Juliette Binoche en exploratrice polaire en ouverture de la 65e Berlinale

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Juliette Binoche

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Sophie LAUBIE avec Deborah COLE
Agence France-Presse
Berlin

Juliette Binoche face au froid, aux tempêtes et aux avalanches dans le Grand Nord: le film épique en costumes Personne n'attend la nuit de l'Espagnole Isabel Coixet, a été reçu fraîchement jeudi en ouverture de la 65e Berlinale, qui fait cette année la part belle aux rôles de femmes.

Dans ce road movie de l'extrême, film d'amour et d'aventures inspiré de faits et personnages réels du début du XXe siècle, Juliette Binoche est Josephine, femme de l'explorateur américain Robert Peary, connu pour avoir conduit l'expédition qui aurait la première atteint le pôle Nord en 1909.

Déterminée et inconsciente du danger, elle va décider de partir à sa rencontre contre l'avis de tous, accompagnée par un explorateur chevronné, interprété par Gabriel Byrne (Usual suspects, Dead Man).

Elle découvre qu'une autre femme, Allaka, jouée par Rinko Kikuchi (nommée aux Oscars en 2006 pour Babel), attend aussi le retour de son mari. Elle va apprendre à survivre à ses côtés, et construire une relation conflictuelle puis forte avec elle.

«En tant que femme occidentale blanche et éduquée, ce qu'elle symbolise dans cette histoire, elle découvre face à la nature une nouvelle façon de ressentir les choses et de se comporter», a expliqué lors d'une conférence de presse l'actrice française, primée à la Berlinale en 1997 pour Le Patient anglais d'Anthony Minghella.

«Nous, les Occidentaux, arrivons dans ce monde comme si nous connaissions et possédions tout. Mais les éléments et les autres nous disent ''attend une minute''», a ajouté la comédienne, venue à Berlin il y a deux ans pour présenter Camille Claudel 1915 de Bruno Dumont.

«Cet endroit au milieu de nulle part devient l'endroit où elle s'humanise», a-t-elle analysé. «Personne ne veut la nuit, personne ne veut aller dans l'obscurité, mais nous devons parfois le faire si nous voulons nous humaniser».

Deuxième réalisatrice à ouvrir la Berlinale 

Juliette Binoche, qui a souvent joué des rôles historiques --dans Le Hussard sur le toit de Jean-Paul Rappeneau, Les Enfants du siècle de Diane Kurys ou La Veuve de Saint-Pierre de Patrice Leconte-- a raconté avoir lu les livres écrits par Josephine Peary pour incarner cette héroïne qui «doit passer une série de caps émotionnels, la colère, la jalousie, la haine... »

À travers cette histoire d'une femme apprenant à se connaître en affrontant les éléments, tournée en partie en Norvège, Isabel Coixet a voulu décrire la découverte du Pôle Nord d'une autre façon, car «personne ne l'avait jamais racontée du point de vue d'une femme», a-t-elle souligné lors de la conférence de presse.

La réalisatrice, habituée de la Berlinale, où elle a déjà présenté le drame Ma Vie sans moi (2003) ou Lovers (2008) en compétition est seulement la deuxième femme de l'histoire du festival à présenter le film d'ouverture, après l'Allemande Margarethe von Trotta en 1995 pour Les Années du mur.

«Je ne veux pas être la dernière!», a-t-elle lancé.

Accueilli timidement par la presse, Personne n'attend la nuit (Nobody Wants the Night) est l'un des 19 films en compétition cette année pour l'Ours d'or.

Le trophée, remis l'an dernier au polar chinois Black Coal, Thin ice de Diao Yinan, sera décerné le 14 février par un jury présidé par le cinéaste américain Darren Aronofsky.

«L'avantage des festivals est qu'ils suscitent l'attention autour de films qui ont du mal à se créer un espace», a estimé face à la presse Darren Aronofsky, figure du cinéma indépendant, également scénariste et producteur, qui avait présidé en 2011 le jury de la Mostra de Venise.

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