Un «marathon» de films à la Cinémathèque

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Après une interruption de six ans, la Fête du cinéma est de retour à la Cinémathèque québécoise.

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Jozef Siroka
La Presse

La cinéphilie montréalaise file un mauvais coton par les temps qui courent. Après l'échec de la relance de l'Excentris, le mois dernier, suivi de la fermeture de la vénérable Boîte noire, les amateurs de films de répertoire ont vu leurs options considérablement réduites. C'est donc à point nommé que la Cinémathèque québécoise déploie cette fin de semaine sa Fête du cinéma, un « marathon » de projections tout ce qu'il y a de plus éclectique.

>>> Consultez les détails de la programmation

L'événement est présenté cette année pour la troisième fois, après une interruption de six ans. C'est le nouveau directeur général de la Cinémathèque, Marcel Jean, qui a suggéré de le raviver. La Fête du cinéma était à l'origine une initiative de Philippe Gajan, directeur de 24 Images, qui a reproduit des festivités similaires se déroulant en France chaque printemps. L'objectif était de présenter sur une période de 24 heures « une surdose de cinéma diversifié, de l'animation à l'expérimental en passant par l'art et essai et le cinéma de genre », affirme le rédacteur en chef du magazine, Bruno Dequen.

La Fête du cinéma 2016 a légèrement modifié la formule. Les projections s'étireront cette fois-ci sur deux jours, dès 17 h ce soir, jusqu'à dans la nuit de demain à dimanche. Gratuit en 2009 et 2010, le passeport pour l'ensemble des activités est maintenant offert à 10 $. La programmation cette année a été orchestrée par la Cinémathèque, mais 24 Images demeure impliqué à titre de coprésentateur. « Par amitié, et pour que nous fassions des échanges de visibilité », explique M. Dequen.

PREMIÈRE MONTRÉALAISE

Il y en aura pour tous les goûts ce soir et demain. Des longs métrages de grands maîtres américains comme Robert Altman et Howard Hawks, une animation avec Bugs Bunny, un documentaire russe légendaire assorti d'un accompagnement musical, l'adaptation cinématographique d'un opéra de Mozart - Don Giovanni de Joseph Losey - ou le déstabilisant film d'horreur culte japonais Audition de Takashi Miike. La plupart des projections seront présentées en 35 mm et en version originale sous-titrée en français.

« On a travaillé dans l'éclectisme, principalement à partir de nos archives, précise Fabrice Montal, programmateur-conservateur à la Cinémathèque. On profite de l'occasion pour réitérer des événements qui ont eu lieu dans d'autres programmations, mais en les rehaussant en les harmonisant en fonction d'une fête du cinéma. »

Une des pièces maîtresses du week-end est une copie numériquement restaurée de Suspect no 1 (1989), court métrage expérimental de François Girard d'après la pièce de théâtre Le polygraphe de Robert Lepage. Il s'agit d'ailleurs de « la première oeuvre audiovisuelle dans laquelle on voit apparaître » le fameux dramaturge et cinéaste québécois, indique M. Montal.

La projection de Suspect no. 1 sera suivie du long métrage prisé de Girard Thirty Two Short Films About Glenn Gould (1993).

Demain à 19 h sera projeté Mia Madre de Nanni Moretti en première montréalaise. Ce drame italien mettant en vedette John Turturro a concouru pour la Palme d'or l'an dernier au Festival de Cannes. Il y a remporté le prix du jury oecuménique et a notamment été désigné meilleur film de 2015 par les Cahiers du Cinéma.

COUPS DE COEUR

Pour Fabrice Montal, l'incontournable de la Fête du cinéma est le cycle W.C. Fields, trois courts métrages comiques, tous sortis en 1933. Avec Charlie Chaplin, Buster Keaton ou les frères Marx, cet humoriste de vaudeville fait partie des grandes figures de la comédie américaine de l'entre-deux-guerres.

Marco de Blois, également programmateur-conservateur, s'enthousiasme de son côté pour la projection commentée des Demoiselles de Rochefort (1967), film musical mettant en vedette les soeurs Catherine Deneuve et Françoise Dorléac. C'est le réalisateur Martin Talbot (Henri, Henri, Les Parent) qui s'adressera au public au sujet du classique haut en couleur de Jacques Demy.

L'expérience a été lancée il y a quelques années par la Cinémathèque, en collaboration avec le Festival du nouveau cinéma. « Par le passé, Rafaël Ouellet a fait un Bergman, Kim Nguyen a fait The Shining, Philippe Falardeau a fait La nuit américaine », rappelle M. De Blois.

«Ce qui est intéressant là-dedans c'est d'associer une personnalité avec une oeuvre [...] Tout ça fait partie d'une stratégie globale qui se manifeste par un désir de faire la fête et de trouver de nouvelles avenues de programmation pour le cinéma en salle.»

Marco de Blois
Programmateur-conservateur de la Cinémathèque

Les cinéphiles sont enfin invités en soirée à participer à l'inauguration de la saison estivale du café-terrasse de la Cinémathèque. Au menu : jazz, barbecue et projections en continu de vidéoclips vintage.

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