Bel accueil pour Jappeloup au FFM

Le réalisateur Christian Duguay.... (Photo Graham Hughes, La Presse Canadienne)

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Le réalisateur Christian Duguay.

Photo Graham Hughes, La Presse Canadienne

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Il est l'un des rares cinéastes connus dans cette compétition. Le réalisateur québécois Christian Duguay est venu hier présenter Jappeloup, L'étoffe d'un champion, fort déjà d'un très grand succès public en France. Cette coproduction franco-québécoise, dont l'histoire est librement inspirée de celle de Pierre Durand, champion équestre et héros national dans l'Hexagone, a attiré plus de deux millions de spectateurs dans les salles là-bas.

Le cinéaste, qu'on associe toujours à tort au cinéma hollywoodien, n'était d'ailleurs pas peu fier d'offrir son premier film en français en plus de 20 ans de carrière.

« Je ne travaille plus à Los Angeles depuis au moins 10 ans, avait-il déclaré au cours d'une entrevue accordée à La Presse en marge de la sortie française de Jappeloup au printemps dernier. J'ai mis ça de côté. La réalisation de films d'action ne m'intéressait pas tant que ça. Au cours des dernières années, je me suis plutôt consacré à des miniséries et à des films destinés à la télévision, principalement en Europe. J'ai beaucoup travaillé en Italie notamment.

« De tous les films que j'ai réalisés jusqu'à maintenant, poursuit-il, je dirais que Jappeloup est celui qui ressemble le plus à ce que je souhaite faire. J'ai conscience que mon parcours est un peu "chambranlant". On associe souvent mon nom à des films américains, mais je crois que j'ai fait un mauvais détour là-bas. Je ne me suis jamais vraiment reconnu là-dedans. Jappeloup, c'est du grand spectacle, mais il y a aussi de l'humain, de l'émotion. »

Une manière hollywoodienne

Accueilli par une salve d'applaudissements nourris lors de la projection d'hier matin, Jappeloup, L'étoffe d'un champion (titre spécifique au marché québécois) est un drame sportif de forme très classique, pour lequel le réalisateur - réputé très habile technicien -ne ménage rien afin de produire l'effet escompté.

Même si le film fait un peu écho à l'aspect « terroir français » du récit, il reste que la manière est essentiellement hollywoodienne sur le plan narratif : des effets dramatiques, des ralentis, des images très léchées (Ronald Plante), une musique ample (Clinton Shorter), toujours très présente, et le parcours d'un homme - et de son cheval surtout - qui décroche une médaille d'or aux Jeux olympiques de Séoul.

L'ensemble, bien qu'appuyé, demeure d'une efficacité indéniable. D'autant plus qu'au-delà des événements sportifs (fort bien reconstitués - la société québécoise Hybride fut chargée des effets visuels), le récit se concentre principalement sur la relation entre le cavalier et sa monture.

Le scénario de Jappeloup est écrit par Guillaume Canet. Ce dernier, passionné des chevaux, n'a pas voulu se charger de la réalisation, préférant consacrer toute son attention à son rôle. Christian Duguay, qui a su gagner la confiance de l'acteur dès le tournage du premier plan, a en outre précisé hier que Canet est en selle pour 98 % des sauts d'obstacles vus à l'écran. Les deux hommes ont d'ailleurs vite sympathisé. Le réalisateur de The Art of War, précisons-le, fut champion junior au Québec dans sa jeunesse.

Un aspect plus délicat

Cela dit, raconter l'histoire d'un homme encore vivant - Pierre Durand est aujourd'hui âgé de 56 ans - peut ramener à l'avant-plan quelques enjeux plus délicats.

« Pierre Durand était l'idole de jeunesse de Guillaume, explique Duguay. Nous entretenions de très bons rapports avec lui au début. Il a lu le scénario, l'a aimé. Il a dit avoir bien aimé le film aussi. Nous avons cherché à présenter son parcours sportif de la façon la plus authentique possible. C'est-à-dire que tous les événements recréés à l'écran se sont passablement déroulés de cette façon. Nous avons toutefois pris une liberté artistique au chapitre de sa vie personnelle. Qui est de l'ordre de la fiction. »

Le cavalier a fait quelques sorties publiques en France pour dénoncer les aspects du film qui ne correspondent pas à la réalité. Le producteur français Pascal Judelewicz, de passage à Montréal, reconnaît l'aspect plus délicat de l'affaire. « Évidemment, il existe un caractère très intrusif quand un film est élaboré à partir de la vie d'un athlète. Il en existe peu d'ailleurs : Raging Bull, Ali... Peut-être avons-nous croisé sans faire exprès certaines vérités qui font plus mal. Quand on avance l'hypothèse que le cavalier n'était peut-être pas aussi exceptionnel que le cheval qu'il montait, il est certain que c'est plus dur à voir et à entendre pour lui. Mais le procès qu'il a intenté n'a strictement rien à voir avec le scénario du film ! »

En effet, l'attaque en justice de Pierre Durand concerne les produits dérivés qui auraient éventuellement pu être mis en marché. « Et c'est très mineur comme enjeu », précise le producteur.

NOTE INFRA:

Jappeloup de Christian Duguay. En salle le 6 septembre.




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