Le passé québécois de l'agent 007

Maud Adams, Roger Moore et Britt Ekland dans... (Photo: AP)

Agrandir

Maud Adams, Roger Moore et Britt Ekland dans The Man with the Golden Gun (1974).

Photo: AP

Partager

Le 5 octobre 1962 a eu lieu, à Londres, la première mondiale du film Dr. No. Ce jour-là, James Bond, célèbre espion né de la plume du romancier Ian Fleming, a fait le saut au grand écran. Or, tout Britannique soit-il, l'agent le plus dévoué de Sa Majesté a un peu de sang québécois dans les veines. Récit d'une histoire digne d'un roman d'espionnage.

Hilary Saltzman est probablement la plus jeune personne à avoir fait une apparition dans un film de James Bond. Et cela, même si elle demeure formidablement bien cachée.

«Dans Bons baisers de Russie, James Bond passe à côté d'une femme enceinte dans un train. Cette femme, c'est ma mère Jacqueline. Et l'enfant qu'elle porte, c'est moi», relate Mme Saltzman, dont le père Harry a coproduit les premiers films de James Bond avec Albert R. Broccoli, dit Cubby.

Née à Londres, Mme Saltzman a vécu dans plusieurs villes du monde. Depuis l'été 2003, elle est à Stoneham, près de Québec. Or, en déménageant de Los Angeles à Stoneham, elle a appris des choses étonnantes. Des démarches administratives visant à récupérer son passeport canadien lui ont permis de découvrir que son père était bien connu au département d'État des États-Unis.

Enfant d'une famille juive, Harry Saltzman est né à Sherbrooke en 1915. Il a quitté le Québec à 19 ans pour aller à New York, avant de s'envoler pour Paris. De retour au Canada, au début des années 40, il s'est enrôlé dans l'aviation canadienne (RCAF) et il a obtenu un poste à l'Office of War Information, un organisme du gouvernement américain qui lui a confié des missions classées secrètes.

«À ce moment-là, j'ai enfin compris ce que mon père avait fait durant la guerre et l'origine de sa fascination pour les romans d'espionnage», ajoute Mme Saltzman, dont on peut lire son témoignage dans un article consacré au 50e anniversaire de Bond au cinéma, dans le numéro d'octobre de Vanity Fair.

De retour à la vie civile après la guerre, Harry Saltzman commence à travailler dans le cinéma où il fait son chemin. Au début de l'année 1961, il devient le premier producteur à acquérir, pour une période de six mois, les droits d'adaptation d'un roman de Fleming. Mais les difficultés s'accumulent et, à un mois de l'expiration du délai, rien n'est fait. C'est à ce moment que sa route croise celle d'Albert R. Broccoli, lui aussi intéressé par Bond. Tous deux forment un tandem solide, chacun apportant son expertise. La combinaison fonctionne: MM. Saltzman et Broccoli produiront les neuf premiers films de Bond, de Dr. No (1962) à L'homme au pistolet d'or (1974).

Habituée de Pinewood

«Mon père adorait divertir les gens, dit Mme Saltzman. Son but, c'était de leur faire vivre une expérience émotive très intense, le temps d'un film. Son plus grand souhait était de les faire entrer dans le film. Pour lui, c'était comme faire un cadeau.»

Dans ses recherches, Mme Saltzman a eu la surprise d'apprendre que son père était né à Sherbrooke (il est mort à Paris en 1994). Pendant des années, ses deux frères et elle ont cru qu'il était originaire du Nouveau-Brunswick. «Mon père parlait peu, dit-elle. Je pense qu'il n'a pas eu une enfance très heureuse.»

À Londres, où elle a passé toute son enfance, Hilary Saltzman était une habituée des studios Pinewood où étaient tournés les films du célèbre agent 007. Grâce au travail de son père, sa famille et elle ont eu l'occasion de se déplacer un peu partout dans le monde pour le tournage de scènes extérieures.

«Sur les plateaux, j'adorais écouter les artisans parler et échanger, confie-t-elle. C'était toujours la même équipe. Je jouais avec les enfants des autres membres de la production. J'adorais aussi me joindre à mon père pour regarder les épreuves de tournage.»

Aujourd'hui, Hilary Saltzman se dit toujours une «immense fan» de Bond. Son film préféré? Nous ne le saurons pas... Mais, chose certaine, l'esprit du septième art est présent dans sa famille, puisqu'elle planche sur des projets de cinéma et que son fils Alexandre travaille sur des plateaux de tournage.

***

Un film, une expo et un livre

Coiffé d'un titre digne d'une aventure de James Bond, Everything or Nothing est un documentaire sur les trois hommes qui se cachent derrière le célèbre agent 007, au grand écran: Ian Fleming, Harry Saltzman et Albert R. Broccoli. Hilary Saltzman, gardienne de l'héritage de son père, a participé au projet: «J'ai travaillé avec eux depuis les six derniers mois, dit-elle. Ils ont fait un travail extraordinaire. Les Broccoli font aussi partie du projet. Nous sommes une grande famille.» Le 1er octobre, Mme Saltzman était à Londres afin d'assister à la première mondiale du documentaire. Elle doit accompagner le film dans les prochains jours à New York et espère qu'il sera projeté à Montréal. Le 26 octobre, elle sera par ailleurs au TIFF Bell Light Box de Toronto pour assister à l'inauguration de l'exposition de costumes intitulée Designing 007: 50 Years of Bond Style. Enfin, l'acteur Roger Moore, troisième acteur en titre, a publié jeudi un livre de mémoires sur ses années «bondiennes»: James Bond par Roger Moore.

***

Les plus payants

Six comédiens ont incarné James Bond au fil des ans. La franchise, à ce jour, a rapporté des recettes de près de 11 milliards de dollars (actualisés). Voici les films qui ont enregistré les plus grosses recettes au box-office, selon les acteurs.

Sean Connery                  Opération tonnerre 887 millions

George Lazenby                  Au service secret de Sa Majesté 489 millions

Roger Moore                  Vivre et laisser mourir 753 millions

Timothy Dalton                  Tuer n'est pas jouer 339 millions

Pierce Brosnan                  Meurs un autre jour 508 millions

Daniel Craig                  Casino Royale 594 millions

Ces chiffres sont tirés de Wikipédia. Le site The Numbers, consacré aux recettes du box-office, indique de son côté que Moonraker a été le film le plus payant de Roger Moore. À noter aussi que George Lazenby n'a joué que dans un James Bond.

***

Adele chante Bond

La chanteuse britannique Adele est la nouvelle Bond singer. Cette dernière interprète la chanson-thème de Skyfall, le nouvel opus de la série qu'on pourra voir dès le 9 novembre au Québec. La chanteuse en a fait l'annonce sur son blogue et sur son compte Twitter, lundi dernier. La chanson a été rendue publique hier (voir sur iTunes), mais un extrait circule sur la Toile depuis quelques jours.




À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires : Cinéma

Tous les plus populaires de la section Cinéma
sur Lapresse.ca
»

publicité

la boite:1977421:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

publicité

Autres contenus populaires

image title
Fermer