Diversité: les stars de la télé interpellent Hollywood

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Véronique Dupont
Agence France-Presse
Los Angeles

«Ce n'est pas si dur»: des ténors afro-américains de la télévision aux États-Unis appellent le cinéma hollywoodien à faire plus d'efforts pour diversifier ses rangs, toujours accusés d'être trop blancs, trop masculins et trop hétéros.

«J'entends encore beaucoup de gens à Hollywood dire "que peut-on faire?" pour diversifier les talents devant ou derrière la caméra», raconte John Ridley, créateur de la série multiprimée American Crime qui explore les relations raciales aux États-Unis.

«Ce n'est pas si dur»

Le scénariste, oscarisé pour le film Twelve Years a Slave, a confié lors d'une conférence de presse mardi l'avoir fait dans sa série et «ne pense pas que la qualité en souffre». «Ce n'est pas si dur. Il n'y a pas d'excuses, les talents existent».

«Je ne vois pas pourquoi il y aurait besoin de concevoir un plan (sophistiqué) pour représenter le monde tel qu'il est», a renchéri la productrice Shonda Rhimes, papesse de la diversité à la télévision et à l'origine de séries à succès comme Grey's Anatomy, Scandal avec Kerry Washington ou How to Get Away with Murder avec Viola Davis.

Les stars de télévision présentes mardi lors d'un symposium disent espérer que les critiques sur le manque de diversité aux Oscars ces deux dernières années ont été entendues, mais estiment qu'il faudra plusieurs années pour voir des progrès.

Les nominations aux Oscars, qui seront dévoilées le 24 janvier, «sont le fruit de projets mis en route il y a quatre ans, alors nous verrons peut-être des changements d'ici quatre ans», remarque M. Ridley.

«Les choses vont prendre plus d'un an» mais «l'inclusion ce n'est pas seulement les gens de couleur et les femmes, ce n'est pas rejeter les hommes blancs, c'est offrir un siège autour de la table à chacun», renchérit Kerry Washington, qui incarne dans Scandal l'as de la communication politique Olivia Pope.

Créer des opportunités

La télévision a mené la voie vers plus de diversité ces dernières années avec des séries comme Orange is the New Black (Netflix), au casting multi-ethnique d'actrices dont certaines sont ouvertement lesbiennes ou transgenres, ou Transparent (Amazon), les péripéties d'un père de famille transgenre.

L'Académie des arts et sciences du cinéma, qui décerne les prestigieux Oscars, est très majoritairement composée d'hommes blancs et âgés. L'an dernier, elle a annoncé des mesures pour élargir ses rangs.

John Ridley, un des Noirs membres de l'Académie, s'alarme du fait que «les chiffres (de la diversité au cinéma) régressent au lieu d'augmenter».

Le rapport 2016 sur la diversité à Hollywood de l'université UCLA, référence sur le sujet, souligne que «les minorités ont perdu du terrain dans six catégories d'emplois sur onze» et restent «sous représentées sur tous les fronts pour la période 2013-2014», la dernière passée en revue.

Même constat pour les femmes à l'écran. La cinéaste française d'origine marocaine Houda Benyamina soulignait auprès de l'AFP la semaine dernière qu'en France aussi, le nombre de réalisatrices est en déclin, et que les films sur et par des artistes issus de minorités sont encore ultra-minoritaires.

Anthony Anderson, créateur et acteur de la comédie Black-ish sur une famille afro-américaine aisée, évoque toutefois certains progrès: «Quand on voit des films comme Moonlight (Golden Globe du meilleur film dramatique), Fences, Les figures de l'ombre ou Birth of a Nation, c'est un bien plus grand nombre de films mettant en scène des personnages afro-américains que l'an dernier».

Selon lui, les minorités «doivent créer elles-mêmes les opportunités qu'on ne leur donne pas».

Tracee Ellis Ross, costar de Black-ish, a dédié son Golden Globe de la meilleure actrice de comédie dimanche - le premier revenant à une actrice noire depuis 1983 - à «toutes les femmes, les femmes de couleurs et les gens hauts en couleur dont les histoires, idées et pensées ne sont pas toujours considérées comme valant la peine d'être racontées».




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