Pascal-Bolonti: le combat est un non-lieu

Jean Pascal a tenté de défendre sa cause... (Photo Bernard Brault, archives La Presse)

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Jean Pascal a tenté de défendre sa cause auprès de l'arbitre après avoir envoyé Roberto Bolonti au tapis alors que l'officiel avait demandé aux deux combattants de se séparer.

Photo Bernard Brault, archives La Presse

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(MONTRÉAL) Coup de théâtre au Centre Bell, samedi soir. Le combat entre Jean Pascal et Roberto Bolonti s'est terminé sans décision après qu'un incident aussi inusité qu'inattendu eut envoyé le boxeur argentin à l'hôpital.

«C'est une finale à la hauteur de toutes les embûches que nous avons rencontrées en organisant ce gala, a indiqué le président d'InterBox, Jean Bédard, après le combat. Ce n'est pas le résultat qu'on souhaitait, mais c'est ça, la boxe.»

Tout s'est joué à 2 min 22 s du deuxième round de cet affrontement qui devait en durer dix. Alors que les deux hommes étaient en pleine empoignade, l'arbitre Michael Griffin leur a demandé de se séparer. Mais voilà, les combattants se sont échangé des coups après que la consigne eut été donnée.

Bolonti (35-3, 24 K.-O.) s'est aussitôt effondré au tapis et est demeuré étendu de longues, très longues minutes, incapable de bouger. Ses entraîneurs, les médecins et des ambulanciers se sont aussitôt rués vers lui pour lui administrer de l'oxygène et l'installer sur une civière.

Si certains mettaient en doute la réalité de son état - notamment Roy Jones, l'un des entraîneurs de Pascal, qui a qualifié la chute de Bolonti de «dégoûtante» -, quelques murmures témoignaient d'une inquiétude sincère sur l'état du boxeur argentin.

Pendant ce temps, Pascal (29-2-1, 17 K.-O.) attendait dans son coin, tout aussi incrédule que le public présent.

La confusion la plus totale régnait alors dans l'enceinte. Les huées se multipliaient dans les gradins, pendant qu'on mettait un temps fou à confirmer la décision.

Lorsque le verdict est finalement tombé, quelques amateurs de Pascal lui ont servi des applaudissements, croyant qu'on aurait malgré tout dû lui accorder la victoire.

Le responsable des sports de combat pour la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ), Michel Hamelin, a fait savoir qu'étant donné que l'officiel avait jugé que les deux boxeurs étaient en faute, il n'y avait pas lieu de disqualifier Pascal. Il a aussi précisé qu'il était d'accord avec la décision de l'arbitre et que celle-ci était sans appel.

«Un malheureux incident»

Après le combat, Pascal a expliqué aux médias que Bolonti, qui a été transporté à l'hôpital au terme de tout cet imbroglio, l'avait frappé à l'oreille durant l'empoignade et que, par conséquent, il n'avait pas entendu les directives de l'arbitre.

«C'est un malheureux incident, a déploré celui qui en était à son premier combat en près d'un an. C'est dommage parce que je me sentais bien. Je voulais donner un bon spectacle. [...] Quand l'arbitre nous a demandé de nous séparer, je ne l'ai pas entendu. J'ai vu une ouverture et j'ai frappé [Bolonti].»

Sans vouloir dire s'il croyait ou non que Bolonti jouait la comédie, Pascal a tenu à préciser qu'il n'est pas un boxeur «cochon».

«[Que Bolonti doive] partir en ambulance avec un coup de poing aussi ordinaire, ça me surprend un peu», a-t-il toutefois ajouté.

Et Kovalev dans tout ça?

Cette tournure des événements pour le moins imprévue ne vient cependant pas compromettre la tenue du combat entre Pascal et Sergey Kovalev, qui aura lieu le 14 mars au Québec.

La promotrice de Kovalev, Kathy Duva, assistait à la soirée et a confirmé à Jean Bédard que les circonstances ne changeaient rien à ses yeux.

