Des entretiens d'Oliver Stone sur Poutine à Showtime

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Thomas Urbain
Agence France-Presse
NEW YORK

La chaîne américaine Showtime diffuse à partir de lundi quatre heures d'entretiens réalisés par le réalisateur Oliver Stone avec le président russe Vladimir Poutine, qu'il cherche à révéler au peuple américain.

Le metteur en scène de 70 ans, trois fois oscarisé, a obtenu de la présidence russe un accès inédit et a pu réaliser 12 entretiens filmés entre juillet 2015 et février 2017.

La production a permis à la presse de visionner les deux premiers épisodes d'une heure chacun, sur quatre diffusés successivement de lundi à jeudi par Showtime, qui n'offrent aucune révélation.

Vladimir Poutine y réitère ses prises de position sur les accusations d'ingérence dans la dernière campagne présidentielle américaine: «Contrairement à beaucoup de nos partenaires, nous n'interférons jamais avec les affaires intérieures d'autres pays», assure M. Poutine.

Il observe que «l'administration américaine considère, particulièrement ces derniers temps, la Russie comme un rival».

Mais Oliver Stone ne saisit pas l'ouverture, l'une des seules de ces deux premières heures, coupe court et enchaîne sur une séquence lors de laquelle le président russe lui montre le trône des tsars de Russie.

De Fidel Castro à Richard Nixon, Oliver Stone aime les personnages atypiques, hauts en couleur, les durs, les méchants, où ceux, en tout cas, qui en ont l'allure et la réputation.

Il apparaît ainsi, d'entrée, que Vladimir Poutine exerce sur lui une certaine fascination, dont il ne se cache pas.

«Vous êtes un excellent directeur général d'entreprise», lance-t-il à son interlocuteur, sans ironie ou distance apparente. «La Russie est votre entreprise».

Cette relative bienveillance l'amène à abandonner la direction de ces entretiens au président russe, qui maîtrise totalement le rythme et le contenu.

George W. Bush, le 11-Septembre, la traque d'Oussama Ben Laden, l'entretien enchaîne les digressions, toujours centrées sur des dossiers anciens.

Les deux hommes se lancent ainsi dans une revue fragmentée de la géopolitique russo-américaine des 70 dernières années, que Vladimir Poutine examine en témoin plutôt qu'en acteur.

«Juger par vous même»

Comme il l'a déjà fait par le passé, Vladimir Poutine accuse les États-Unis de soutenir les rebelles islamistes du Caucase du Nord.

Il s'inquiète également, une nouvelle fois, de ce qu'il considère comme des velléités militaires américaines, mentionnant le système de défense antimissiles installé en Europe de l'Est.

«Nous essayons de détruire cet équilibre» des forces en présence qui a permis d'éviter un conflit depuis l'après-guerre, dit-il. «Et c'est une grande erreur».

À la fin du deuxième volet, Oliver Stone promet, à l'antenne, que les entretiens vont s'intensifier dans la seconde moitié.

Si elles n'amènent pas Vladimir Poutine à se dévoiler plus qu'il ne l'a déjà fait, ces deux premières heures de discussions ont le mérite d'aller au contact du président russe, élu, ces quatre dernières années, homme le plus puissant du monde par le magazine Forbes.

Pour un public américain et plus généralement occidental, l'exercice est intéressant, d'autant qu'Oliver Stone a choisi de sous-titrer les propos de son interlocuteur plutôt que d'opter pour le doublage, plus intrusif.

Lors d'un entretien à la télévision publique australienne, le réalisateur de Platoon, Né un 4 juillet ou Wall Street a expliqué avoir voulu rompre avec «l'image orientée politiquement et idéologiquement» de Vladimir Poutine, selon lui.

«C'est tout l'objet de cette série» d'entretiens, a-t-il martelé. «Vous devez écouter et juger par vous-même».

Interrogé sur sa vision de l'avenir, il se montre très pessimiste.

«Nous marchons comme des somnambules vers un cauchemar nucléaire», dit encore Oliver Stone. «Quand vous voyez mon documentaire, vous comprenez pourquoi».




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