Marguerite et Julien mal accueilli à Cannes

La réalisatrice du film Marguerite et Julien, Valérie Donzelli,... (Photo Benoit Tessier, Reuters)

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La réalisatrice du film Marguerite et Julien, Valérie Donzelli, et les acteurs Anaïs Demoustier et Jérémie Elkaïm.

Photo Benoit Tessier, Reuters

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Sophie Laubie
Agence France-Presse
Cannes

Après l'histoire d'une passion entre deux femmes de Carol, saluée par la critique, la Française Valérie Donzelli a proposé mardi à Cannes le récit d'un amour incestueux entre un frère et une soeur, mais qui a été, lui, mal accueilli.

Quatre ans après La Guerre est déclarée, le quatrième film de Valérie Donzelli Marguerite et Julien est inspiré d'une histoire vraie, celle du fils et de la fille du seigneur de Tourlaville, exécutés en 1603 pour adultère et inceste.

Situé dans le vrai château familial, en Normandie, le film s'appuie aussi sur un scénario écrit en 1973 pour François Truffaut par Jean Gruault (scénariste de Jules et Jim ou L'Histoire d'Adèle H), mais jamais tourné par le cinéaste.

Aux côtés d'Anaïs Demoustier (Bird People, Une nouvelle amie), qui ajoute un nouveau rôle d'amoureuse rayonnante à sa filmographie, Jérémie Elkaïm, acteur fétiche, coscénariste et ex-compagnon de Valérie Donzelli, interprète Julien.

Ce drame historique suit Marguerite et Julien de Ravalet, enfants qui s'aiment tendrement, avant que ce lien fusionnel n'évolue vers une passion irrépressible.

Leurs parents et leur oncle (Sami Frey en prélat) font alors tout pour les séparer, mais sans succès: ils vont devoir fuir pour vivre cette histoire d'amour qu'ils ne peuvent plus éviter.

«La question de l'inceste en soi ne m'intéresse pas plus que ça. Ce qui m'intéresse, c'est la question de l'amour impossible. Qu'est-ce qu'on fait d'un désir, d'une histoire qu'on ne peut pas vivre?», a expliqué la réalisatrice de 42 ans, lors de la conférence de presse du film.

«Inventer un univers»

Sur ce canevas, Marguerite et Julien est un film surprenant, mélangeant allègrement les époques et les genres sans peur des anachronismes. Les costumes d'époque et les chevaux voisinent avec les voitures et hélicoptères, le tout parfois sur fond de musique pop.

«Je voulais inventer un univers, un peu comme ça existe dans les contes ou dans les histoires qu'on nous raconte. Et c'est venu progressivement au fur et à mesure de l'écriture», a raconté Valérie Donzelli.

«Comme il n'était pas question de faire une reconstitution historique de l'histoire de Marguerite et Julien, il était plus question de parler de la légende. L'idée c'était de s'approprier cette légende», a-t-elle ajouté.

C'est la première sélection en compétition officielle à Cannes pour Valérie Donzelli, qui retrouve une caméra énergique et un univers fantaisiste, mais utilise des artifices risqués.

Guidé par la voix off d'un narrateur, le film, tourné en 35 mm et en numérique, est parsemé de ralentis ou d'arrêts sur images qui donnent parfois au film un ton décalé, à la frontière du comique.

«J'avais envie de faire un film qui soit atypique visuellement», a dit Valérie Donzelli, soulignant aussi «aimer les choses ludiques».

Mais ce film, qui a suscité des ricanements pendant la projection, a dérouté les critiques.

Pour le magazine américain Variety, qui le qualifie de «romance naïve», «jamais l'inceste n'a paru aussi mièvre».

Pour le quotidien britannique The Guardian, ce film «embarrassant» rejoint «les rangs des films de Cannes les plus épouvantables».

Estimant que «la cinéaste française va continuer à diviser», l'hebdomadaire français L'Express qualifie cependant Marguerite et Julien de «conte de fées pop et tragique aux confins de Truffaut et Demy».

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