Sundance: les États-Unis malades de leurs armes

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La réalisatrice Stephanie Soechtig et la journaliste Katie Couric étaient à Sundance afin de faire la promotion du documentaire Under the Gun.

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Jocelyne Zablit
Agence France-Presse
Park City

La violence armée s'impose cette année au festival de Sundance, grand-messe américaine du cinéma d'auteur, avec la présentation de quatre films en première sur ce phénomène qui ronge les États-Unis, pays où le contrôle des armes à feu reste un sujet controversé.

Ces nouveautés, comme Newtown, un documentaire sur les stigmates du massacre en 2012 au sein de l'école Sandy Hook dans le Connecticut, qui avait fauché la vie de 26 personnes dont 20 enfants, ne manqueront pas de s'inviter dans un débat sur le port d'armes, déjà au coeur de la campagne électorale pour la présidentielle de novembre.

Histoire de donner le «la», le président Barack Obama a annoncé une série de mesures début janvier pour s'assurer de la vérification des antécédents judiciaires et psychiatriques des acheteurs d'armes à feu, en boutique et en ligne.

Dans Newtown, la réalisatrice Kim Snyder plante avec sobriété sa caméra dans cette petite ville éponyme pour recueillir les témoignages de parents qui pansent leurs plaies en s'engageant pour une législation plus musclée de l'encadrement de la vente d'armes aux États-Unis.

«Je voulais que ce film soit un portrait intime qui allait briser le cycle de la désensibilisation», a confié cette semaine la réalisatrice lors d'une discussion au Festival de Sundance, à Park City, dans l'Utah.

Car aux États-Unis, une tuerie en remplace inlassablement une autre, laissant les familles des victimes et une partie de la population impuissantes face à ce phénomène, a-t-elle fait valoir.

Après la première du film au festival de Sundance, Mark Barden, le père du jeune Daniel, abattu à Newtown, s'est adressé à la salle au nom de parents endeuillés. «Nous savions que cette histoire devait être racontée», a-t-il lancé.

«Nous avions le sentiment que c'était important (...) pour la majorité des gens préoccupés par ce phénomène de voir ce qu'il en est vraiment et à quel point tout cela est profond», a ajouté M. Barden.

Un tournant?

Le documentaire Under the Gun, lui, s'invite sur le champ de bataille opposant Américains en faveur d'un contrôle plus ferme des armes à feu et les partisans de la National Rifle Association (NRA, lobby pro-arme) pour qui le port d'arme est un droit fondamental car enchâssé dans la Constitution.

Narré par la journaliste et auteure américaine Katie Couric et réalisé par Stephanie Soechting, Under the Gun s'ouvre sur un message-choc: «D'ici la fin du film, 22 personnes seront la cible de tirs, dont six perdront la vie» aux États-Unis.

Selon le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), principale agence américaine en matière de santé publique, près de 33 000 morts par balles y sont recensés chaque année.

Si Under the Gun s'intéresse à la puissante NRA, il suit aussi des familles affligées par les violences armées, dont la député de l'Arizona Gabrielle Giffords, qui a survécu à des blessures par balle à la tête en 2011, ou encore les parents de Jessica Ghawi, abattue lors de la tuerie dans un cinéma d'Aurora, dans le Colorado, l'année suivante.

Inspirée par la tragédie de Newtown, Katie Couric dit encore ne pas comprendre le «fossé» qui sépare l'opinion publique américaine, favorable selon elle a un contrôle plus strict sur la vente d'armes à feu, et la classe politique du pays.

«Tout le monde pensait que Newtown allait être un tournant dans ce débat mais rien n'est arrivé depuis», déplore Mme Couric dans un entretien à l'AFP. Son documentaire tente de montrer que ce débat enflammé masque en fait un appui plus ancré qu'il n'y paraît en faveur de restrictions sur les armes à feu.

«Ce sont 5% de propriétaires d'armes à feu qui ont monopolisé le débat jusqu'à présent», estime la réalisatrice Stephanie Soetching. «Les gens s'impliquent davantage dans ce débat, incluant les propriétaires d'armes à feu qui n'ont pas été représentés véritablement par la NRA», clame-t-elle.

Deux autres films sur ce sujet, le court métrage Speaking is Difficult et Dark Knight sur la tuerie d'Aurora perpétrée lors de l'avant-première d'un film de Batman, sont aussi présentés au festival de Sundance qui se clôt dimanche.

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