Crise R.H.: le salaire de la peur ***1/2

La PresseLuc Boulanger 3/5

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L'histoire: Émilie, cadre supérieure aux R.H. (ressources humaines) chez la multinationale Essen, est reconnue pour sa détermination et ses techniques «proactives» envers son employeur. Alors qu'un drame bouscule son entreprise, une enquête est ouverte; la responsable des R.H. doit aller au front et se défendre contre l'inspectrice du travail qui s'en mêle. Mais aussi face à un patron sans scrupules (Lambert Wilson) qui risque de se retourner contre elle.

«Tous les personnages du film sont fictifs. Seules les méthodes de "management" sont vraies», écrit-on au début du générique du premier long métrage de Nicolas Silhol. Crise R.H. dénonce les méthodes de gestion inhumaines ou la face cachée du capitalisme à l'heure de la mondialisation. Avec une froideur clinique, il met en scène l'environnement de travail toxique d'une multinationale à Paris.

La direction de l'entreprise cherche à se débarrasser de cadres pour appliquer un nouveau plan d'affaires «proactif». Réduire les effectifs, mais sans nommer la chose, voilà le sale boulot d'Émilie Tesson-Hansen (Céline Sallette). Ou dans ses propres mots: «Le rôle des ressources humaines est de faire en sorte que le salarié accepte son sort; et non de lui dire qu'on n'a plus besoin de lui.» 

Karl Marx doit bien se retourner dans sa tombe...

Dans ce thriller psychologique sur le monde des cols blancs, chacun essaie de sauver sa peau. Pro-syndicale et anti-patron, à première vue, la vision du cinéaste peut être qualifiée de manichéenne. Reste qu'on ne fera pas ici grief au réalisateur d'insuffler un peu d'humanité à la froideur des chiffres, des colonnes de profits, du néo-capitalisme.

Crise R.H.... (image fournie par A-Z Films ) - image 2.0

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Crise R.H.

image fournie par A-Z Films 

Le réalisateur a opté pour une mise en scène plutôt classique (on est loin de La Chinoise de Godard), qu'on peut trouver sage, voire conventionnelle. Le récit tourne autour du personnage principal d'Émilie, embauchée pour sa réputation de «tueuse d'emplois»! Cette gestionnaire froide, ambitieuse, vivra un choc émotionnel qui finira par briser son armure. 

Une nouvelle Romy Schneider!

Si le scénario dépeint habilement son dilemme moral et son cadre professionnel rigide, la transformation rapide que subira le personnage principal est moins crédible. 

Nicolas Silhol s'empare donc d'un sujet de société qui se regarde comme un thriller. Outre la force du thème, son film a d'indéniables qualités. Dont la direction d'acteurs. En particulier, le jeu de Céline Sallette. Cette actrice fait penser à Romy Schneider, à la fois forte et fragile, avec sa manière particulière de contenir un trop-plein d'émotions sous une façade de glace. Elle a d'ailleurs remporté le prix Romy-Schneider du meilleur espoir féminin en 2012. 

Voilà une talentueuse interprète qui perce l'écran. Avec un regard, une voix, un phrasé uniques et terriblement expressifs. Un coup de coeur, carrément!

* * * 1/2

Crise R.H. Thriller de Nicolas Silhol. Avec Céline Sallette, Lambert Wilson, Stéphane De Groodt. 1 h 35.

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