuvre, mais la coqueluche d'Antonio Urzi est aujourd'hui le charmant Jack Eyers, premier mannequin amputé, véritable star à Milan d'un défilé radicalement différent.

«Ma vie a totalement changé, j'ai l'impression d'avoir fait un tour complet sur les montagnes russes» confie le jeune mannequin qui a choisi, à 16 ans, d'être amputé de sa jambe droite dont la croissance était entravée par une malformation congénitale.

Cet entraîneur sportif de 25 ans devenu mannequin a grimpé les marches menant aux podiums de l'industrie de la mode pour la deuxième année consécutive et défilé, non sans fierté, à Milan portant un costume argenté taillé comme une armure.

«Le vêtement fusionne véritablement avec la jambe» souligne le mannequin unijambiste en dévoilant la prothèse que le styliste Antonio Urzi a habilement incorporée dans le vêtement décalé de style gladiateur.

Quand le handicap devient accessoire

«Il utilise ma jambe et mon handicap comme un accessoire qui fait partie intégrante de ses créations de mode. C'est génial», relève Jack Eyers avec un sourire.

Le parcours d'Antonio Urzi, spécialiste de l'utilisation de matériaux rigides comme l'aluminium et le plexiglas, est pour le moins éclectique. Le styliste n'a pas fait d'école de la mode, mais il a affûté son art sur le terrain dans les boîtes de nuit, où il travaillait comme danseur et créait lui même ses tenues à effets spéciaux.

Cette année, pour la première fois, il s'est aventuré dans l'expérience de la mode pour handicapés, créant gratuitement une collection visant à attirer l'attention sur une carence dans le monde de la mode.

«Les gros joueurs, les maisons importantes devraient commencer à penser différemment et à apporter leur contribution, parce que le monde est plein de personnes handicapées qui voudraient juste nous ressembler» estime Antonio Urzi, fustigeant une industrie «snob» et «sordide».

«Si une personne a perdu son bras ou sa jambe, cela peut faire la différence sur un plan artistique, je peux toujours en faire une sculpture» relève le styliste avant de se précipiter dans les coulisses du défilé «Statique Dynamique», où les mannequins enfilent des combinaisons futuristes.

FTL Moda, collectif de designers «Made in Italy» a présenté «Loving You» dimanche à Milan, après une étape à la semaine de la mode de New York, où elle avait fait une sortie remarquée avec la Fondazione Vertical, association italienne de recherche qui encourage la recherche pour les lésions de la moelle épinière.

«Nous sommes prêts pour ça», estime la présidente de FTL Moda, Ilaria Nicolini.

«Cette présentation a pour objectif de montrer au monde entier que les capitales les plus prestigieuses de la mode s'ouvrent au handicap», a-t-elle confié à l'AFP.

«Nos maisons les plus prestigieuses cherchent vraiment à trouver un nouveau style pour les podiums. Nous avons déjà vu tant de choses dans la mode, parfois on cherche le tapage, le scandale, la confrontation... alors qu'il suffirait parfois de regarder autour de soi» pour y trouver la diversité.

Sur tous les podiums du monde

Persuader les couturiers de faire défiler des mannequins handicapés n'est pas facile, admet Jack Eyers.

«Beaucoup nous disent qu'ils ont peur de nous faire défiler parce qu'ils ne veulent pas choquer le public», confie le mannequin.

«Ils ont peur, ils ne savent pas comment nous utiliser, comment leurs vêtements pourraient aller à un mannequin en fauteuil roulant ou amputé. Ils ne veulent pas non plus que le mannequin vole la vedette aux vêtements», explique-t-il.

Depuis son apparition au cours de la cérémonie d'ouverture des Jeux paralympiques de Londres en 2012, puis dans de nombreuses campagnes de publicité, Jack Eyers dit avoir dépassé le manque de confiance en lui dont il souffrait enfant et reste persuadé que la mode pourrait avoir le même effet pour d'autres que lui.

«Quand tu as l'impression d'être beau, alors tu te sens bien. Intégrer plus d'handicapés dans la mode ferait du bien au moral» dit-il.

«Les marques, les acteurs, les artistes en général sont en train d'adopter ce concept et j'espère que cela deviendra la normalité, dans, disons, deux ans», jure Ilaria Niccolini.

D'ici là, vous verrez des mannequins handicapés inclus dans les défilés «sur tous les podiums du monde», ajoute-t-elle.

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