WWE: une ascension fracassante pour le lutteur québécois Kevin Owens

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Le lutteur québécois Kevin Steen

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Jean-François Tremblay
La Presse Canadienne

C'est une ascension fulgurante que connaît le Québécois Kevin Owens (Kevin Steen) à la WWE, ces derniers temps.

Après avoir signé un contrat avec le circuit de développement NXT en août dernier, le lutteur francophone de Marieville, en Montérégie, a fait ses débuts avec NXT en décembre, pour ensuite en devenir le champion deux mois plus tard.

Le Centre de performance de la WWE, où s'entraînent les espoirs de NXT, a été inauguré en août 2013.

Il est situé à Orlando, où Owens s'est lui-même établi avec sa femme Karina et leurs deux enfants : Owen, 7 ans, ainsi qu'Élodie, 1 an.

Le centre comprend notamment sept rings, une salle d'entraînement, une salle de physiothérapie, une pièce où travailler sur l'aspect verbal du métier et une cuisine.

«C'est assez incroyable. C'est vraiment une place où toutes les ressources possibles pour s'améliorer sont à notre portée, a confié Owens en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne, jeudi.

«Les entraîneurs sont très motivés à nous aider. Robbie Brookside a lutté en Angleterre, Norman Smiley a passé beaucoup de temps au Mexique et avec WCW, Billy Gunn a longtemps été lutté à la WWE. Matt Bloom a évolué dans la WWE et au Japon, tandis que Terry Taylor a vécu l'époque des territoires aux États-Unis. La gamme d'expérience est très vaste.

«Il faut aussi parler de Dusty Rhodes, ajoute Owens. Il appelle sa classe "Communication Skills". Avoir accès à une légende comme ça, probablement l'un des meilleurs de l'histoire au micro, c'est vraiment cool. J'ai une relation avec lui que je n'ai pas nécessairement avec les autres. Je pense qu'il a vu quelque chose en moi et il m'a pris sous son aile, et c'est quelque chose que j'apprécie beaucoup.»

Tout récemment, le 18 mai, l'athlète de 31 ans a fait ses débuts avec grand panache à l'émission phare de la WWE, Raw, où on l'a tout de suite inséré dans un programme avec le visage du circuit depuis 10 ans, John Cena.

Owens a interrompu le défi à tous de Cena, détenteur du titre américain, a brillamment tenu son bout au micro et, après une sournoiserie, lui a infligé une retentissante «powerbomb». Ajoutant l'insulte à l'injure, il a écrasé le titre de Cena et a tenu bien haut sa propre ceinture de NXT.

Le manège s'est répété à peu de choses près lundi dernier et ce dimanche, le malfrat qu'il incarne va affronter le valeureux Cena dans le gala «Elimination Chamber», à Corpus Christi, au Texas.

Owens a eu la piqûre de la lutte à 11 ans en voyant le combat de Shawn Michaels contre Diesel à WrestleMania 11, que son père avait loué en VHS.

«À 11 ans j'étais assez petit et mince pour mon âge, et quand j'ai vu les habiletés athlétique de Shawn Michaels et ses qualités de showman, je me suis dit que si je m'appliquais et que je travaillais assez fort, ça serait possible pour moi aussi.»

Après un mois à s'entraîner avec Serge Jodoin, Owens s'est joint à l'école de lutte de Jacques Rougeau à 15 ans. Il a livré son premier combat en 2000, à 16 ans, puis il est resté avec le groupe de Rougeau jusqu'en 2003.

Owens a ensuite lutté un peu partout, notamment avec la fédération québécoise IWS. Il a d'ailleurs de bons mots pour les circuits indépendants de la Belle Province.

«Il y a des compagnies indépendantes qui impressionnent au Québec, entre autres NSPW à Québec. J'ai lutté pour eux à leurs débuts et ils attiraient peut-être entre 75 et 100 personnes à chaque show, et maintenant ils ont des galas tous les mois avec au moins 500 spectateurs.

«Je suis bon ami avec l'organisateur, mais c'est aussi que ça donne un bonne plate-forme pour les lutteurs québécois. Ils ont leur auditoire qui revient à chaque mois et c'est vraiment beau à voir. Ils ont bûché et je suis vraiment fier d'eux. Et c'est sûr que j'ai aussi un petit faible pour la IWS, à Montréal.»

Sont ensuite venues les années dans les circuits mineurs américains, incluant Ring of Honor.

«Combat Zone et Jersey All-Pro m'ont donné ma première chance aux États-Unis, a dit Owens. Ensuite, le responsable de Pro Wrestling Guerilla m'a vu et m'a offert de participer à un gala à Los Angeles. C'est vraiment avec eux que j'ai commencé à me faire un nom. J'ai été là presque 10 ans et j'en ai beaucoup de bons souvenirs.»

Depuis son arrivée dans les grandes ligues, le Québécois dit apprécier la nature collaborative de sa présentation.

«En arrivant à NXT, je ne savais pas trop à quoi m'attendre, a dit Owens. On recommence à zéro mais Triple H, dont NXT est un peu le bébé, il est très ouvert d'esprit. Il m'a fait écouter ma musique d'entrée quelques semaines avant ma première présence et j'ai aussi pu parler au compositeur, lui faire des suggestions pour que ça me rejoigne plus. C'est un travail d'équipe et c'est le fun de voir ça. Je m'attendais à ce qu'ils soient plus intransigeants, mais ce n'était pas le cas.»

La WWE a lancé en février 2014 sa propre chaîne de télévision, le WWE Network. Il est offert à grande échelle au Québec depuis février 2015.

En mars, WrestleMania 31 a attiré 76 976 personnes au domicile des 49ers de San Francisco. Ce n'était que la cinquième plus grosse foule dans l'histoire de l'événement annuel.

Depuis 2007, le prestigieux gala est présenté dans des stades de football, avec toujours au-delà de 71 000 personnes comme public.

WresteMania 32 va se dérouler au stade des Cowboys de Dallas, où on devrait s'attendre à accueillir plus de 100 000 fervents de lutte.

«Je trouve ça dommage qu'il n'y a pas de lutte en francais à la télé au Québec, a dit Owens. Par contre, on ne sait jamais quand ça pourrait revenir. La WWE a une popularité mondiale. Aux amateurs qui sont là depuis le début, je dis merci, continuez de nous appuyer. Quant à moi, je vais faire ma part pour continuer d'ouvrir des yeux. À mon avis, la lutte en français à la télé, ce n'est pas fini pour toujours.»

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