Un lent départ à Cannes...

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(Cannes) L'italien Matteo Garrone et le japonais Hirokazu Kore-Eda n'en sont pas à leurs premières armes dans la compétition cannoise, mais l'un comme l'autre n'affichent pas cette année leur plus belle forme.Le cas est typique. Dès le début du Festival, une grosse production hollywoodienne, présentée en guise d'ouverture, prend tout l'espace médiatique. Là réside probablement la raison pour laquelle des oeuvres plus « difficiles » sont souvent programmées le premier jour de la compétition.

Cette année, le film d'ouverture La tête haute ne répondait pas au profil habituel. Aussi le Festival s'est-il empressé d'offrir le lendemain une bonne dose de glam hollywoodien avec Mad Max : Fury Road. La superproduction apocalyptique de George Miller, qui prend l'affiche aujourd'hui au Québec, a été présentée hier hors compétition à Cannes.

Du coup, les deux premiers films en lice pour la Palme d'or ont moins attiré l'attention. Il est vrai que, dans le cas de Il racconto dei racconti (Tale of Tales), autant que dans celui de Umimachi Diary (voir onglet suivant), on ne parle pas ici de grandes réussites. Aux projections destinées à la presse, les réactions ont été pour le moins mitigées. Pour ne pas dire indifférentes.

Les festivaliers attendaient pourtant beaucoup de ces deux auteurs, particulièrement de Matteo Garrone. Le cinéaste italien s'est distingué à Cannes grâce à ses deux plus récents films, lauréats du Grand Prix du jury chaque fois (Gomorra en 2008 et Reality en 2011).

Des contes baroques

Cette année, le cinéaste italien change complètement de registre en portant librement à l'écran trois des 50 contes qu'a écrits Giambattista Basile au début du XVIIe siècle, base d'inspiration des célèbres contes de Charles Perrault et des frères Grimm.

Mettant en vedette une distribution internationale dominée par Salma Hayek, Vincent Cassel, John C. Reilly, Toby Jones et Stacy Martin, le film est en anglais. En résulte une première impression d'euro pudding indigeste où personne ne s'exprime avec le même accent.

Bien sûr, le réalisateur n'est pas de cet avis. Et revendique le statut universel de son film, d'autant que les contes originaux, qui abordent des thèmes très contemporains, ont été écrits dans une langue napolitaine ancienne aujourd'hui disparue.

« Avant d'être cinéaste, j'ai été peintre. Le monde fantastique et baroque m'a toujours inspiré sur le plan visuel. », a dit Matteo Garrone.

« Il s'agit d'un dialecte napolitain du XVIIe siècle que même les Napolitains sont incapables de comprendre aujourd'hui », a-t-il fait remarquer en conférence de presse où il s'est exprimé en italien. « Aussi, je trouvais que ces contes avaient un petit côté shakespearien. Le choix de la langue anglaise s'est imposé, mais le film a vraiment ses racines en Italie. Je n'ai pas l'impression d'avoir trahi quoi que ce soit en tournant ce film en anglais. »

Matteo Garrone trouve en tout cas injuste que l'auteur Basile n'ait jamais eu la reconnaissance qu'il méritait.

« Il fut le premier à écrire ces contes et pourtant, son oeuvre est inconnue, même en Italie. Il y a pourtant dans ces fables des archétypes qui ont traversé les siècles et qui restent d'actualité. Qu'il s'agisse de l'obsession de la jeunesse, de l'obsession que développent certaines femmes dans leur désir d'enfanter, ou l'obsession du désir tout court. »

Un film bancal

Ces belles intentions se traduisent toutefois en un film dont le récit est confus. Ces contes baroques, ancêtres des Cendrillon, Chat botté et autre Raiponce, souffrent aussi d'un manque flagrant de moyens sur le plan des effets spéciaux. Un grand effort a été fait sur le plan de la direction artistique et des costumes, mais à la fin de l'histoire, force est de constater que Tale of Tales se révèle plutôt bancal.

« En tous les cas, je trouve formidables ces écouteurs avec traduction simultanée », a pour sa part lancé John C. Reilly, interprète du roi de Selvascura. On devrait en avoir tout le temps avec soi. Grâce à ça, j'en ai appris aujourd'hui beaucoup plus sur Matteo que pendant tout le tournage ! »

Cannoiseries

Un coeur de monstre pour Salma Hayek

Dans une scène du film de Matteo Garrone Tale of Tales, où elle incarne la reine de Selvascura, Salma Hayek doit manger le coeur d'un monstre marin pour devenir fertile. «Matteo tenait à ce que ce coeur soit le plus réaliste possible, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur, a raconté l'actrice. Franchement, j'en avais des hauts-le-coeur. Ma fille regardait la scène sur le moniteur et elle m'a expliqué qu'en mangeant le coeur dans l'autre sens, je pouvais tout recracher sans que ça se voie à la caméra. Elle m'a sauvé la vie!»

Natalie Portman sera Jacqueline Kennedy

La vedette de Black Swan incarnera Jacqueline Kennedy dans un film intitulé tout simplement Jackie. Le journal Variety révélait hier que Natalie Portman, dont le premier film à titre de réalisatrice, A Tale of Love and Darkness, fait l'objet d'une séance spéciale à Cannes, avait été choisie pour incarner la célèbre première dame. Réalisé par le cinéaste chilien Pablo Larrain (No), Jackie racontera la vie de cette femme pendant les quatre jours qui ont suivi l'assassinat de son mari, le président John F. Kennedy.

Aucun problème pour Tom Hardy

L'aspect «féministe» de Mad Max: Fury Road, dont la projection destinée aux journalistes a été ponctuée d'applaudissements, fait beaucoup jaser sur les réseaux sociaux depuis quelques jours. Aussi l'équipe a-t-elle été interrogée sur cet aspect du film. «Je ne me suis jamais demandé pourquoi il y avait autant de personnages féminins, pas une seule seconde!» a lancé Tom Hardy, ajoutant qu'il n'y avait pas vraiment de scénario à lire au départ. (Source: The Wrap)

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