Du trèfle dans la pelouse

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« On oublie souvent que le gazon doit se nourrir lui aussi, sinon il végète et se dégarnit », insiste l'agronome-conseil Claude Gélinas.

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Pierre Gingras

Si le gazon n'était qu'une seule plante, elle serait la plus populaire en Amérique du Nord. En réalité, la pelouse est une mini forêt horizontale de différentes graminées. Mais encore faut-il satisfaire leurs besoins pour combler nos exigences.

Une pelouse qui a la perfection d'un vert... (Photo Bernard Brault, archives La Presse) - image 1.0

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Une pelouse qui a la perfection d'un vert de golf est un objectif utopique. Les verts exigent un entretien de tous les instants et doivent parfois être protégés durant l'hiver en raison de leur fragilité.

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Le trèfle blanc permet aussi d'ajouter de l'azote... (Photo Wikimédia Commons) - image 1.1

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Le trèfle blanc permet aussi d'ajouter de l'azote au sol grâce aux nodules produits par les racines de la plante. Ce que préconise l'agronome Micheline Lévesque, parce qu'en plus, le trèfle favorise les pollinisateurs comme toute bonne pelouse écologique.

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La perfection en déclin

La mode de la pelouse parfaite est en train de changer, affirme l'agronome Micheline Lévesque, de la firme Solutions Alternatives Environnement. Le Jardin botanique de Montréal abonde dans le même sens. Les demandes de renseignements à ce sujet ont fortement diminué au cours des récentes années. L'agronome-conseil Claude Gélinas croit lui aussi que les propriétaires sont devenus moins exigeants envers leur gazon et qu'ils ont renoncé à vouloir en faire un vert de golf. Les restrictions estivales concernant l'arrosage dans de nombreuses municipalités et l'interdit qui frappe l'usage d'une foule de pesticides expliquent en partie ce changement de mentalité, dit M. Gélinas. Néanmoins, pour que la pelouse reste belle, il faut l'entretenir adéquatement.

Investir sous terre

Pour obtenir une belle pelouse drue exempte de mauvaises herbes ou presque, il faut d'abord investir « sous le gazon », soulignent nos experts. Apport annuel de compost, fertilisation, carottage pour aérer le sol, coupe à 3,5 cm de hauteur et même plus en cas de sécheresse, rognures de pelouse hachées laissées sur le sol : autant de petites attentions qui permettent au gazon de rester dense et vert même quand la pluie ou l'arrosage se font plus rares. Le trèfle blanc permet aussi d'ajouter de l'azote au sol grâce aux nodules produits par les racines de la plante. Ce que préconise l'agronome Micheline Lévesque, parce qu'en plus, le trèfle favorise les pollinisateurs comme toute bonne pelouse écologique.

« On oublie souvent que le gazon doit se nourrir lui aussi, sinon il végète et se dégarnit », insiste par ailleurs Claude Gélinas, qui préconise au moins une fertilisation annuelle, vers la mi-septembre, avec un engrais de type 3-1-2 (3 parties d'azote pour 1 de phosphore et 2 de potassium). Un gazon long et dense empêche les graines de mauvaises herbes de germer convenablement en raison de l'ombre alors causée par la mini forêt de graminées. Ce qui ne veut pas dire qu'un ou deux pissenlits ne réussiront pas à s'installer.

Quatre heures de soleil par jour

Inutile de vous acharner dans les coins d'ombre. Semis successifs ou gazon en plaques seront peine et argent perdus. Le gazon, fut-il d'ombre, comme l'indiquent certains emballages, a une exigence essentielle : quatre heures d'ensoleillement par jour. Peu importe la raison, si la parcelle de terrain ne respecte pas cette condition, la pelouse deviendra de plus en plus clairsemée et finira par disparaître. Si le milieu est le moindrement humide, des mousses commenceront à faire leur apparition. Ne succombez surtout pas à la tentation de poser du gazon en plaques. Le beau résultat sera instantané, mais souvent très éphémère. Et pour cause. Ce type de gazon provient de gazonnières toujours exposées en plein soleil et il est composé de graminées dont les exigences en ensoleillement sont maximales.

Des graminées presque miraculeuses

Au début du mois de juillet, encore des records de température battus, sans pluie ou presque. Et tout indique, prédisent les météorologues, que le scénario va se répéter, réchauffement climatique oblige. Mais les graminées qui composent votre gazon en ont vu d'autres. La pelouse jaunit et tombe en dormance dès qu'il y a un manque d'eau, mais le centre de chaque tige est toujours vivant. Une fois la sécheresse terminée, le gazon reverdira au bout de 10 à 14 jours. C'est le miracle. Par contre, après six semaines sans pluie, c'est 25 % des tiges qui mourront tous les sept jours. Si le gazon a la couenne dure, il faut quand même éviter de le piétiner en état de dormance, un passage répété pouvant lui être fatal. Les périodes de sécheresse sont aussi un moment où les herbes compétitrices du gazon, comme le plantain, s'installent confortablement.

Tipules et punaises velues à l'assaut

La nature est le milieu de tous les combats, et le gazon ne fait pas exception à la règle. Même s'il est entretenu adéquatement, les insectes sont à l'affût. Si les méfaits des larves du hanneton européen sont bien connus, les ravages de la punaise velue et ceux d'un nouveau venu, la tipule des prairies, sont méconnus mais tout aussi dévastateurs. Signalée pour la première fois au Québec en 2002, la tipule ressemble à un maringouin géant mais ne pique pas. L'insecte serait en augmentation au Québec, notamment dans les gazons dont se nourrissent les larves, indique l'agronome-conseil Claude Gélinas. Ce sont les conditions humides du printemps et de l'automne qui favorisent l'apparition de l'insecte. En début de saison, à la suite d'une belle pluie, les larves de 3 cm de longueur se comptent parfois par millions à la surface du gazon, un spectacle peu invitant, dit-il. Heureusement, les oiseaux les apprécient beaucoup. Comme il n'existe pas de traitement homologué au Canada, il faudra refaire un semis en cas de dommages importants.

Pas de traitement approuvé non plus contre la punaise velue, un vampire qui se met souvent à l'oeuvre au cours de périodes de sécheresse. L'infestation est localisée et laissera des endroits plus ou moins grands de gazon jaune et mort quand la pelouse reverdira à nouveau.

Semis réparateur de fin d'été

La période entre la mi-août et la fin de septembre est habituellement idéale pour faire un semis réparateur. Mode d'emploi.

> Éliminer le gazon mort, gratter le sol, ajouter au besoin un peu de terre à jardin.

> Semer avec un mélange de graminées selon les conditions d'ensoleillement. Si le soleil est plus avare, la fétuque rouge est plus indiquée.

> Avec un râteau, enfouir les graines à au moins 1 cm de profondeur.

> Tasser légèrement le sol.

> Maintenir le terreau humide durant deux ou trois semaines en arrosant délicatement pour ne pas déterrer les semences.

> Le Jardin botanique de Montréal recommande de tasser le sol une fois de plus quand la nouvelle pelouse atteint 5 cm de longueur.

> Première tonte quand l'herbe atteint une hauteur d'au moins 8 cm. Couper pas plus de 2 ou 3 cm avec une lame bien affûtée.




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