Star Wars, ce succès auquel personne ne croyait

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Véronique Dupont
Agence France-Presse
Los Angeles

C'est l'un des plus grands succès de l'histoire d'Hollywood. Pourtant, au moment de la sortie du premier opus en 1977, personne ne croyait à la réussite de Star Wars. Pas même son créateur George Lucas.

«Je ne pense pas que quiconque aurait pu prédire son succès monumental et le phénomène culturel» qu'est devenue la saga, estime Jonathan Kuntz, professeur à UCLA School of Theatre, Film and Television.

Avant la sortie du premier film de la saga, dont le septième épisode, Le réveil de la force, sort le 18 décembre aux États-Unis, Star Wars s'annonçait au mieux comme un film de série B tout juste rentable.

Les dirigeants de la 20th Century Fox ont trainé des pieds pour débloquer les quelques 8 millions $ de budget, et pensaient rentrer tout juste dans leur frais grâce aux fans de science-fiction. Ils avaient prévu une sortie dans quelques salles seulement, et laissé à George Lucas tous les droits sur les produits dérivés.

Lors d'une projection pour un petit groupe d'amis de Lucas, ce fut la consternation.

«Il n'y avait pas d'effets spéciaux ou de musique», et le film semblait un peu ridicule. «Ce fut un désastre. Beaucoup ont dit: «Euh écoute je ne sais pas si ça va marcher», a raconté à l'AFP Gary Kurtz, qui a produit les deux premiers opus de la saga.

Seul le visionnaire Steven Spielberg, ami de George Lucas, avait vu juste: «il a dit: «Je trouve ça super, je pense que ça va cartonner»», raconte Kurtz.

Lucas, quant à lui, avait décidé de fuir un potentiel embarras: le 25 mai 1977, jour de la sortie du premier Star Wars, il était en vacances à Hawaï.

Le triomphe fut pourtant immédiat, et colossal.

Jonathan Kuntz, qui a assisté à une avant-première à Los Angeles juste avant le jour J, se remémore l'atmosphère électrique dans le public d'étudiants et fans de science-fiction: «c'était incroyable, dès la première image du vaisseau impérial, tout le monde hurlait d'excitation».

À Hollywood, ce fut l'émeute. Les queues devant les quelques cinémas qui le projetaient n'en finissaient pas.

Le film est resté à l'affiche aux États-Unis pendant un an, a gagné six Oscars et rapporté 775 millions $, des recettes historiques à l'époque.

Depuis, les 6 épisodes de la saga ont rapporté 4,4 milliards $ dans le monde au box-office.

James Bond, Harry Potter ou l'épopée fantastique du Seigneur des anneaux/Hobbitt ont fait mieux, mais «avec toutes les suites prévues» par Disney, qui a racheté les droits à George Lucas, «Star Wars sera bientôt le champion indiscuté du box-office», estime Jeff Bock, analyste de la société spécialisée Exhibitor Relations.

Il lui voit pour seuls rivaux éventuels les superhéros de Marvel.

Archétypes et alchimie

La recette de ce succès intersidéral, disséquée dans des universités du monde et dans de nombreux ouvrages, repose d'abord sur «des personnages en forme d'archétypes, que même un enfant de quatre ans peut identifier facilement», remarque Gary Kurtz.

Il y a la hiératique princesse Leïa, le guerrier aux allures de peluche survitaminée et au coeur d'or, Chewbacca, l'intrépide pilote Han Solo, et bien sur le terrifiant - et fascinant - Darth Vador.

Ce «space opéra» inspiré de la bande dessinée Flash Gordon obéit aussi à une structure classique, souvent comparée à une odyssée mythologique, avec des thèmes universels: une rébellion, une aventure dans des contrées inconnues, mâtinée d'épopée familiale et intrigue amoureuse,...

C'est aussi «un film d'action avec des personnages loufoque, de l'humour, ça ouvrait les portes de tout un univers tout entier», poursuit Jonathan Kuntz, qui a donné des cours sur la saga.

Pour lui, Star Wars a aussi «lancé toute une ère de films de science-fiction», mais comparé à certains chefs-d'oeuvres du genre comme Matrix ou Blade Runner, «ça ne décrit pas un futur post-apocalyptique. Il y a de l'espoir».

Gary Kurtz y voit même «une espèce d'innocence, sur les forces du bien et du mal qui se combattent».

La saga est aussi née une époque où ses héros uniquement bons ou maléfiques faisaient écho aux deux camps de la Guerre Froide et au rêve de la conquête spatiale.

Gary Kurtz remarque toutefois que «Star Wars est un phénomène et donc difficile à expliquer pleinement».

«Si on m'avait dit que quarante ans après, ce serait encore un succès je n'y aurais jamais cru», conclut-il.

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