La Presse au TIFF: vitesse de croisière

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(Toronto) Des files d'attente à l'infini, des salles pleines, des conflits d'horaires à tous les tournants de la journée. La première « vraie » journée du TIFF s'est déroulée tout à fait comme prévu. Et Jake Gyllenhaal nous en a appris un peu plus sur la méthode de Jean-Marc Vallée.

Le réalisateur Michael Moore a présenté sa dernière... (PHOTO EVAN AGOSTINI, INVISION/ASSOCIATED PRESS) - image 1.0

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Le réalisateur Michael Moore a présenté sa dernière création : Where to Invade Next.

PHOTO EVAN AGOSTINI, INVISION/ASSOCIATED PRESS

Le verdict sur Demolition est tombé. La seule certitude à propos du nouveau film de Jean-Marc Vallée, sélectionné pour ouvrir ce 40e TIFF, est qu'il ne laisse personne indifférent. Des festivaliers diront avoir eu un gros coup de coeur pour cette tragicomédie ; d'autres affirmeront être restés de glace. On retrouve aussi cette polarisation chez les critiques. Indiewire et The Guardian ne sont guère enthousiastes alors que The Hollywood Reporter et Variety font indiscutablement partie des partisans du film. Chez Variety, on affirme même que Jake Gyllenhaal offre dans Demolition sa meilleure performance au grand écran depuis Brokeback Mountain.

Quelques heures à peine après le party, à 8 h 30, l'équipe était réunie hier au grand complet dans la salle où ont lieu les conférences de presse.

Déjà complice de Denis Villeneuve, avec qui il a tourné deux films coup sur coup (Enemy et Prisoners), Jake Gyllenhaal était visiblement ravi de sa collaboration avec Jean-Marc Vallée.

« Quand on interprète un personnage comme celui-là, qui a une façon bien personnelle de vivre un deuil, l'étude de sa quête se révèle aussi intéressante que celle que doit faire l'acteur lui-même. Tu dois ressentir les choses de la même façon que lui, et non pas en regard de ce qui est socialement bien vu. »

L'acteur a aussi fait écho à la méthode de travail bien particulière du cinéaste québécois. Avec qui il a développé un lien très fort pendant le tournage.

« Ce n'était pas un tournage ordinaire, précise-t-il. Le climat est plus intimiste. Tu arrives sur le plateau, tu te rends dans ta loge et il n'y a pas de préparation, pas de maquillage, rien. Si tu es convoqué à 6 h, tu commences à tourner cinq minutes plus tard ! Et tu es là. Tu existes. Tout de suite avec lui. »

À ses yeux, l'adage selon lequel une bonne collaboration entre un acteur et un metteur en scène emprunte les allures d'une danse n'a jamais été aussi vrai. Dans Demolition, Gyllenhaal doit d'ailleurs esquisser des pas de danse, seul dans sa bulle, souvent au milieu d'une foule.

« Jean-Marc prépare tout, mais il tient à te surprendre, explique-t-il. Je cherchais toujours à voir où figuraient les scènes de danse sur le plan de travail, car elles me terrifiaient. Mais Jean-Marc préférait ne pas m'en avertir. Il y avait un côté très libérateur à la chose. À la fin, on ne pouvait plus m'arrêter ! En fait, Jean-Marc tient à ce que les sentiments n'arrivent pas toujours de la façon attendue. Comme dans la vie. »

Micahel Moore récidive

Six ans après Capitalism : A Love Story, Michael Moore est de retour avec Where to Invade Next. La manière est toujours la même : le documentariste se place dans la peau de l'Américain moyen et se met en scène pour inciter ses compatriotes à remettre en question leur vision des choses. Cette fois, il prend le prétexte des guerres ratées auxquelles ont participé les États-Unis depuis 60 ans pour aller « envahir » d'autres pays. Et leur piquer leurs bonnes idées. Ceux qui s'attendaient à une satire féroce de la politique étrangère du pays de l'Oncle Sam seront déçus. En revanche, la méthode Moore, malgré son manichéisme, se révèle d'une redoutable efficacité. Surtout quand elle met en contraste les mesures sociales prisées dans plusieurs pays européens, notamment sur le plan du travail et des soins de santé. Le segment le plus puissant demeure toutefois celui lié au système d'éducation. En Finlande, où la scolarité est gratuite du début à la fin, les intervenants disent à Moore que le but n'est pas de former de futurs travailleurs, mais plutôt de rendre des êtres humains plus aptes au bonheur. Le message est souligné au gros crayon gras, mais il est quand même parfois bon de le rappeler.

Endorphine: une approche radicale

André Turpin n'avait pas offert de long métrage à titre de réalisateur depuis Un crabe dans la tête, sorti il y a 14 ans. L'as directeur photo, qui a notamment signé les images des deux plus récents films de Xavier Dolan (Tom à la ferme et Mommy), revient à la réalisation avec une proposition pour le moins surprenante.

Endorphine, dont Turpin a aussi écrit le scénario, est une expérience aussi fascinante que déroutante. Et s'inscrit d'emblée dans la frange la plus radicale du cinéma d'auteur québécois. Présenté au TIFF en primeur mondiale, Endorphine évoque la vie d'un personnage qui s'entremêle en trois temps. Simone a 12 ans (Sophie Nélisse) quand elle est témoin de la mort de sa mère lors d'une agression brutale. Cette expérience traumatique aura bien entendu des échos chez la femme dans la vingtaine (Mylène Mackay) qu'elle deviendra, tout autant que chez celle de 60 ans (Lise Roy), physicienne accomplie et conférencière.

Grâce à un montage à la fois complexe et précis, Turpin entraîne le spectateur dans un voyage métaphysique où toutes les dimensions se conjuguent. Comme une espèce de monde parallèle où s'entrechoquent les images mentales, sans que celles-ci ne répondent aux codes habituels d'espace et de temps. En résulte un film très riche, très accompli sur le plan de la réalisation, qui ne se laisse toutefois pas aimer facilement. Non seulement la trame narrative en forme de puzzle s'avère difficile à suivre, mais l'approche glaciale qu'a choisi d'emprunter le cinéaste rapproche davantage ce film du cinéma expérimental.

Endorphine prendra l'affiche au Québec en 2016.

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