Le succès monstre d'It attribuable à la peur des clowns

Bill Skarsgard incarne le clown maléfique dans It.... (Photo fournie par Warner Bros. Pictures)

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Bill Skarsgard incarne le clown maléfique dans It.

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Frankie Taggart
Agence France-Presse
LOS ANGELES

L'adaptation sur grand écran d'un roman d'épouvante de Stephen King, It, avec le maléfique personnage de Pennywise, écrase le box-office nord-américain de ses records de ventes en salles, et confirme que les clowns sont au moins aussi horribles que drôles.

Avec Bill Skarsgard dans le rôle de l'effroyable clown Pennywise, It a amassé 123 millions de dollars en un week-end dans les cinémas nord-américains, un record pour une sortie en automne et pour un film d'horreur interdit aux moins de 17 ans.

Si de très nombreux films ou séries télé ont déjà exploré la «coulrophobie», la peur inexpliquée des clowns, cette terreur primale associée aux êtres à gros nez rouge et chaussures géantes n'est pas née à Hollywood.

La peur des clowns existe selon les psychologues depuis l'époque des bouffons de la Cour royale d'Angleterre au 16e siècle.

Alexandra Hamlet, psychologue à l'Institut de psychologie des enfants de New York, estime qu'une grande part de cette crainte vient d'un phénomène connu comme «la vallée dérangeante», théorie du roboticien japonais Masahiro Mori divulguée en 1970: il affirme que les répliques de l'apparence humaine légèrement déformées génèrent un sentiment de révulsion chez les humains.

Pour le roi des films d'horreur, le producteur Jason Blum (Paranormal Activity, American Nightmare, etc.), les clowns font peur parce qu'on «ne voit aucun vestige de la personne qu'ils sont vraiment». «Le visage du clown masque l'humain (...) et je pense qu'avoir un visage peint en blanc, en général, c'est quelque chose de très effrayant», a-t-il expliqué.

Mme Hamlet ajoute toutefois que ce que nous appelons des phobies n'est en réalité qu'un «mauvais codage» des émotions: l'augmentation du rythme cardiaque, la tension des muscles, les pupilles dilatées quand nous voyons Pennywise pourraient en réalité résulter d'un sentiment d'excitation, et non de peur.

Elle remarque que l'inconfort généré par ces visages déformés n'empêche pas la plupart d'aller dans les restaurants de fast-food McDonald's, dont la mascotte est un clown.

Mais la psychologue reconnaît que Stephen King, qui «excelle quand même dans l'art de nous donner la frousse», a fait passer la phobie des clowns dans la culture de masse grâce à la série télé des années 90 adaptée de son roman It.

L'Association mondiale des clowns s'alarme

Parmi les plus récentes exploitations de ce thème, American Horror Story: Cult, la septième saison de la série à succès de la chaîne FX, met en scène un clown qui sort d'un cercueil dès la séquence d'ouverture.

Mme Hamlet dit avoir commencé à se pencher sur ce phénomène avec l'apparition de clowns sinistres signalée à travers le pays, qui ont créé la panique l'an dernier même si une grande partie de ces signalements se sont révélés faux ou de simples blagues de mauvais goût.

L'effet de panique s'est répandu en Europe, Amérique du sud et même jusqu'en Australie.

L'Association mondiale des clowns, alarmée par l'imminente sortie d'It, s'est fendue d'un communiqué pour défendre les saltimbanques qui ne veulent que faire sourire les gens: «Tous ces personnages d'épouvante ne sont pas des clowns», et les personnes déguisées en horribles clowns «prennent quelque chose d'innocent pour le pervertir et faire peur».

Stephen King avait déjà appelé tout le monde à arrêter «l'hystérie». Il est encore intervenu dans la polémique en avril en reconnaissant sur Twitter qu'il avait contrarié la communauté des clowns avec son roman de 1986, mais sans s'en excuser: «Désolé, la plupart sont super, MAIS (...) les enfants ont toujours eu peur des clowns. Ne tirez pas sur le messager».




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