La chasse au collet: tel est pris qui croyait prendre

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Julianne Côté est une comédienne heureuse. Enthousiaste. On peut même dire comblée. Car le rôle d'Élyse qu'elle défend dans le long métrage La chasse au collet constitue une variante bienvenue dans sa carrière.

«La complexité d'Élyse m'a séduite, dit la jeune femme de 26 ans. Ce n'est pas un personnage unidimensionnel. Élyse est faite de différentes couches. Elle est complexe. Tu ne peux pas prévoir ses réactions. Elle est très intense et en même temps prisonnière d'elle-même. Elle est prise avec une blessure qui la noie. Ce n'est pas le genre de personnage que j'ai eu la chance d'incarner auparavant.»

De cette blessure, on ne vous dira rien, bien entendu, pour ne pas éventer les surprises de ce scénario où le réalisateur Steve Kerr (Columbarium) a su mettre en parallèle deux univers qui, a priori, n'ont rien en commun avant d'entrer dans une collision cataclysmique.

Dans le coin gauche, donc, il y a Élyse, une belle jeune femme vivant seule dans un univers IKEA. Incapable, à la suite d'un traumatisme remontant à l'enfance, d'assumer une quelconque forme de vie intime, sa relation avec la bouche de quelqu'un d'autre se limite pratiquement à son travail d'hygiéniste dentaire.

Dans le coin droit, Éric (Paul Doucet) est un homme d'affaires vivant dans un univers plutôt Mariette Clermont, mais dont la grosse boîte de communications tourne au ralenti. Pour la relancer, il crée un site de rencontres.

Une idée qui va révulser la très effacée Élyse bien décidée à venger son passé, décision qui aura sur elle l'effet de la chrysalide au stade avancé de la mutation. Avec conséquences à la clé.

«Ce que j'aime, c'est cet éclatement d'intensité dans la vie d'Élyse après qu'elle a entendu parler du site de rencontres mis sur pied par Éric», continue Julianne Côté.

«À travers ce qui se passe, il y a une forme de rédemption. Elle fait un peu la paix avec son passé.»

On ne peut pas en dire autant d'Éric que Paul Doucet décrit comme un joueur.

«Éric a définitivement un côté entrepreneur et gambler, dit-il. Il est à la croisée des chemins, dans le sens où il veut faire un grand coup pour passer à autre chose. Ce gros coup d'argent est une illusion. Par ailleurs, j'ai aimé ce scénario. C'est une histoire comme on n'en voit pas souvent ici. Il y a une bonne dose de suspense entre ces deux histoires qui se déroulent en parallèle.»

La chasse au collet avec Paul Doucet et... (Photo fournie par FunFilm Distribution) - image 2.0

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La chasse au collet avec Paul Doucet et Julianne Côté.

Photo fournie par FunFilm Distribution

Histoire vraie

Lancé dans le cadre du Festival du nouveau cinéma avant de sortir en salle le 21 octobre, le film est inspiré d'une histoire vraie, dit Steve Kerr.

«J'ai connu une fille qui a eu beaucoup de difficulté avec les relations intimes parce que, jeune, elle avait subi un traumatisme. Il y a eu des contrecoups, tant pour elle que pour sa mère.»

Par ailleurs, le scénario n'est pas inspiré du scandale Ashley Madison, survenu à la mi-juillet 2015 alors que des pirates informatiques menaçaient de dévoiler les renseignements personnels de ce site de rencontres pour adultes cherchant une relation extraconjugale.

«Lorsque le site Ashley Madison a ouvert, je suis allé voir, puis j'ai suivi le propriétaire dans les médias», dit M. Kerr. 

«S'il y a une inspiration, elle est là. Mais lorsque le scandale a éclaté [en juillet 2015], le scénario était déjà écrit et j'étais sur le point de tourner.»

Selon M. Kerr, il y a continuité entre son premier film, Columbarium, et La chasse au collet.

«Dans les deux films, on a un personnage que l'appât du gain va mener à sa perte. Il y a une espèce de critique sociale derrière ça pour dire que, souvent, nos meilleurs cerveaux, nos meilleurs talents ne sont pas mis à contribution de la bonne façon. Il y a aussi cette relation difficile avec le père qui est mise de l'avant.»

Fait avec peu de moyens, le film bénéficie néanmoins d'une distribution d'enfer. Outre Julianne Côté et Paul Doucet, on retrouve Anne-Marie Cadieux, Ève Duranceau, Christian Bégin, Antoine Pilon, Pierre-Luc Lafontaine et Violette Chauveau.

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Le 13 octobre, à 17 h, à la salle Jean-Claude-Lauzon du pavillon Judith-Jasmin Annexe de l'UQAM. En salle le 21 octobre.

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