While We Live - Medan vi lever: souffler le chaud et le froid

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Une comédie dramatique chaleureuse sur les questions d'identité et de migration : c'est ainsi que le réalisateur burkinabè Dani Kouyaté résumait son film à venir. C'était à l'été 2014 et Kouyaté se préparait à aller tourner en Gambie, mais aussi en Suède, où il vit, While We Live - Medan vi lever, présenté en compétition au FFM vendredi soir devant une salle comble et comblée, si j'en crois la chaleur des applaudissements.

Très connu au Burkina Faso, d'abord à cause de son père, le premier acteur burkinabè (Sotigui Kouyaté), mais aussi grâce à sa propre carrière d'homme de théâtre, d'acteur et de conteur, Dani Kouyaté n'est pas assez connu mondialement ni assez branché pour être invité aux festivals de Venise, de Telluride ou de Toronto. Mais Montréal l'a accueilli à bras ouverts, et c'est ce qui explique la gratitude de bien des cinéastes comme Kouyaté à l'égard de Montréal, de Serge Losique et de son FFM, aussi moribond fût-il.

While We Live raconte le retour aux sources - un thème récurrent de ce festival - d'une mère née en Gambie et vivant en Suède, où elle a élevé son fils. Au moment où ce dernier, jeune étoile montante du hip-hop, est sur le point d'obtenir un gros contrat de disque, sa mère décide de retourner dans sa Gambie natale. Sur le coup, son fils, un Suédois pure neige malgré sa peau café au lait, ne comprend pas la quête d'identité de sa mère. Mais après un revers professionnel, il ira la rejoindre et découvrira des choses insoupçonnées sur lui-même. 

While We Live est ce qu'on appelle un feel-good movie prônant le métissage et la réconciliation Nord-Sud. Mais c'est aussi un film qui souffle le chaud et le froid.

Comment en effet nier que toutes les scènes tournées en Gambie sont colorées, joyeuses et débordantes d'authenticité, alors que celles tournées en Suède sont saturées d'une lumière blanche et froide et se passent généralement dans des hôpitaux ou des appartements IKEA trop propres ? Même si le film a été financé par la Suède et que Kayaouté y vit depuis des années, il ne réussit jamais à nous faire aimer la Suède comme il nous fait aimer la Gambie. Au final, While We Live est un film sympa, mais dont la plus grande qualité est la musique. Dommage qu'il n'y ait pas de prix au FFM pour la meilleure bande-son, il le remporterait assurément.

PITIÉ POUR LA HARPIE

Quel étrange film nous a offert André van Duren des Pays-Bas. De Helleveeg (The Fury - La harpie) met en scène une beauté blonde et insupportable, la vedette suédoise Hannah Hoekstra, dans les Pays-Bas des années 60. Surnommée Tidy Tini - Tini la proprette - parce qu'elle ne cesse d'astiquer tout ce qui tombe sous sa main, Tini râle contre tout et rien : ses abrutis de parents qui refusent qu'elle se marie avant ses 20 ans, sa soeur trop parfaite, les hommes trop cons et l'humanité généralement pourrie et dénuée, selon elle, de toute qualité. Seul le petit Albert, son neveu, trouve grâce à ses yeux et jouera tout au long de sa vie le rôle du fils chéri qu'elle n'aura jamais eu. 

Le film est l'adaptation du roman d'un écrivain très populaire aux Pays-Bas et qui a un nom à coucher dehors : Adrianus Franciscus Theodorus van der Heijden. L'histoire est racontée du point de vue d'un enfant. Le thème des secrets de famille est au coeur de cette tragi-comédie, secrets honteux qui, à force d'être tus et réprimés, génèrent une dose grandissante de frustration et de furie chez la fameuse Tini. Malheureusement, ce qui débute comme une comédie décapante et très stylisée (les robes et les tenues toujours assorties de Tini sont magnifiques) se termine de manière lourde et dramatique. André van Duren qui est venu au FFM en 2010 avec The Gang, semble avoir voulu faire une sorte d'Amélie Poulain chiante et désenchantée. Mais à trop vouloir être drôle et dramatique à la fois, le film finit par s'égarer et par perdre sa force de frappe.

DE L'OR EN BARRE

L'avenir du FFM ? Si le FFM a un avenir, ce ne sera pas la faute de la SODEC, de la Ville de Montréal ou de Téléfilm Canada, mais bien de la Chine et d'un acteur majeur : Gold Finance Group, investisseur chinois assis sur des milliards de dollars. 

À noter que cette semaine, Gold Finance Group a profité de la présence de Justin Trudeau en Chine pour signer une importante entente de plusieurs millions avec Normand Latourelle de Cavalia Inc. pour la production de spectacles en Chine. Gold Finance Groupe a aussi ouvert des bureaux à Montréal ce printemps et a investi au passage dans l'entreprise de simulation virtuelle D-Box Technologies, à Longueuil. Établi à Hangzhou, le groupe est implanté dans 60 villes dans le monde et compte 2000 employés. 

Le PDG Jay Wei, âgé de seulement 35 ans, aime la culture et le cinéma et semble vouloir conquérir le marché nord-américain en passant par Montréal. Autant dire que si jamais le FFM était à vendre, Gold Finance Group serait sans doute preneur. Qui dit mieux ?

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