Dierry Jean veut sortir de l'ombre

Dierry Jean va livrer son premier combat de... (Photo Étienne Ranger, archives Le Droit)

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Dierry Jean va livrer son premier combat de championnat du monde, samedi, contre l'Américain Lamont Peterson.

Photo Étienne Ranger, archives Le Droit

Dierry Jean est un boxeur de l'ombre. Depuis ses débuts professionnels en 2006, il évolue dans celle de Joachim Alcine, de Lucian Bute, de Jean Pascal et de tant d'autres.

Mais samedi à Washington, le boxeur de Villeray pourrait enfin en sortir. Les projecteurs seront braqués sur lui parce qu'il va livrer son premier combat de championnat du monde, contre l'Américain Lamont Peterson (31-2-1, 16 K.-O.)

S'il remporte le combat, Jean va rentrer à Montréal avec le titre de champion du monde IBF des poids super-légers (140 livres). Il deviendra le deuxième champion du monde en ville avec Adonis Stevenson. Il pourra, surtout, clouer le bec de ses détracteurs.

«Dierry a eu un long chemin. Il n'a pas eu la chance d'être sous les projecteurs à Montréal, rappelle son promoteur, Camille Estephan. Mais tout ça pourrait changer. Les enjeux sont importants.»

Dierry Jean (25-0, 17 K.-O.), qui a grandi dans le quartier Saint-Michel, vit en quelque sorte sa seconde chance. Recruté dès ses débuts par le Groupe Yvon Michel, il en a été remercié en 2012 après une vingtaine de combats.

À l'époque, le promoteur Yvon Michel expliquait que le boxeur n'était «tout simplement pas vendeur».

Il a été recruté par Estephan, qui lançait à cette époque son entreprise Eye of the Tiger Management. Il s'agissait d'un recul. Dierry Jean était habitué de se battre au Centre Bell. Il a livré ses deux combats suivants dans un hôtel de l'ouest de l'île.

N'empêche. Ses efforts ont porté leurs fruits. Ceux d'Estephan aussi, et samedi, le promoteur pourrait enfin en récolter les bénéfices. «Je ne cacherai pas que c'est énorme pour mon entreprise. Nos boxeurs sont des gars de caractère, dit-il. Si Dierry devient champion du monde samedi, il ne l'aura pas fait dans le confort de sa maison. Il sera allé prendre le titre de son adversaire dans sa cour.»

Estephan s'occupe de la carrière d'un autre boxeur originaire de Montréal, le poids lourd Bermane Stiverne. Celui-ci doit se battre pour un combat de championnat du monde d'ici trois mois contre l'Américain Chris Arreola. Le prestigieux titre WBC sera en jeu.

Ce sera une autre occasion pour la petite entreprise de Camille Estephan de grandir. Mais tout pourrait commencer samedi à Washington contre Peterson. Le champion IBF est battable; il revient d'une défaite par K.-O. contre le cogneur Lucas Matthysse.

«Je ne pense pas que ce soit un combat 50/50, dit  Estephan. Je crois plus que c'est 70/30 en notre faveur.»

Des experts américains consultés par le magazine The Ring voient les choses différemment: 12 sur 18 prédisent une victoire du champion.

Dierry Jean ne devrait pas s'en faire. Il s'entraîne dans un gymnase du centre-ville de Montréal au nom prédestiné: l'Underdog. Pour lui, faire mentir ses détracteurs devient une habitude. Le boxeur de l'ombre pourrait bien causer une surprise de plus.




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