«C'est clair pour nous qu'on va dans cette direction, a-t-il dit. [...] Pour moi, c'est un bête incident. Jean Pascal n'est pas reconnu pour faire des cheap shots

«Le point positif dans tout ça, c'est que je suis en santé, que je ne suis pas blessé et que Kovalev n'a pas eu le temps de m'étudier», a badiné Pascal.

Avant que Bolonti et Pascal ne montent sur le ring...

Voici le résumé des combats présentés samedi soir en sous-carte de l'affrontement entre Roberto Bolonti et Jean Pascal.

Un titre pour Hyppolite

Schiller Hyppolite (14-1, 10 K.-O.) s'est emparé du titre WBC International Silver des mi-lourds, jusque-là vacant, en l'emportant contre le Hongrois Norbert Nemesapati (15-2 14 K.-O.) par arrêt de l'arbitre au onzième round. Au cours d'un combat qui a parfois eu les allures d'une guerre de tranchées, Hyppolite, un Montréalais de 28 ans, s'est notamment illustré au troisième round lorsqu'il a expédié Nemesapati au tapis avec un foudroyant crochet droit. Celui-ci est demeuré ébranlé pendant le reste de l'affrontement.

Théroux donne raison à InterBox

David Théroux (5-0, 3 K.-O.), qui vient tout juste de signer un contrat de trois ans avec InterBox, a donné raison à ses nouveaux patrons en signant un gain convaincant par décision unanime des juges (60-52) contre le Polonais Maurycy Gojko (22-45-3, 8 K.-O.). Le boxeur de Sorel-Tracy a envoyé son rival au tapis à deux reprises au premier round. Celui-ci a plaidé qu'il avait glissé, mais l'arbitre n'était pas de cet avis. Gojko, malgré une 45e défaite, a quand même eu le mérite de résister jusqu'à la limite de ce combat de six rounds.

Le poulain de Pascal l'emporte

L'Américain Joel Diaz fils (18-0, 14 K.-O.) a fermé le livre d'un combat ennuyant au possible en passant le knock-out au Mexicain Pedro Navarrete (28-20-3, 17 K.-O.) à la toute fin du quatrième round. Diaz, un protégé de Jean Pascal Promotions, a servi un solide crochet gauche au corps à son adversaire, qui s'est aussitôt écroulé de tout son long. Ce fut là le seul moment digne de mention de ce duel qui ne passera certainement pas à l'histoire.

Butler poursuit son ascension

Le jeune espoir québécois chez les super-mi-moyens, Steven Butler (9-0, 8 K.-O.), a dû trimer un peu plus que prévu, mais il est tout de même venu à bout de son adversaire, le Français Lyes Chaibi (12-8-2, 2 K.-O.), par arrêt de l'arbitre au cinquième round. Arrêt qui est venu un peu rapidement, d'ailleurs. Butler, 19 ans, a bien failli envoyer son rival au tapis à la toute fin du premier round, mais la cloche est venue mettre fin à l'engagement avant qu'il ne puisse terminer le travail.

Facile pour Ulysse

Chez les mi-moyens, Junior Ulysse (5-0, 3 K.-O.) n'a eu aucune difficulté à conserver sa fiche parfaite, alors qu'il a vaincu le Polonais Lukasz Janik (12-8-1, 6 K.-O.) par décision unanime des juges (80-72 partout). Ulysse a complètement dominé son adversaire du début à la fin grâce à sa vitesse et à sa force de frappe. Le duel aurait d'ailleurs pu se terminer beaucoup plus tôt si Janik ne s'était pas montré aussi endurant. Il aurait aussi aidé sa cause s'il avait décoché un peu plus de coups...

Vieira se blesse, Dinu l'emporte

Dans le premier combat de la soirée, un affrontement dans la catégorie des poids lourds, le Montréalais d'origine roumaine Bogdan Dinu (12-0, 8 K.-O.) a triomphé du Français Mickaël Vieira (14-5, 7 K.-O.) par knock-out à 2 min 49 s du premier round. Vieira s'est blessé au bras droit en lançant une attaque à son adversaire. En proie à une vive douleur, il a tenté tant bien que mal de poursuivre le combat, mais il a fini par déposer un genou au sol et par s'avouer vaincu quelques instants plus tard.

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